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- Membre : Rage Against The Machine, Soundgarden
 

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AUDIOSLAVE - Revelations (2006)
Par BAAZBAAZ le 7 Septembre 2006          Consultée 6649 fois

Et si on arrêtait un peu – là, maintenant, juste pour voir – de faire la fine bouche ? A force de trop en demander à Audioslave, de guetter le chef d'œuvre ultime que la rencontre entre Chris Cornell et Tom Morello aurait pu générer, on finirait presque par passer à côté de disques superbes qui, sans être géniaux, sont parmi les meilleures productions du metal américain actuel. Le premier Audioslave était bon, le deuxième aussi. Mais certains, trop voraces, en voulaient bien plus. Le supergroupe, en plus de se révéler stable et créatif – ce qui, en soi, est déjà rare pour une formation constituée uniquement de millionnaires – devait d'un seul coup, par magie, révolutionner l'histoire du rock. Ce qu'il n'a pas fait, naturellement. Ce qu'il ne fera d'ailleurs jamais, on pourrait le parier. Avec Soundgarden, Cornell a fait un album génial et des poussières. Badmotorfinger, bien sûr. Avec Zack de la Rocha au chant, Rage Against The Machine a fait un album tout aussi génial – le premier –, puis beaucoup de bruit pour rien. En un sens, ces deux groupes ont marqué leur époque. Et ils ont été des pionniers capables d'inaugurer une nouvelle façon de jouer du metal. Mais leur créativité n'était pas inépuisable.

Si Audioslave existe, c'est pour que ses membres se fassent plaisir. Pas pour qu'ils renouent avec des sommets artistiques qu'ils ont laissés loin derrière eux. Alors, à un moment, il faut arrêter : combien de temps va-t-il falloir lire encore des critiques tièdes de disques dans lesquels on voudrait trouver en vain une improbable sublimation du grunge bouillant de Soundgarden et de la fusion démentielle de Rage Against the Machine ? Faudra-t-il gloser jusqu'à la fin des temps sur le prétendu manque de cohérence musicale du groupe, sur l'attente d'un équilibre imaginaire entre des personnalités supposées disparates ? Au bout du troisième album, les plus malins sont ceux qui acceptent de foutre enfin la paix à Cornell et Morello. Dans Audioslave, on entendra toujours chanter Cornell, et on entendra toujours la guitare de Morello. Et leur musique aura toujours de vagues réminiscences de Soundgarden et de Rage Against the Machine. Et l'album soi-disant parfait, qui ferait oublier ces deux groupes, avec une musique entièrement nouvelle et originale, ne viendra pas. Ni cette fois, ni plus tard. La seule chose décente à faire, c'est d'écouter la musique.

Surtout lorsqu'elle prend comme ici, sur Revelations, l'aspect d'un magma brûlant porté par un groove sauvage et incandescent. Ce disque bouillonne ; il cuit à la flamme du funk le plus torride. Le metal est ici chauffé au rouge, presque à l'état liquide, tourbillonnant et incendiaire. Qui pourrait tenter d'approcher « One and the Same » sans se faire roussir au passage ? Plonger dans cet enfer sonore, c'est goûter au plaisir de la lave en fusion. C'est griller au contact de « Broken City », profilé et hystérique, irrésistible quand le groupe lâche les guitares les plus chaudes et que Cornell se met à cracher du feu. Et lorsque quelques riffs nerveux et secs viennent souffler sur les braises, comme sur l'orgueilleux et terrible « Jewel of the Summertime », avec son refrain poisseux et dégoulinant de feeling, c'est tout l'horizon qui crame. Non, il ne restera rien. Pas le plus petit brin d'herbe qui ne partira en fumée. Comme si Audioslave avait décidé de combattre les critiques en ne laissant derrière lui qu'une terre noircie et calcinée par la musique embrasée d'un groupe qui, faute de toucher au génie, sait pousser son talent dans ses plus infimes retranchements. La fusion, tout simplement.

Parfois, avec « Shape of Things to Come », avec « Wide Awake », on retrouve des sonorités plus rock, plus classiques, qui viennent rappeler que le groupe excelle aussi dans le post-grunge, dans les couplets lancinants et mélodiques où la voix de Cornell fait des ravages. C'est là que l'ombre de Soundgarden plâne peut-être avec le plus d'insistance. Mais Revelations est un disque homogène, cohérent, à la manière de « Sound of a Gun », lourd et rythmé, preuve irréfutable de l'aisance avec laquelle Audioslave allie les émotions les plus variées. Ce n'est pas un chef d'œuvre, ce n'est pas une révolution. Ceux qui ne seront toujours pas satisfaits à ce stade par le groupe devraient comprendre qu'il n'y a rien de plus à en attendre : Audioslave a sans doute atteint ici le sommet de son art. Là réside tout ce que Cornell et Morello peuvent offrir. Rien de plus, diront les cyniques, que ce que la fusion et le funk-metal du début des années 90 avaient déjà à proposer. C'est aujourd'hui à d'autres d'innover. Avec Revelations, un supergroupe est mort, et avec lui sont enterrés des espoirs trop ambitieux. Mais surtout un vrai groupe est né, plus modeste, mais capable aussi de tout enflammer sur son passage.

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   BAAZBAAZ

 
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- Chris Cornell (chant)
- Tom Morello (guitare)
- Tim Commerford (basse)
- Brad Wilk (batterie)


1. Revelations
2. One And The Same
3. Sound Of A Gun
4. Until We Fall
5. Original Fire
6. Broken City
7. Somedays
8. Shape Of Things To Come
9. Jewel Of The Summertime
10. Wide Awake
11. Nothing Left To Say But Goodbye
12. Moth



             



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