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METALLICA - ...and Justice For All (1988)
Par POWERSYLV le 21 Février 2006          Consultée 47641 fois

Nous sommes en 1988. Le thrash metal est à son apogée alors que les premiers relents death frappent à la porte. Certains à l’époque ne donnent pas cher de la peau de ce rejeton biscornu du thrash. S’ils avaient su … En haut de l’affiche de l'extrême, on retrouve les SLAYER, ANTHRAX, MEGADETH et bien sûr METALLICA. Bon allez, EXODUS est un peu derrière. La concurrence n’est pas loin car une seconde vague thrash US est déjà lancée sur les traces de ces illustres aînés. 1987/1988, c’est l’époque des premiers albums de TESTAMENT, DEATH ANGEL, METAL CHURCH et autres OVERKILL. Conscients de cela et bien que restant (pour le moment) affilié au thrash, mouvement qu’il a contribué à instituer 5 ans plus tôt, METALLICA opère cette année-là une première évolution musicale de taille. Cette évolution est palpable sur ce nouvel album implacable, … And Justice For All !

Toujours réalisé sous la houlette de Flemming Rasmussen à LOS ANGELES (ce sera la dernière fois) et lancé par le single « Harvester Of Sorrow », Justice est avant tout le premier vrai album avec Jason Newsted à la basse. Or, comble de malchance (à moins que … non, j’ai rien dit), le son de sa basse est écrasé au mixage par la batterie de Lars Ulrich qui a un son très particulier, très résonnant. Beaucoup peuvent voir en celà un défaut. Je trouve personnellement que ce son contribue à l'atmosphère oppressante du disque. Nul ne sait la raison de ce son de batterie de l’époque. A côté, les guitares. Et pour moi, le point fort de ce disque, c’est le travail des six-cordes. Sur ces morceaux très longs pour le groupe, les guitares ont tout le loisir de s’exprimer au long de nombreux passages instrumentaux. Master Of Puppets a beau être mon album préféré de METALLICA, je ne me suis jamais vraiment remis des solos monstrueux de Kirk Hammett et de la rythmique carré et chirurgicale du désormais barbu et moustachu James Hetfield sur Justice. Il avait vraiment une belle gueule à l’époque (soupirs). A ce propos, on notera que celui-ci a énormément mûri dans le timbre de sa voix, une voix désormais plus rauque et adulte et moins criarde que celle des 3 albums précédents … et ça le fait encore plus !

La pochette est superbe encore une fois. Doris, déesse de la justice, les yeux bandés et tenant à la main une balance pleine de dollars. Vous l’aurez compris, METALLICA enfonce le clou au niveau des textes et des concepts qu’il développe dans son album. Corruption, hypocrisie de l’appareil judiciaire américain, voilà du moins le thème du morceau principal qui porte le nom de l’album. Cette pièce prodigieuse et longue (dans les 8 minutes !) est parcourue d’instrumentaux comme mentionné plus haut, et n’évite pas quelques redondances. Mais alors, quelle extase dans les performances instrumentales ! Mais j’allais oublier le morceau de démarrage, un titre qui représente l’essence même de ce qu’est METALLICA : « Blackened ». Lorsque je mets le disque dans mon lecteur et que je tombe sur ce riff de fou, j’ai toujours autant de frissons depuis toutes ces années. Et que dire de ces breaks terribles, de cette accélération fulgurante après l’un d’eux ? « And Justice For All » est superbe aussi, bien qu’elle traîne un peu en longueur, et on comprend aisément que les 4 hommes en avaient peut-être un peu marre au bout d’un moment de jouer des titres en entier de ce disque. Titre terrible muni d’un riff sombre, tranchant et insistant, « Eye Of The Beholder » et son intro qui arrive petit à petit est un de mes chouchous de ce disque. Un côté carré à couper au couteau, ce riff est vraiment implacable et la batterie de Lars bât le flot comme dans une galère. Quand au solo, impossible que je passe à côté, il est hallucinant de vitesse et de précision. Kirk Hammett déjà remarquable jusque-là se surpasse littéralement sur cet album, et son art atteint son summun car il ne produira plus de tels solos sur les albums suivants.

