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BLACK STONE CHERRY - Black Stone Cherry (2006)
Par BAAZBAAZ le 29 Août 2006          Consultée 5851 fois

La musique de Black Stone Cherry est… déroutante. Bien sûr, il y a ce bon vieux fond sudiste, ce rock qui tâche, ce groove provincial indémodable, quelque part entre le stoner à la Kyuss et le lyrisme un peu réac' à la Lynyrd Skynyrd, drapeau confédéré flottant fièrement au vent. Il faut dire que ces gamins bruyants viennent du Kentucky, c'est-à-dire loin, très loin du centre du monde. Et leur regard a toujours été tourné vers le grand sud, mais pas seulement. N'allez pas croire qu'il s'agit là de simples bouseux indécrottables accrochés à une Amérique profonde et immuable, à une posture démodée et résolument ancrée dans les années 70. Chez les Black Stone Cherry, on entend un peu les Black Crowes, mais il n'y a pas que ça. On entend aussi Black Sabbath, et de jolies réminiscences heavy / psyché, mais ce n'est pas tout. Non, il y a autre chose.

Une modernité totale, volontaire. Un pied dans le foin, un autre sur le skateboard, ou presque. Et au final un son intrigant, dont on a parfois du mal à démêler les influences, les origines masquées. A un moment donné, dans leur adolescence – qui se termine d'ailleurs à peine – les membres du groupe ont du bouffer du rock sudiste, avec une couche de Led Zep' pour faire passer le tout. Mais quelque part en chemin, ils ont sérieusement dévié. Et ils ont rencontré sans espoir de guérison des traditions musicales extrêmement diverses : le grunge est passé par là, et surtout Soundgarden et Pearl Jam. Chris Robertson imite d'ailleurs avec une aisance remarquable le timbre particulier des chanteurs de ces deux groupes. L'un ou l'autre, au choix, quand il veut. Chapeau. Plus généralement, le groupe jongle avec le metal alternatif et le post-grunge aussi facilement qu'avec le blues rock crasseux.

C'est ce qui rend ce premier album difficile à cerner lors des premières écoutes. L'alliage, en effet, est subtil et peut déconcerter les étourdis. Les plus perspicaces penseront aux inoubliables Four Horsemen de Frank Starr, mais Frank Starr, hélas, est mort depuis longtemps. La génération actuelle, pour sa part, n'a pas les pieds enfoncés aussi profondément dans le hard rock terreux et crotté. Dès le refrain de « Rain Wizard » en ouverture, on comprend que l'on va devoir se creuser les méninges : ça commence comme un stoner bien roots, puissant, et tout à coup des mélodies bien plus actuelles surgissent sans crier garde. Le spectre de Chris Cornell se met alors à survoler en hurlant des compositions qui se tiennent pour certaines en équilibre parfait entre la bonne vieille tradition et l'ouverture salvatrice au metal d'aujourd'hui. Un grand écart pour le moins bluffant.

Le temps d'un « Maybe Someday » ou d'un « Crosstown Woman », on reste un peu collé au sol, en territoire sudiste. Le groupe révise tranquillement ses classiques. Mais lorsque déboule un « Backwoods Gold » suivi d'un « Lonely Train », les choses se corsent : des riffs metal à gogo, parfois thrashisants, comme seul un Soundgarden plus sec, plus carré, aurait pu en inventer. Les Black Stone Cherry sonnent terriblement heavy, sans pitié. Un son actuel, qui blinde des mid-tempo radieux et obstinés, des refrains tueurs et des cavalcades psychés à se taper la tête contre les murs. Aucun point faible. Là où les Wolfmother et autres The Sword s'échinent en vain à répéter servilement les exploits des dinosaures d'autrefois – Black Sabbath en tête –, les péquenots du Kentucky sont sur le point de dépoussiérer sérieusement le genre. Le néo-stoner, ou un truc comme ça.

En plus, ils savent écrire de vrais tubes, en levant un peu le pied, en se la jouant plus cool. Tout ce que Soundgarden, même en marquant l'histoire du rock, avait un peu de mal à faire : « Hell and High Water » est du calibre d'un Queens of The Stone Age en forme (rarissime, dernièrement), avec un petit côté Springsteen monté sur scène avec Pearl Jam. Oui, ils sont sur le point d'entrer dans la cour des grands, surtout quand ils balancent la perle des perles, ce « Tired of the Rain » renversant et sobre, avec son petit orgue baveux. C'est terriblement rock, à l'ancienne, comme au bon vieux temps, mais c'est aussi d'une actualité parfaite. Les guitares sont cruelles, la production est en fonte, et on se prend à rêver à l'avenir du metal. Voilà, ça devait arriver : le metal alternatif est aux portes du grand sud, et ça va faire mal, très mal.

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Par THE MARGINAL




 
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- Chris Robertson (chant, guitare)
- Ben Wells (guitare)
- Jon Lawhon (basse)
- John Fred Young (batterie)


1. Rain Wizard
2. Backwoods Gold
3. Lonely Train
4. Maybe Someday
5. When The Weight Comes Down
6. Crosstown Woman
7. Shooting Star
8. Hell & High Water
9. Shape Of Things
10. Violator Girl
11. Tired Of Rain
12. Drive
13. Rollin' On



             



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