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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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RHAPSODY - Triumph Or Agony (2006)
Par AKRON le 25 Septembre 2006          Consultée 47156 fois

RHAPSODY. Un groupe qui suscite depuis 10 ans à la fois les remarques les plus élogieuses comme les critiques les plus acerbes. Pour certains, maître incontesté (et incontestable) du « Hollywood Metal » ou, selon l’étiquette que revendique le groupe depuis SOEL 2, du « Film Score Metal », pour d’autres, groupe de « Dragon Metal » accumulant les pires clichés de la fantasy, RHAPSODY ne laisse en tous cas pas indifférent. Forts de 5 albums studios et d’un EP pouvant être considéré pratiquement comme un album à part entière (Rain Of A Thousand Flames), les Italiens n’ont de toute manière plus rien à prouver, et l’activité de Luca Turilli – tout de même deux albums studios avec deux groupes solo différents cette année – devrait rassurer les fans sur l’inspiration d’un des deux capitaines du navire (ou plutôt du dragon).

Cependant, entre les problèmes de droits ayant amené le groupe à changer son nom pour RHAPSODY OF FIRE, après un album live trop léger avec un arrière-goût d’opération mercantile, et un dernier album studio ayant partagé même des amateurs du groupe (dont moi-même), le doute était présent. Pour tout dire, j’attendais RHAPSODY au tournant, prêt à ranger les Italiens dans la catégorie des groupes dont la meilleure partie des productions est derrière eux. J’avais été plutôt déçu par SOEL 2, duquel j’attendais beaucoup plus. Même s'il y avait de bons morceaux, les longueurs étaient trop fréquentes, l’innovation trop mince et la narration agaçante, un grand nom ne suffisant pas à rendre agréable ce qui était souvent une immixtion déplaisante cassant le rythme des morceaux. De plus, on avait l’impression que le groupe, fort des moyens plus conséquents alloués par son nouveau label, profitant pour la première fois d’un véritable orchestre et de chœurs conséquents, en faisait trop, et les orchestrations en devenaient étouffantes, certes grandioses, mais parfois – trop souvent – superflues. Enfin, l’album sonnait tout simplement comme un SOEL « deuxième épisode », guère plus, RHAPSODY refaisant de façon plus ambitieuse la même chose qu’auparavant. De là à dire que le groupe avouait de lui-même qu’il repompait ses albums précédents, il n’y a qu’un pas …
Au final, le bilan était en demi-teinte, et la déception engendrée par le live n’avait pas arrangé mon opinion.

Et c’est par ce nouvel album, frappé du nouveau nom du groupe qui confine au risible, que la surprise arrive. Le fait de ne pas avoir un album annoncé 6 mois à l’avance, sans EP pour satisfaire aux désirs pécuniaires du management m’avait déjà brossé dans le sens du poil (autant que l’édition limitée du live m’avait hérissé). Et effectivement, la surprise est là, et elle est bonne, osons l’avouer.

Le tempo est globalement ralenti, les orchestrations, toujours grandioses, se font moins envahissantes, et si les chœurs prennent plus de place, c’est avec intelligence. La facette metal du groupe s’atténue encore un peu plus, même si on a encore droit à de belles parties de guitares, et RHAPSODY se rapproche davantage de ces bandes originales de films qu’affectionnent tant les sieurs Turilli et Staropoli.

Le récit est repris là où SOEL 2 l’avait laissé : la nuit est tombée sur les Montagnes Grises, et nos héros s’enfoncent dans les profondeurs obscures de « Dar-Kunor ». Des chuchotements inquiétants, l’orchestre et les chœurs nous introduisent dans l’atmosphère oppressante de ce nouvel opus, résolument sombre. La montée en puissance désormais traditionnelle nous guide jusqu’aux premières orchestrations de « Triumph Or Agony », premier titre speed et résolument direct, puissant, où le chant épique de Fabio est soutenu sur le refrain par les chœurs. Les breaks instrumentaux se succèdent, le refrain fait mouche aux premières écoutes, et ce premier titre sait convaincre en reprenant la formule des hymnes du groupes, « Emerald Sword » en tête, l’ampleur donnée par les chœurs en plus. Un solo superbe (mais bien trop court !) survient en fin de morceau. Classique mais efficace. « Heart Of The Darklands » est un titre speed du même acabit, du RHAPSODY typique, brillamment composé, avec un refrain magnifique doté d’une montée en puissance sur quelques notes tout à fait remarquable ; refrain malheureusement un peu trop répété en revanche. Les parties de guitares, cavalantes et acérées, sont toutes aussi convaincantes, tout comme le break aux ambiances angoissantes, façon « Dark Tower Of Abyss ». Un de mes morceaux préférés de ce nouvel album.

