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HED P.E. - Back 2 Base X (2006)
Par BAAZBAAZ le 1er Août 2006          Consultée 2156 fois

Tout le monde déteste ce groupe. Tout le monde le hait. Les critiques l'éreintent depuis des années. Sans aucune pitié. Et les fans de la quasi-totalité des innombrables sous-genres du métal vomissent dessus avec une régularité et une satisfaction sans égal. Du moins pour ceux qui savent que (Hed)p.e. existe. Sans doute l'un des plus anciens groupes de rap-métal américain, formé en 1994 et toujours en activité malgré les torrents d'aversion et de hargne que le groupe – parfait représentant d'un style souvent honni – déclenche à chaque sortie d'album. Et ça fait dix ans que ça dure. Au départ, il s'agissait juste de suivre la voie royale ouverte par Rage Against the Machine et la mode tenace de la fusion. Une époque lointaine. Puis est venu le temps du néo, du rapcore érigé en apogée cynique et efficace de la scène rock outre-atlantique. Et (Hed)p.e, sans faiblir, a continué sa route, en proposant un mélange relativement constant et prévisible de punk hardcore californien, de gros rap qui tâche et de riffs minimalistes et appuyés. Tout un programme. Certains – la majorité – se bouchent le nez et détournent pudiquement les yeux. D'autres y trouvent parfois leur compte. Et qu'on ne s'y trompe pas : c'est à eux que s'adresse en priorité cette chronique. Pas aux ayatollahs anti-rap.

Voici donc Back 2 Base X, nouveau disque au titre ô combien subtil, dont on suppose que, sous couvert d'un parlé « jeune », il annonce un retour aux sources, à l'esprit des origines, celui qui avait valu au groupe une brève attention médiatique et commerciale avant que des albums inégaux viennent finalement ternir sa réputation. On le sait, ce genre d'annonce – la tentative pour renouer avec l'inventivité et la fougue des débuts – masque bien souvent un effondrement artistique. Coup de chance, ce n'est pas le cas ici : (Hed)p.e nous livre un disque étonnamment varié, éloigné de toute linéarité musicale, plein de surprises, de détours par des styles différents, avec une envie et une conviction indiscutables. A l'heure ou les Red Hot Chili Peppers polissent sans fin leurs joyaux pop inégalables, à l'heure où le rapcore s'est peut-être trouvé avec les incroyables Bobaflex une relève de qualité, Jahred et sa bande réussissent à dépoussiérer sérieusement leur musique. Et revoilà donc le « G-Punk », nom donné à une époque à cette rencontre sonore : un son clair, des riffs simples et rugueux, quelques franches embardées hip-hop, un peu d'électronique, quelques influences modernes – System of a Down – et le tour est joué. Un disque éclectique et épileptique.

L'agencement des chansons est assez rusé. On passe sans prévenir d'une composition très électronique, presque trip-hop et jungle (le très bon « Novus Ordos Clitorus ») à un coup de feu hardcore mélodique qui évoque par moment Suicidal Tendencies avec un petit côté jazzy en apothéose (« Lock an Load »). Et plusieurs morceaux sont d'ailleurs à ranger dans ce second style : parfois pour le meilleur, avec le terrible « Beware Do We Go », l'une des bombes de l'album ; parfois pour… disons le moins bon, notamment le temps d'un « Get Ready » débité à la hache et dont l'intérêt reste à démontrer. Mais dans l'ensemble, il est évident que (Hed)p.e maîtrise son sujet quand il privilégie le hardcore, les phrasé hip-hop venant rehausser la colère et la nervosité ambiante. Il n'y a rien dans ce disque qui pousse à se rouler par terre, à s'arracher les cheveux, à délirer tout seul collé aux baffles. Mais chaque chanson ou presque est franchement agréable, jamais gratuite, avec des tas de petites trouvailles sonores qui marquent sinon une inventivité débordante, du moins une certain finesse dans le songwriting. Ceux qui ne s'étranglent pas en entendant prononcer le mot « rapcore » (ou « rap-métal » ou je ne sais quoi) pourrons donc trouver là de quoi satisfaire leur insatiable soif d'hybridation musicale.

Côté rap, justement, on retrouve les hauts et les bas de (Hed)p.e, moins visibles que sur l'album précédent, mais fidèles au poste : le hip-hop rentre-dedans, lourd et sauvage, l'animosité à la Body Count. Arrogant et entraînant, plein de morgue et d'audace, mais aussi un peu dense. C'est l'éternel travers du rapcore, les kilos en trop, les riffs empesés, la danse des éléphants (« White Collars »). Le disque manque un peu d'envolées, de moments capables de marquer les esprits, même s'il y a quelques morceaux de bravoure, comme « Sophia » et ses influences reggae débordantes de métal, ou encore « Let's Ride », une perle un peu pesante au premier abord. On ne parlera donc pas de chef d'œuvre, loin de là. Et on ne voit pas trop comment ce disque pourrait apporter à (Hed)p.e quelque chose de plus : des fans, de l'argent, de la notoriété, de l'estime. Non, rien de tout cela. Il n'y aura aucune conversion fulgurante à l'écoute de Back 2 Base X. N'est pas Bobaflex qui veut. Et quand le disque se termine sur une sorte de petit ragga tranquille, sans contrainte, en roue libre, on se dit que (Hed)p.e n'a sans doute plus grand-chose à prouver, et qu'il fait maintenant son job avec sérénité. D'ailleurs, le vrai problème est peut-être là : ils voudraient faire peur, mais leur musique est devenue très rassurante. Pas de bol.

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   BAAZBAAZ

 
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- Jahred Shane (chant)
- Dj Product (platines, table de mixage)
- Mawk (basse)
- Jaxon (guitare)


1. Listen
2. Novus Ordos Clitorus
3. Lock And Load
4. White Collars
5. Get Ready
6. Sophia
7. Peer Pressure
8. Beware Do We Go
9. Daze Of War
10. Sweetchops
11. So It Be
12. Let's Ride
13. Chosen One



             



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