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ASVA - Futurist's Against The Ocean (2005)
Par MOX le 21 Novembre 2006          Consultée 1724 fois

L’heure est à la découverte des musiques drone s’immisçant dans l’univers metal. En l’espace de quelques mois, l’entité SUNN O))) est passée de groupe obscur un peu délirant à une formation dont quasiment tout le monde a entendu parler. J’y ai succombé un peu plus tôt, d’ailleurs. De ce fait, il devient assez commun de rencontrer les caractéristiques du drone à différents embranchements. Tout semble pourtant désigner le côté expérimental (voire instrumental) comme le champ d’investigation le plus sûr en découvertes de ce type. Je ne serai à ce propos pas étonné qu’il pleuve un grand nombre de groupes de la même trempe, d’ici peu. L’heure est à la découverte donc, à la recherche de sensations un peu différentes que celles qu’offre en l’occurrence SUNN O))) et ses guitares/basse terriblement angoissantes.

Il suffit de remonter une dizaine d’années en arrière pour y retrouver EARTH comme pionnier dans le genre, et dont l’expérimentation en matière de drone se concluait par une atmosphère plutôt calme, plutôt reposante. Même si Asva, jeune formation américaine comptant en son sein un certain Trey Spruance à la guitare, n’est pas du genre à proposer des séances de body-building à coup d’électrodes/canapé, elle s’éloigne totalement du son et de l’ambiance SUNN.

Toutefois, il est nécessaire de mettre les choses au clair avant de progresser dans la lecture : voilà, un morceau sur les quatre (en l’occurrence : « Beyonsense ») va jeter le discrédit sur tout mon texte, par la suite. On va donc immédiatement s’occuper de son matricule et le présenter comme le morceau le moins intéressant de ce premier album, instrumental linéaire absolument drone : infra-basse plus grave que la gravité concoctant un bourdonnement lisse mais pesant (proche de ce que tente BORIS sur « Absolutego »), sorte de fil conducteur d’où émanent des semblants de riffs déchirés, crépitant et s’automutilant. Ambiance menaçante et en désaccord total avec le reste.

Le reste ? La version lumineuse (je dis bien lumineuse, éclairage 5.105 Watts) des rituels de SKEPTICISM. Aucune ressemblance musicale, soyons d’accord. Asva mêle drone et doom, mêle guitares saturées tenant la note pendant plus de dix secondes et batterie farouche, lente mais courageuse. Le riff est cru et sec, mais le bruit est contrôlé, il n’y a nul besoin de s’habituer à d’horribles crissements musicaux, « Futurist’s Against the Ocean » n’extrait pas du drone sa capacité à déranger l’auditeur ; l’album lui propose plutôt un visuel extraordinaire : une vision pharaonique d’une incantation dans le désert, un ciel de plomb torride, une chaleur étouffante fabriquées par un orgue Hammond retro et génial. Il s’intègre aussitôt le premier titre enclenché et ne s’éteint qu’avec la musique. Progressivement introduit à chaque fois, il reflète le travail sur le rythme qu’Asva a effectué, réussissant un sacré tour de force : combiner l’ambiance du drone (qui d’habitude, s’apprécie calmement) avec une musique, un rythme qu’on sera tenté de suivre.

Mais de surcroît, quoique à eux seuls ils dégagent une atmosphère apaisante, un dernier élément vient sceller l’originalité de l’objet : l’envoûtante voix de Jessika Kenney à la tessiture particulière qui à elle seule commande tout le rituel du haut de son chant vaporeux et majestueux. Un festival de prouesses, un tremolo particulier (et jamais saoulant) et une octave bien haute…
Et mieux encore, le dernier titre balaye toute hésitation, il parachève cette lente ascension en déployant les mots et les notes les plus déchirants, si intenses qu’ils donnent à crier (ce qu’un chant masculin fait par procuration, justement).

Une concoction qui apparaît assez étrange de prime abord, les éléments classiques sont d’ailleurs ceux qui sont repérés les premiers : orgue et chant féminin. Au détriment des guitares et basses, peu importantes a priori : « ça bourdonne, oui ». Mais les écoutes s’accumulant, les cordes précisent leur pensée fertile, et c’est à ce moment que la cérémonie débute. Un premier album transcendant et presque sans faute.

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- G. Stuart Dahlquist (basse)
- B.r.a.d. (batterie, chant)
- Trey Spruance (guitares)
- John Schuller (guitares)
- Troy Swanson (orgue)
- Jessika Kenney (chant)


1. Kill The Dog, Tie Them Up, Then Take The Money
2. Beyonsense
3. Fortune
4. By The Well Of Living And Seeing



             



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