Jusqu’ici, rien de bien neuf donc. Le groupe fait ce qu’il sait faire à merveille, des hymnes heavy, speed et épiques, rehaussés par des parties symphoniques. Mais nous rentrons à présent dans le cœur de l’album, fait de ballades et de mid-tempos qui apportent une nouveauté à la musique de RHAPSODY, l’aspect bande originale se trouvant exacerbé par des tempos plus lents. Autre avantage d’une baisse de rythme, la batterie déploie enfin un peu plus d’originalité que le jeu à la double pédale des titres speed.

Tout d’abord, on a affaire à trois ballades en ce milieu d’album, séparées par de beaux mid-tempos puissants. Oui, j’ai bien dit trois ballades, mais attendez avant de grimacer. Le premier point positif, c’est que les trois sont réussies. Ensuite, le chant de Fabio est absolument somptueux, vibrant d’émotion, puissant et lyrique. Enfin, les trois sont différentes. Avec « Old Age Of Wonders », on a affaire à une ballade aux accents médiévaux, où le clavecin et la flûte se taillent la part du lion. Les couplets, plutôt lents, renvoient à « Forest Of Unicorns », préparent à l’accélération du refrain, les chœurs et la voix de Fabio se mêlent, une soliste féminine se distinguant plus nettement. On pense à « Lo Specchio d’Argento », morceau présent sur l’édition limitée du single « The Magic Of The Wizard’s Dream ». Une très jolie ballade en tous les cas.
La seconde, « Il Canto Del Vento », est le premier titre composé par Fabio Lione, et se rapproche plutôt de « Lamento Eroico » impression en grande partie due au chant en italien. Le chant est chaud et profond, doux et vibrant, un régal pour les oreilles. Un côté aérien se dégage de cette chanson, superbe malgré un petit air de déjà-vu.
Enfin, « Son Of Pain » est à mon avis la plus belle des trois, émotionnellement parlant. Le côté "BO" est palpable dans la musique de l’orchestre, renvoyant au travail d’Hans Zimmer par exemple. La montée en puissance du refrain, le lyrisme du chant de Fabio mettra les larmes aux yeux des plus sensibles, et les autres n’échapperont sûrement pas à quelques frissons. Une chanson à écouter les yeux fermés pour s’y abandonner totalement.

Au milieu de ce déploiement d’émotions, trois mid-tempos magnifiques s’insèrent à la perfection, emportés par des lignes mélodiques et des breaks de toute beauté. Les refrains sont littéralement prenants, le côté metal apporte une puissance impressionnante renforcée par l’ampleur des orchestrations. Introduit par la batterie, « The Myth Of The Holy Sword » rappelle le talent de guitariste de Luca grâce à un solo bien inspiré, suivant de près un break aux accents médiévaux. Un titre très épique, comme une marche guerrière. « Bloody Red Dungeons » est un morceaux des plus intéressants, avec son introduction calme (on s’attend à une autre ballade), avant que les guitares ne surgissent et ne martèlent leur riff pesant, par ailleurs identique à celui de « Nightfall On The Grey Mountains », sur SOEL 2. On appréciera encore une fois le travail des chœurs et le refrain fédérateur, avec sa batterie martiale, puis le break et le solo, sans conteste le plus beau de l’album, où Dominique Leurquin et Luca Turilli se donnent la réplique. Un des meilleurs titres.
« Silent Dream » est un autre de mes coups de cœur de cet album, porté par un riff simple mais efficace, des orchestrations magnifiques, ce morceau rentre immédiatement dans la tête, servi de surcroît par un solo encore une fois court mais plein de feeling et absolument pas démonstratif.