Je disais que « Eye Of The Beholder » possédait un côté sombre. Ce n’est rien à côté de la chanson qui est pour moi le joyau de l’album et le meilleur morceau de METALLICA tous disques confondus pour moi : « One ». J’ai connu ce titre (et METALLICA par la même occasion) lors de la diffusion du clip vers 1990 à la télé très tard le soir et j’ai eu un choc. Déjà ce titre possède une atmosphère unique, à la fois mystique, inquiétante … morbide. Puis ces images poignantes et austères de ce film « Johnny s’en va t’en guerre » (« Johnny Got His Gun »). Quelle atmosphère. Quel pied ! La première partie lente commence en ballade sur des harmonies où le une aura surnaturelle côtoie un genre de … malaise quelque part. Puis la montée en puissance, les guitares qui sonnent en trombe, la batterie qui s’énerve de plus en plus, James qui passe s’un chant plutôt solennel à une rage terrible avant de laisser la place aux délires de Kirk … et toute cette trame morbide derrière. Rien que d’évoquer ce titre, j’en frissonne et je ne pense pas me tromper en disant que « One » est une des plus géniales chansons de heavy metal a avoir été inventée. Je serai tenté de dire en m’emportant que « One » vaut à elle seule l’achat du disque, mais ça serait passer sous silence d’autres merveilles.

Je n’ai jamais été très sensible par contre à « Harvester Of Sorrow ». Ce titre qui marque la pas, premier single de l’album nous démontre que METALLICA serait tenté d’évoluer vers un heavy thrash où la lourdeur et la robustesse sont privilégiées par rapport au « speed à tout va » qui était la tendance à l’époque. Comme si les 4 hommes redécouvraient à l’époque les méfaits de BLACK SABBATH, un de leurs groupes adulés par excellence. En tous cas, METALLICA prend tout le monde à contre-pied avec ce genre de titre et c’est tant mieux. La marque des grands groupes. J’oubliais avant « Harvester » une chanson très virulente et vindicative menée à 100 à l’heure et qui a tendance à me faire délirer comme un fou, « The Shortest Straw ». Tout me plait : le couplet super rapide, le refrain au tempo très marqué et aux paroles scandées telle une violente litanie, et évidemment la partie solo à couper le souffle (Kiiiiirk !). On passe après « Harvester » à « Frayed Ends Of Sanity » au tempo cadencé. C’est à mon sens la chanson qui passe la plus inaperçue et elle l’aurait quasiment été si encore une fois, elle n’avait été surmontée d’un solo redoutable. Instrumental très poignant, « To Live Is To Die » a surtout une particularité à un endroit - le passage lourd repris du début mais après l’accalmie : James prononce des paroles à forte portée symbolique, puisqu’il s’agit de mots que le défunt Cliff Burton avait sorti lors d’une de ses dernières interviews et qui cadrent le thème de l’album (« When a man lies, he murders some part of the world » …). Terrible et solennel. Un titre sombre, et le passage calme est doté d’un solo très mélancolique et de toute beauté qui fait limite pleurer. Beaucoup d’émotions donc sur ce titre. Pour terminer, « Dyers Eve » est une titre rageur et violent, un peu comme « Damage Inc. » sur Master. D’ailleurs, la structure des 2 albums est à peu près similaire (cf. chronique de Master Of Puppets).

Que voilà une chronique longue et bien détaillée n’est-ce pas ? Pour moi, Justice est un album certes différent des autres (ça sera le cas avec le groupe encore par la suite mais pas forcément pour le meilleur) mais qui reste une oeuvre incontournable de fureur, de noirceur et de talent instrumental. Voilà pourquoi je voulais lui rendre hommage. Et puis, je trouve que METALLICA à l’époque de Justice avait quelquechose de fort, de beau, de sombre, de grand et d’inébranlable. METALLICA, c’était le groupe incorruptible, le roc(k) qui jamais ne changerait, jamais ne donnerait dans la compromission. Le clip de « One » avait pour les plus pessimistes été un avant-goût, et le début des années 90 allait leur démontrer avec raison que nos Four Horsemen n’étaient pas aussi incorruptibles qu’on pouvait le croire. Beaucoup tomberont de haut en cette année 1991. Pour ma part, le choc fatal aura lieu encore 5 ans plus tard. En attendant, … And Justice For All ! reste un monument à la gloire du metal, à la croisée du thrash, du heavy, voire du progressif. L’album le plus complexe du groupe mais sûrement l’un des plus détonnant. A mes yeux, le dernier grand disque d’un grand groupe qui a porté le metal vers des horizons insoupçonnés.

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   (11 chroniques)



- James Hetfield (chant,guitare)
- Lars Ulrich (batterie)
- Kirk Hammett (guitare)
- Jason Newsted (basse)


1. Blackened
2. And Justice For All
3. Eye Of The Beholder
4. One
5. The Shortest Straw
6. Harvester Of Sorrow
7. The Frayed Ends Of Sanity
8. To Live Is To Die
9. Dyers Eve



             



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