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POP ROCK / METAL  |  STUDIO

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1991 Blood Sugar Sex Magik
2002 By The Way
2006 Stadium Arcadium
2011 I'm With You
2016 The Getaway
 

 Rhcp France (1023)

RED HOT CHILI PEPPERS - Stadium Arcadium (2006)
Par BAAZBAAZ le 1er Juillet 2006          Consultée 8985 fois

Certains l'ont beaucoup attendu. Et c'est peu dire. Voilà déjà quatre ans qu'est sorti By The Way, le grand chef d'œuvre des Red Hot Chili Peppers. Quatre ans pendant lesquels les fans ont eu le temps de s'écharper, de débattre sans fin de l'évolution du groupe, de son orientation musicale, de cette lente maturation sonore qui lui a permis, en 2002, de sortir un incroyable disque très éloigné de la fusion, du metal, mais qui était aussi une pure merveille fragile et lumineuse puisant ses racines dans l'histoire de la pop. Un tel disque, sorti par un tel groupe, ne pouvait que diviser. Californication avait annoncé la couleur, mais By The Way était une sorte de sommet. Un Himalaya artistique dont on soupçonnait déjà à l'époque qu'il ne pourrait pas être dépassé. Toute l'histoire des Red Hot menait à cet album : plus qu'un aboutissement, c'était une sorte de bouquet final venant terminer le feu d'artifice perpétuel qu'avait été la carrière du groupe. Et l'on se disait alors que, peut-être, il valait mieux pour eux ne pas jouer le match de trop et raccrocher les gants.

Pour les plus renfrognés, ceux qui sont restés scotchés quelque part entre Blood Sugar Sex Magic et One Hot Minute, les Red Hot sont depuis longtemps perdus, vendus, enfermés dans une infâme niche commerciale d'où ils n'en finissent pas de brader l'héritage du passé. Mais pour ceux qui ont grandi avec le groupe, qui ont évolué en même temps que sa musique et en ont accepté les circonvolutions sinueuses, les impasses, les bonds en avant ou les transformations parfois radicales, By The Way avait dés sa sortie l'arôme d'une glorieuse conclusion. Oui mais voilà, l'histoire ne s'est pas arrêtée là.

Non seulement ils ont sorti un nouvel album, mais en plus c'est un double. Presque une trentaine de chansons. Un exercice hautement périlleux. D'un point de vue artistique, bien sûr. Pas commercial. Car de ce côté-là, les Red Hot n'ont plus rien à craindre depuis longtemps. Mais c'est précisément ce qui peut faire peur quand on se lance dans l'écoute de Stadium Arcadium : ils ont pu mettre n'importe quoi dedans, ils sont sûrs d'en vendre quand même quelques millions à travers le monde. Et le single lâché peu avant la sortie du disque n'était pas forcément très rassurant. Non pas que « Dani California » soit une mauvaise chanson, mais elle ne marque aucune vraie évolution par rapport à ce que le groupe a pu faire par le passé. C'est rythmé, c'est bien produit, bien joué, bien chanté. C'est tranquille et un peu auto-complaisant. Seul espoir, John Frusciante est enfin en roue libre : il porte le single à bout de bras et sa guitare soulève de terre un refrain trop timide. Et les sucreries de By The Way, tout à coup, semblent bien loin.

Les Red Hot auraient-ils retrouvé la hargne disparue ? C'est le message que certains de leurs attachés de presse ont cherché à faire passer : il y aurait dans ce disque un retour au source. Sans renier son évolution récente, le groupe aurait cherché à satisfaire aussi ses fans les plus anciens, ou disons les moins sensibles aux ritournelles pop et ensoleillées des derniers disques. Mieux, il y aurait parmi ces vingt-huit chansons le résumé parfait de toute la carrière des Red Hot… Autant dire le type d'argument qui rend toujours un peu méfiant. Et pourtant, ce n'est pas tout à fait faux.

