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THRASH METAL  |  STUDIO

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SODOM - Sodom (2006)
Par CANARD WC le 5 Juin 2006          Consultée 14982 fois

Alors ça mes amis, je ne m’y attendais pas ! Pas le moins du monde, je vous jure. J’en ai encore la tête qui résonne. Pourtant, on s’y attendait un peu. Il y avait les « symptômes » de l’album qui tue : des améliorations nettes sur M-16 (leur précédent album sorti en 2001), un temps de gestation plus important (4 ans c’est beaucoup pour SODOM), l’annonce d’un album éponyme (le message envoyé est fort)... Mais de là à prendre une telle giclée !

Non, parce qu’avec ce nouvel album, SODOM signe non seulement un retour en force, mais surtout… SODOM surprend ! C’est pas qu’on doutait des qualités de la formation, mais force est de constater que depuis les années 90, SODOM s’était contenté jusque là de nous servir sa recette Thrash avec application et sérieux, mais sans surprises.

SODOM faisait du SODOM. Un album tous les deux ans. Une machine bien réglée, bien huilée (pour ne pas dire vaselinée). Une régularité de coucou suisse qui a eu aussi un contrecoup : une certaine linéarité, des titres répétitifs et des albums un peu convenus. Ca fait près d’une décennie qu’on insère les galettes de SODOM en sachant à peu près ce qu’il va en sortir.

- Tiens le nouveau SODOM est sorti...
- Il est bien ?
- Ouais pas mal.
- Mieux que le précédent ?
- Pareil. C’est du bon Thrash teuton. Ca dépote. C’est SODOM quoi !

Comme s’il était écrit quelque part que SODOM ne resterait à jamais qu’un « bon groupe de Thrash de seconde zone ». Loin derrière KREATOR et à des années lumières des vaches sacrées comme SLAYER ou encore ANTHRAX. En ce sens, « Sodom » est une réaction. C’est le refus d’accepter cette relégation, le refus d’accepter son destin de groupe secondaire, le refus de laisser KREATOR dominer le Thrash allemand aussi outrageusement. Dans la démarche, ça me rappelle le « Painkiller » de JUDAS (oui je sais, je vais chercher loin) : cette façon si radicale de « taper du poing sur la table, de dire implicitement « ‘tendez les mecs, on n’a pas tout dit ! ».

Pour cela, il a fallu à SODOM puiser dans toutes ses ressources, brasser large et se hisser plus haut pour recoller à un certain niveau d’excellence. Pour être tout à fait franc, je ne les avais pas entendu aussi en forme depuis leur doublette « Persecution Mania » (87) / « Agent Orange » (89). C’est dire !

Car chacun des titres de « Sodom » est une variation réussie de leur Thrash avec à chaque fois une porte d’entrée (un refrain qui tue, un riff accrocheur) et surtout … une montagne de références (citons en vrac et sans rentrer dans le détail : OVERKILL, SLAYER, CORONER, TESTAMENT, ANNIHILATOR…). A tel point que l’album en devient quasiment un jeu de pistes. Allez par exemple vous mettre du « City of God » dans les oreilles : ça sent le KREATOR à plein nez tout en restant bien estampillé « SODOM ».

Mais par delà les hommages (plus ou moins) discrets, ça reste avant tout bel et bien un putain de récital, marqué au fer rouge de la main ferme et furieuse de SODOM et desservi par une production détonante. Cette poigne dans la conduite de leur album éponyme finit même par nous tarauder : où SODOM a été chercher pour balancer pareil effort ? Un groupe qu’on pouvait gentiment cataloguer de « Out » vient foutre un gros coup de pied à l’ordre établi.

Alors grosso merdo, on retrouve deux types de chansons sur cet album :

• Les chansons accrocheuses : plus furieuses que réellement violentes, ce sont des titres presque entraînants avec option « refrain et/ou choeurs en acier forgé ». Je vous renvoie à la terrible « Bibles & Guns » (le traditionnel pamphlet anti-religieux made in SODOM) qui donne des envies de serrer le poing très fort. Ou encore la très électrique (clin d’oeil Motorheadien ?) « Buried in the Justice » qui sent le « Headbanging » frénétique à des kilomètres.

• Les chansons « violentes » : plus brutales, plus linéaires, un peu « Old School » en définitive. A priori, on pense un peu s’emmerder mais le break arrive au bon moment et relance la machinerie (« Wanted Dead »), quand ce n’est pas un petit riff mid tempo à la limite du génial (« No Captures »). De toute façon, ce type de morceau ne dure jamais trop longtemps pour qu’on s’y ennuie et même mieux vient casser toute répétitivité (exemple : « Lords of Depravity » : 2 minutes 40 de Thrash coincé quelque part entre le « Reign in Blood » et le « Divine » de SLAYER).

Et il y a bien entendu la synthèse des deux, j’ai nommé : « Blood on your Lips ». La merveille Thrash qui contrebalance brutalité et riffs accrocheurs. Quelle intro mes amis ! L’apéritif parfait en somme. Pas un hasard si l’album commence de telle façon : on ne pouvait pas ouvrir les hostilités de meilleure façon.

Alors je m’emballe, je m’emballe. Il est évident que le 5/5 que vous pouvez lire 10 lignes en dessous est un poil exagéré. Ne serait-ce qu’au regard du tiercé de fin (« Lay Down the Law » et « Nothing to Regret » sont un peu moyennes) qui donne l’impression que l’album s’essouffle légèrement. Rien que pour ça, le 5/5 est surestimé. Mais ça fait tellement du bien d’entendre (de la part de SODOM qui plus est) un Thrash « Old School » carré qui n’a pas à rougir des productions modernes. En ce qui me concerne, c’est LA bonne surprise de ce printemps 2006... Tant il est vrai que dès que ça riffe bien, que ça sonne Thrash... Et bin le Canard est tout émoustillé !

Que voulez-vous, on n’est pas de bois.


A l’heure où le Thrash moderne semble se perdre dans des conjectures improbables - bloqué entre le Death et l’Indus - on a tendance à oublier l’essentiel du genre. « Sodom » est un peu là pour rétablir l’ordre des choses et rappeler les « codes » à ceux qui auraient tendance à les oublier.

Parce que SODOM, c’est l’esprit même du Thrash.
Parce qu’avec cet album on n’a jamais été autant au coeur du genre.
Parce qu’en 2006, ce n’est pas un réveil, mais presque une résurrection.


Note : 5/5


Chanson préférée du Canard : Blood on your Lips
Chanson bof : Lay Down The Law

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   CANARD WC

 
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   (2 chroniques)



- Tom Angelripper (chant, basse)
- Bernemann (guitare)
- Konrad "bobby" Schottkowski (batterie)


1. Blood On Your Lips
2. Wanted Dead
3. Buried In The Justice Ground
4. City Of God
5. Bibles And Guns
6. Axis Of Evil
7. Lords Of Depravity
8. No Captures
9. Lay Down The Law
10. Nothing To Regret
11. The Enemy Inside



             



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