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- Membre : Slipknot

STONE SOUR - Come What(ever) May (2006)
Par BAAZBAAZ le 28 Août 2006          Consultée 5617 fois

Corey Taylor est un jeune homme très sociable. En plus de s'éclater avec ses charmants petits camarades dans Slipknot – le fer de lance actuel du metal extrême américain –, il traîne aussi avec une autre bande de potes, des amis d'enfance très occupés à faire du bruit sous le nom de Stone Sour. En fait, il s'agit tout simplement du premier groupe de Taylor, qu'il a quitté pour rejoindre la poignée d'énergumènes masqués avec qui il a rencontré finalement un succès rapide et controversé. Pas chien, plein aux as, il profite maintenant de sa notoriété pour donner un coup de pouce à ses vieux potes. Et par la même occasion pour finir de construire sa piscine. Le premier disque de Stone Sour est sorti en 2002 et s'est assez bien vendu, sans plus (un petit million et des poussières). Il faut dire que la musique du groupe n'est ni aussi provocatrice, ni aussi foutraque et originale que celle de Slipknot, que seul ceux qui n'aiment pas le metal considèrent comme un mauvais groupe. La musique de Stone Sour, et ce second album – Come What(ever) May – le confirme, est simplement puissante, massive et jouée pied au plancher. Avec un aspect assez mélodique que Slipknot a souvent dédaigné.

Autant le dire : on est assez loin ici des déferlements hystériques et fiévreux de l'excellent Vol. 3 : The Subliminal Verses, et c'est du côté du metal alternatif et du post-grunge qu'il faut chercher le son de Stone Sour. Un son qui, sans être surprenant ou bouleversant, possède une vraie identité : une nappe de riffs thrash / indus qui renvoient à Metallica ou à Rob Zombie, un groove nerveux et millimétré, et surtout un Corey Taylor en voix « claire », qui évite les grognements féroces et privilégie un chant mélodique agréable. Ceux qui ont aimé les tubes les plus commerciaux et les plus accessibles de Slipknot (« Wait and Bleed ») seront en territoire familier. Les structures sont assez simples – couplet, refrain, etc – et une production limpide renforce l'impression de tenir là un disque de metal homogène, sans baisse de forme malgré les ballades grungy très réussies, qui apportent d'ailleurs une respiration bienvenue (« Sillyworld » et surtout « Through Glass », que l'on imagine volontiers tourner en boucle sur MTV pendant des mois, jusqu'à l'épuisement). Et Corey Taylor, pour ceux qui l'ignoraient encore, se révèle très bon chanteur, carré et sérieux, très à l'aise dans un registre moins brutal et outrancier.

Tant pis pour les esprits chagrins, pour les intégristes anti-Slipknot, pour les spécialistes des logorrhées hostiles à un neo-metal (appellation marketing d'ailleurs très franco-française) devenu aujourd'hui, en terme d'influence ou de créativité, la matrice du renouvellement du rock aux Etats-Unis. Tant pis pour eux : Slipknot est l'un des fleurons du metal mondial depuis des années, et son leader Corey Taylor, sans être forcément un génie, reste un agitateur aux multiples casquettes, capable d'animer ou de soutenir des projets de qualité. Stone Sour, avec son mélange de thrash et de metal plus accessible, en est une preuve parmi d'autres : « Hell & Consequences » ou le très bon (et un peu slipknotien ?) « Reborn » sont des compositions subtiles malgré leur aspect classique, pleines à craquer de riffs solides, de couplets poignants et de refrains forts en gueule. Du metal coriace, capable aussi de lorgner sans honte vers les charts grâce à des hymnes crâneurs et calibrés, à la manière d'un « Socio » taillé pour être chantonné toute la journée, sous la douche, en voiture, au boulot, et la nuit en dormant. Le portefeuille de Taylor et de ses potes ne va sûrement pas en souffrir.

Après ça, certains diront que Come What(ever) May est un peu répétitif, ou du moins prévisible. Et que même des petites mélodies accrocheuses et sautillantes ne suffisent pas à faire un disque intéressant. Et c'est vrai qu'arrivé à « 1st Person », on commence à avoir compris le truc. Surtout que les derniers morceaux, sans être inécoutables, ne sont pas franchement à tomber par terre. Et le piano de « Zzyxz Rd. », s'il apporte une touche de fraîcheur et de calme plutôt appréciable, ne révolutionnera pas non plus le metal alternatif. Bon allez, Corey Taylor chante sa ballade romantique et triste, il se fait plaisir en gémissant un peu. On ne va pas lui en vouloir pour ça. Car plus de la moitié de l'album tient la route sans caler, et le reste est plus qu'honorable. Ce n'est sans doute pas avec Stone Sour qu'il aurait connu le succès planétaire et mérité de Slipknot (logique…), mais ce groupe n'est pas une arnaque ou un coup de pub complaisant donné à des potes d'enfance ayant envie de croquer une part du gâteau. Non, Stone Sour méritait d'être signé, produit, et vendu à grande échelle. C'est un groupe plus intéressant que n'importe quel clône metalcore. Alors on dit « merci Corey », et on écoute.

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- Corey Taylor (chant)
- James Root (guitare)
- Josh Rand (guitare)
- Shawn Economaki (basse)
- Roy Mayorga (batterie)


1. 30/30-150
2. Come What(ever) May
3. Hell & Consequences
4. Sillyworld
5. Made Of Scars
6. Reborn
7. Your God
8. Through Glass
9. Socio
10. 1st Person
11. Cardiff
12. Zzyxz Rd.



             



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