Je vais m’attarder quelques instants sur le sujet des solos : ils sont peu nombreux sur cet album, plutôt courts et pas forcément très rapides. On est loin des performances de guitar-heroes, mais je n’ai pas pour ma part l’impression que l’album manque de solos ou soit desservi par l’absence d’étalage technique. Certains pourront y trouver à redire, car il est vrai que les guitares sont bien trop en retrait pour un album de power metal, mais il est évident que nous avons affaire ici à un tout autre genre, et le metal de RHAPSODY n’a jamais été aussi sublimement symphonique.

C’est avec « The Mystic Prophecy Of The Demon Knight » que nous en arrivons à la pièce épique qui ne fait jamais défaut à un album de RHAPSODY. Longue de seize minutes, les ambiances développées sont multiples, et une description rapide ne leur rendrait absolument pas justice, tant on passe de la vitesse et de l’agressivité avec des lignes de guitares extrêmement incisives à des passages beaucoup plus calmes et aux ambiances médiévales. Il y a vraiment à boire et à manger sur ce titre.
Je m’y attarde cependant car c’est sur ce morceau (l’avant dernier) que réapparaît finalement la narration, mais sous une forme nouvelle et bien plus intéressante que la déclamation de quelques phrases. C’est à un véritable dialogue entre les personnages que l’on a affaire cette fois-ci, qui s’intègrent directement dans la musique, sans s’en détacher et qui créent véritablement une ambiance. La musique et les sons d’ambiance accompagnant ces dialogues (surtout le second) participent à l’intégration des passages parlés chers au groupe mais qui tombaient souvent comme un cheveu sur la soupe. Il reste certes quelques interventions isolées de Christopher Lee, mais largement restreintes. Je n’en dis pas plus, il faut l’écouter pour comprendre.
L’essentiel, c’est que ce titre est un des plus beaux morceaux épiques composés par le groupe, si ce n’est le plus beau.

« Dark Reign Of Fire » est un morceau en forme d’épilogue, aux cuivres imposants, et la narration de Christopher Lee clôt à merveille l’aventure, la narration étant cette fois ci appropriée, en conclusion et non en plein milieu d’un morceau. Un titre sympathique mais le plus anecdotique de l’album à mon sens.

Bien ! Au final, RHAPSODY, ou devrais-je dire RHAPSODY OF FIRE (mais je crois que je ne m’y ferais jamais) réussit avec Triumph Or Agony un véritable coup de maître, une œuvre magistrale et véritablement épique qui aboutit pleinement la volonté du groupe de produire l’hybride parfait, ou peu s’en faut, entre les bandes originales de films, et la musique metal. On pourra éventuellement regretter que les guitares voient leur participation réduite, ou que les chœurs prennent tant de place ; c’est une question de goûts, et chacun aura son opinion. La baisse de puissance (toute relative cela dit, on s’en aperçoit après plusieurs écoutes) au milieu de l’album peut également décevoir de prime abord, mais la qualité des morceaux est incontestable.
Vous l’aurez compris, je suis totalement séduit par ce disque, qui me renvoie à la révélation que fut Symphony Of Enchanted Lands, et si Triumph Or Agony joue dans un registre différent, les deux disques sont quasiment au même niveau. En tous les cas, ce nouvel album me donne la même impression d’émerveillement que je n’avais pas ressenti depuis, et mérite pleinement l’étiquette de « Film Score Metal », tant l’alternance voire le mariage entre les deux genres est réussi. L’évolution tant attendue de RHAPSODY a enfin vu le jour, et elle s’appelle RHAPSODY OF FIRE !

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- Fabio Lione (chant)
- Luca Turilli (guitare)
- Alex Staropoli (claviers)
- Dominique Leurquin (guitare)
- Patrice Guers (basse)
- Alex Holzwarth (batterie)


1. Dar-kunor
2. Triumph Or Agony
3. Heart Of The Darklands
4. Old Age Of Wonders
5. The Myth Of The Holy Sword
6. Il Canto Del Vento
7. Silent Dream
8. Bloody Red Dungeons
9. Son Of Pain
10. The Mystic Prophecy Of The Demonknight
11. Dark Reign Of Fire



             



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