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PESTE NOIRE - La Sanie Des Siècles - Panégyrique De La Dégénérescence (2006)
Par POSSOPO le 11 Septembre 2006          Consultée 18792 fois

Né des amours incestueuses d’un raw black que l’on croyait indépassable et de la volonté farouche de visiter les derniers recoins de l’extrémisme musical, ce que j’appellerais aujourd’hui le black putride connaît en France une relative vitalité depuis l’éclosion des obscures Légions Noires. Musicalement mort et enterré, ce groupe de potes (car c’est avant tout de cela dont il s’agit, désolé si je nage à contre-courant des légendes urbaines les plus débiles) a laissé derrière lui suffisamment d’étrons pour que de jeunes randonneurs s’intéressent à toutes ces petites crottes nauséabondes et décident de reprendre le goûtu flambeau. Parmi ces troubadours scatophiles, une brigade chamarrée de fervents nationalistes, trop heureux de pouvoir joindre les notes à la parole et s’enfoncer un peu plus profondément dans le politiquement incorrect. Mais aussi le dénommé PESTE NOIRE qui, après un flot d’enregistrements aussi intéressants qu’officieux, déboule aujourd’hui, chaussé de ses plus belles santiags (me serais-je trompé de salle ?) avec un support rare pour ce genre de musique, c’est-à-dire, roulement de tambour, un véritable album longue durée tout ce qu’il y a de produit (à peu près) et distribué (mouais).

Les premières démos nous avaient mis la puce à l’oreille. Contrairement à d’autres représentants de cette scène musicale aux contours flous, PESTE NOIRE a décidé de jouer la carte du talent, de la compétence musicale et pas seulement du jusqu’auboutisme sonore. Alors, une fois de plus en totale opposition avec nombre de ses collègues, La Sanie Des Siècles se permet le tricot guitaristique, à savoir que quelques soli émaillent cet opus baignant dans le morbide et le crasseux (tout de même, on ne se refait jamais totalement). L’idée n’est pas neuve, Macabre Transcendance regorgeait déjà de ces notes aigues démembrées et souffreteuses, au discours pourtant essentiel. Et comme sur la démo susnommée (ou quand le black rejoint le porno), la dynamique propre à chacune des huit offrandes répugnantes atteste d’un savoir composer proprement admirable.

S’il n’était auparavant pas évident de définir l’univers de PESTE NOIRE, l’adjonction bienvenue de guitares acoustiques très à leur avantage et une pochette au millésime plus en accord avec le nom du groupe fournissent les indices d’une inspiration parfois médiévale, le Moyen-Âge le plus poisseux et aliéné qu’il soit susceptible d’imaginer. Et comme nouveau gage du professionnalisme dont semble vouloir faire preuve la formation avignonnaise, d’infimes éléments perturbateurs viennent étayer un propos qui n’est pas que macabre et nauséabond. Une intro sinistre de décalage, une voix féminine démente, quelques rares bruitages cinématographiques enrichissent une galette que les infects atours sonores ne suffisent pas à classer dans le même rayon que les chaotiques productions des Légions Noires susnommées (ou quand le porno…).

Avant de clore une chronique qui vient de parler, sachons parfois grossir le trait pour faire passer des messages, du nouveau fer de lance du black metal international, d’un groupe qui sait se montrer aussi convaincant que les géniaux HATE FOREST, DRUDKH et NEGURA BUNGET, représentants remarquables du noir en ce nouveau millénaire, je reviendrais immédiatement sur la dernière phrase du paragraphe précédent pour éviter d’induire en erreur des lecteurs qui feraient bien de prêter attention à cet éloge en bonne et due forme. Soucieux de déplaire, certainement élitiste, PESTE NOIRE refuse la compromission d’un parterre sonore accorte capable de charmer enfants et grands-mamans. Ce n’est pas pour autant qu’il se permet de faire n’importe quoi dans le domaine de la production. Sans tomber dans un dithyrambe que tous ne comprendraient pas, je tiens à signaler que le mixage de La Sanie Des Siècles est simplement parfait d’à-propos. Savoir accorder le vilain d’aussi belle manière tient tout autant de l’heureux exploit que d’un sens de l’esthétique plus qu’inhabituel. Bravo et merci!

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- Indria (basse)
- Winterhalter (batterie)


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