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ENSLAVED - Ruun (2006)
Par POSSOPO le 8 Octobre 2006          Consultée 9227 fois

Comment dire du mal d’ENSLAVED ? Mission impossible au vu de son curriculum vitae. Si le groupe peut se fendre de n’avoir que des amis ou des gens qui n’en ont simplement rien à foutre de lui, très probablement parce qu’ils ne connaissent pas sa musique, c’est que la formation d’Haugesund semble avoir toujours tracé sa voie sans regarder ce qu’il se passait ni à sa droite, ni à sa gauche, sans qu’on puisse pour autant qualifier cette attitude de bas du front. Repéré à ses débuts par Euronymous et signé chez Death Like Silence, l’orchestre a très tôt affirmé sa personnalité, s’est démarqué du monde des incendiaires pour satisfaire sa soif de paganisme. A la manière du tout aussi viking UNLEASHED dans un genre différent, il refusa simplement le dogme premier du black Norvégien alors naissant. L’affirmation d’une telle identité connut vite de plus en plus de jugements positifs et se révéla finalement payante. Lorsque tous les antéchrists du metal durent modifier leur approche de la musique et s’éparpillèrent dans mille directions, tandis que dans le même temps, des dizaines de jeunes loups ouvraient la porte d’un univers peuplé d’Ases et de drakkars, ENSLAVED continua tranquillement son chemin, en se permettant, privilège incroyable, d’expérimenter à loisir. Le résultat de ces expérimentations devait vite payer puisque de nombreux critiques admettent aujourd’hui que la discographie récente de l’orchestre est riche de plus de perles que de premiers opus à l’accès souvent obstrué par une production ravagée. "Blodhemn" marque une transition délicate vers un plus progressif (on comparera beaucoup le groupe à VOIVOD) et un moins black, si on se cantonne à une définition restrictive du genre. Depuis, nulle voix réfléchie n’a osé s’élever pour opérer la balance avec des éloges, certes indubitablement mérités, de plus en plus pleins, nombreux, frisant peut-être l’hypertrophie.

Car que s’est-il passé de nouveau chez ENSLAVED depuis quelques années ? Finalement pas grand-chose. "Below The Lights" marquait l’apogée d’une incroyable évolution quand on la met en parallèle avec le flétrissement naturel de la majorité des artistes prenant de l’âge et de l’embonpoint. "Isa" retrouvait une pointe de hargne mais se faisait surtout remarquer par le travail de plus en plus accompli et soigné apporté à l’orchestration et à ce qu’il faut bien appeler des arrangements. Grutle et Ivar cherchaient à toucher l’absolu sonore, celui que l’on nomme perfection. Le duo fondateur est devenu une machine en quête d’idéal. Il suffit de regarder le rythme pris par les sorties d’albums consécutives. Tous les 18 mois, ENSLAVED nous abreuve de sa nouvelle potion, et si ce délai rentre dans les critères des années 80, une telle régularité devient suspecte au regard des règles actuelles. Art et excès d’application font mauvais ménage, le premier préférant se nourrir des affres véritables de la création là où la seconde lutte avec acharnement contre toute immixtion de l’angoisse dans le même processus créatif.

La conception de "Ruun" est-elle alors gouvernée par les turbulences inventives de son géniteur ou par un savoir-faire minutieux, tout en contrôle et balayant de la main chaque tentative d’intervention du hasard et toute idée de crise ?
"Isa" concluait la trilogie des runes à laquelle je ne me suis absolument pas intéressé, buté que je suis à dénigrer la notion de concept dans le monde du rock, trop souvent incapable d’apporter à lui seul un plus même microscopique, je le pense, à l’œuvre qu’il est censé parer. Et pourtant, de rupture ou de nouveau quelque chose je ne vois guère. Une pochette à l’esthétique comparable à celle d’"Isa", une première écoute incapable de témoigner d’une nouvelle approche stylistique, si ce n’est le voisinage nouveau et finalement peu étonnant d’AMORPHIS. Peut-être alors un épilogue aux trois tomes de la saga. L’opus ne met pas longtemps à se découvrir, la recette est maintenant connue, son efficacité éprouvée, certainement trop.
La liste des ingrédients n’est pas si longue.
Progressif ? Oui.
Psychédélique ? Oui.
Techniquement irréprochable ? Oui.
Sombre ? Non.

Et bien non. S’il existe bien une différence entre "Ruun" et ses récents prédécesseurs, il faut la déceler dans sa teinte plus lumineuse. Serait-ce ce chant clair apaisé, la danse continue de guitares nettement moins cahoteuses que sur "Isa", la mise à l’écart aujourd’hui définitive de la vindicte originelle alors que son effacement progressif s’est toujours opéré, auparavant, de la façon la plus discrète ? Peu importe les raisons, un léger décalage se constate et laisse comme une impression étrange de perte d’abrasivité. Il semble aisé de glisser sur ce disque, pour peu qu’on ne prête attention à ces multiples finesses.
De plus, "Below The Lights" montrait, à mon sens, la face la plus inspirée d’ENSLAVED et, fausse contradiction avec une maturité éclatante, une propension à l’improvisation, certainement artificielle mais le terme n’est péjoratif que lorsque les oreilles le ressentent, nécessaire au style récent du groupe. "Ruun" court sur une ligne droite déjà tracée, et l’épisode est nouveau pour l’orchestre. Il n’hésite jamais, conserve une trajectoire écrite à l’avance, par peur, je reviens dessus, de rencontrer un obstacle, pourtant là pour changer une œuvre en chef-d’œuvre ou en ouvrage médiocre, selon le vent et les circonstances.

Mais ce manque de caractère et de courage ne doit pas nous faire oublier l’essentiel. Les grands esprits, même au repos, livrent toujours à leur auditoire un discours suffisamment fastueux pour contenter les plus larges panses. L’élocution reste inattaquable, l’argumentaire de grande valeur. ENSLAVED vient effectivement de produire un nouveau grand disque en fusion. La température a simplement baissé de quelques degrés, les éléments se meuvent avec une célérité diminuée, en évitant de s’entrechoquer. C’est toujours infiniment mieux que les briques amorphes qui polluent les disquaires de France et de Navarre. "Ruun" n’est pas un chef-d’œuvre, pas plus qu’un ouvrage médiocre, il n’est pas black, il reste bon.

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   (2 chroniques)



- Ivar Bjørnson (guitares, claviers, effets)
- Arve Isdal (guitare)
- Grutle Kjellson (basse, chant)
- Herbrand Larsen (claviers, chant)
- Cato Bekkevold (batterie)


1. Entroper
2. Path To Vanir
3. Fusion Of Sense And Earth
4. Ruun
5. Tides Of Chaos
6. Essence
7. Api-vat
8. Heir To The Cosmic Seed



             



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