On trouve sur ce double album, sur « Jupiter » et sur « Mars », puisque c'est le nom de chacun des deux disques qui le composent, un ensemble très varié – soigneusement ordonné et agencé – de morceaux souvent pop et mélodiques, régulièrement funky, et parfois, de temps en temps, agrémentés d'un hard rock qui rappelle la fusion d'antan. Sans brusquer, le groupe nous promène à travers un paysage coloré et ciselé à la perfection. Et on reste là, à regarder, sagement assis et contemplatif, un peu passif aussi : encore une fois, comme il y a quatre ans, il faut découvrir patiemment une musique subtile et minutieuse, pleine d'arrangements discrets sous le vernis de la production imparable de Rick Rubin – l'agaçant mais talentueux orfèvre du rock d'aujourd'hui. Un peu de « Snow », mélancolique et profond, un peu de « Stadium Arcadium » ou de « Especially in Michigan », et l'on se réinstalle très confortablement dans le fauteuil de By The Way, par la grâce de petites merveilles pop qui planent dans une ambiance décontractée et limpide. Pas de doute, l'inspiration est là, toujours là.

Peut-être n'y a-t-il pas dans ces chansons beaucoup d'évolution. Les Red Hot n'ont peut-être plus la force artistique de bouleverser encore leur style de prédilection. Sur ce double album, on retrouve donc en partie les repères pop et accessibles des disques qui précédent. Mais pas seulement. Car les guitares, ou plutôt la guitare, celle de Frusciante, est omniprésente. Elle tisse sa toile électrique dans tous les coins et recoins. Et surtout elle rallume la flamme rock que le groupe avait égarée en cours de route : le temps d'un « Torture Me », la totalité des fans, toutes époques confondues, vont pouvoir danser autours de ce feu à nouveau incandescent.

Le premier disque – « Jupiter », donc – est peut-être le plus équilibré, le plus époustouflant. La pop y est superbe, le rock dévastateur. Le funk resurgit du passé. Mais c'est sans doute une question de goût. Et l'ensemble de ce double album s'écoute sans forcer, une découverte après l'autre. Et même si le second disque peut sembler un peu moins inspiré, peut-être un peu redondant ou moins festif, moins accompli, il faut à tout prix aller au bout : il faut atteindre cette suite finale resplendissante, ces quatre dernières chansons qui terminent l'aventure avec une ivresse croissante. De « Storm in a Teacup » à « Death of a Martian », en passant par l'élastique « Turn it Again », on touche à la synthèse parfaite de ce que les Red Hot sont capables de faire, de tout ce qu'ils ont été un jour capables de jouer et de chanter. Non, ils n'ont rien renié, ils n'ont rien oublié. Leur répertoire est là, sous nos yeux, à disposition, et il leur fallait peut-être effectivement presque trente chansons pour prouver que, pendant toutes ces années, ils ont accumulé un savoir-faire dont ils maîtrisent les moindres facettes.

C'est comme une explosion de styles et d'ambiances. Comme si le groupe avait voulu tout donner, tout rappeler en une seule fois. Un cadeau à leurs fans, une dernière bouffée de créativité où rien ne doit être écarté. C'est peut-être trop, et certains trouveront ça indigeste. Qu'importe, il y a sur ces deux disques un festin de tubes, de mélodies et de guitares. Des moments poignants, dansants ou apaisants. Et puis aussi une terrible exigence : celle d'aimer les Red Hot sans chipoter, sans se piquer de choisir telle ou telle période musicale, telle ou telle époque. C'est le message qu'ils font passer : toute leur carrière a été d'une cohérence parfaite. En voici la preuve. Bravo.

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- Anthony Kiedis (chant)
- Flea (basse)
- John Frusciante (guitare)
- Chad Smith (batterie)


- jupiter
1. Dani California
2. Snow ((hey Oh))
3. Charlie
4. Stadium Arcadium
5. Hump The Bump
6. She's Only 18
7. Slow Cheetah
8. Torture Me
9. Strip My Mind
10. Especially In Michigan
11. Warlocks
12. C'mon Girl
13. Wet Sand
14. Hey

- mars
1. Desecration Smile
2. Tell Me Baby
3. Hard To Concentrate
4. 21st Century
5. She Looks To Me
6. Readymade
7. If
8. Make You Feel Better
9. Animal Bar
10. So Much I
11. Storm In A Teacup
12. We Believe
13. Turn It Again
14. Death Of A Martian



             



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