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PEARL JAM - Pearl Jam (2006)
Par BAAZBAAZ le 22 Mai 2006          Consultée 8614 fois

La discographie de Pearl Jam peut être comparée à celle d'Oasis ou de Therapy? : un départ fulgurant, une poignée de disques incrustés directement dans l'histoire, et puis un long pourrissement, interminable, année après année. Des albums qui n'en finissent plus de décevoir et de rendre nostalgique. Alors on se sent un peu comme un vieux con, on trouve des excuses à un groupe qui – après tout – a bien le droit d'évoluer et de se faire plaisir. Mais très franchement, les Binaural et autres Yield, il fallait s'accrocher pour les aimer. Ou du moins pour leur trouver des qualités approchant celles des premiers disques du groupe. Pas de Ten, non. Rien ne pourra jamais égaler Ten, qui est une sorte de monument : ces monuments qu'on hésite même parfois à réécouter afin de ne pas neutraliser et amoindrir l'extrême richesse presque éreintante des émotions qu'ils renferment. Mais par la suite, Pearl Jam avait sorti un ou deux bons albums, largement au-dessus du lot, évitant de s'embourber dans cet infâme marécage qu'était la longue putréfaction du grunge devenant le « post-grunge » infecte que nous assènent aujourd'hui les Staind et autres 3 Doors Down.

Pendant longtemps, on a contemplé Pearl Jam comme un vieux livre de photos jaunies, en omettant très soigneusement d'en froisser les pages, mais sans vraiment prêter attention à ce qu'était devenu le groupe. Personne n'avait envie de se taper ces disques live absurdes sortis par dizaines, personne n'avait envie de comparer des errements musicaux un peu ternes avec les monstrueuses détonations passées. Et même ce nouveau disque, sans titre, sentait bon la tentative avortée de renouer avec la rage mélancolique des débuts. On allait l'écouter une ou deux fois, le ranger respectueusement, et passer à autre chose. Et puis soudain, c'est le réveil. Tout à coup, c'est « Life Wasted », du hard rock bruyant et poignant, un chant inouï que l'on pensait ne plus jamais entendre aussi terrible, aussi souple et habité ; tout à coup c'est « World Wide Suicide », et Eddie Vedder continue, impitoyable, et le groupe joue de plus en plus fort. Ce n'est pas Ten – c'est impossible –, mais c'est l'autre : Vs. C'est là qu'est retourné Pearl Jam, d'un coup, sans prévenir. Des années en arrière, par surprise, et avec les meilleurs morceaux que le groupe a écrit depuis cette époque bénie. Merci ?

Merci !

Et la claque tonitruante des premières chansons n'est rien. Tout est encore à venir. Tout est dans « Severed Hand », où l'album devient grand. Quelque part au milieu du guet : la colère s'estompe, Vedder est revenu, il vous prend la gorge. Il chante à nouveau, après tant d'années, avec ce secret qu'il a su conserver, cette voix unique qui apporte toujours cette tristesse insondable au milieu des déferlements métalliques. Et dés lors l'album est en orbite, entre guitares rugueuses et mélodies planantes : « Marker in the Sand » et son refrain déjà classique, puis les ballades, nuancées et aériennes. C'est « Parachutes », longue complainte émue, c'est aussi « Gone » et son atmosphère désincarnée peu à peu durcie. Mais attention : ce disque n'est pas mou. Ses ambiances sont multiples, parfois douces, parfois électriques. Pearl Jam a toujours le sens du riff, comme le prouve « Big Wave », splendide brûlot hard rock qui s'envole en pétaradant le temps d'un refrain hystérique. Là, il faut chanter, il faut soutenir Vedder qui s'arrache les cordes vocales ; il faut s'arrimer au groupe et ne plus le lâcher, le suivre jusqu'au bout et fêter cette incroyable résurrection.

Oublié le grunge, oubliée – aussi – la discographie aléatoire. Pearl Jam a ressorti les guitares, les vraies, celles qui taillent des rythmiques en acier, et Pearl Jam a ressorti les chansons, les vraies : entre agression et émotion, c'est une pluie de tubes. Ten reste sur son piédestal, intouchable. Mais tout ce qui a suivi est balayé sans pitié. Le son est sec et épuré, les morceaux sont courts et directs. On ne se perd pas dans des méandres incompréhensibles. Dès les premières notes de « Inside Job », c'est toute l'inspiration retrouvée qui devient plus évidente : cette capacité à renouer avec le talent des années glorieuses sans toutefois se répéter, en acceptant la maturité. Alors bien sûr, c'est sans véritable innovation. Ce disque aurait pu s'insérer quelque part entre Vs. et Vitalogy. Mais c'est maintenant qu'il sort. Et l'expérience des années fait son originalité : moins prétentieux qu'autrefois, ou disons moins torturé, moins bruitiste aussi, Pearl Jam a su revenir au cœur de son art, en écrivant – tout bêtement – de bonnes chansons. Sans se prendre pour autre chose que pour un groupe qui a été le meilleur du monde et qui lâche ici un nouveau cri de défi, bref et insense, mais qui va résonner longtemps.

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   BAAZBAAZ

 
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- Eddie Vedder (chant)
- Stone Goassard (guitare)
- Jeff Ament (basse)
- Matt Cameron (batterie)


- Pearl Jam
1. Life Wasted
2. World Wide Suicide
3. Comatose
4. Severed Hand
5. Marker In The Sand
6. Parachutes
7. Unemployable
8. Big Wave
9. Gone
10. Wasted (reprise)
11. Army Reserve
12. Come Back
13. Inside Job



             



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