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NEO METAL  |  STUDIO

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ENHANCER - Electrochoc (2006)
Par BAAZBAAZ le 19 Mai 2006          Consultée 2084 fois
Faut-il avoir honte d'aimer Enhancer ?
Tenez, « Dirty Dancing », par exemple.
Les paroles sont pas terribles, les rimes sont bien bourrins.
(« enlève ton pull, vas-y gesticule, avance et recule, faut qu'tu te désarticules »).
Mais ça bouge.
Du rap-métal parfois un peu bas du front mais suant.
Aucun déchet sur ce disque, pas de mauvaises chansons.
Ou alors évidemment elles le sont toutes, selon les critères qu'on adopte. Mais qu'est-ce qu'on demande à Enhancer, au juste ?
Une dissertation de philo entre chaque note ? Non.
Une révolution artistique ? Non plus.
Juste que ça bouge.
Pour ça, le rap-métal (hip-hopcore…) est un bon client. Du moins si on sait l'accompagner de petites mélodies rusées, si on sait alterner les guitares perforantes et les passages plus élastiques : bref, si on sait garder un pied dans le néo-métal le plus élémentaire tout s'autorisant quelques incursions pop.
Voilà, ça, Enhancer le fait très bien. De mieux en mieux, avec un soupçon de maturité.
Enfin, façon de parler. Ce ne sont pas non plus des poètes.
Par exemple si on lit le texte de « Fat », sorte de tirade anti-minceur dont on peut chercher longtemps l'interprétation (hédoniste ?) cachée, on ne peut qu'être sceptique. On se demande vaguement si un effort n'aurait pas pu être fait de ce côté-là.
Et puis tout ça disparaît derrière la musique.
C'est à dire derrière un son convulsif, dur et sautillant, sur lequel se balladent des vocalises parfois approximatives mais toujours jubilatoires. Et puis du rythme, du rythme, du rythme.
On ne peut pas leur ôter ça : ça bouge, ça frétille, ça groove.
Alors, non, pas de quoi avoir honte.

Bon, on connaît ceux qui vont détester ça.
Pour les textes, ça devrait encore aller. Les fans de Rhapsody et de Cannibal Corpse ne devraient pas trop la ramener. Le problème est que là, vous me direz, c'est en français. Donc on comprend et c'est gênant.
Oui, c'est un argument de poids.
Mais tant pis, on s'en tape, et on chante tous en chœur « girls » et ses rimes stupéfiantes.
(minette, bec, jupette, braguette, soubrette).
Chacun peut y arriver, en faisant un effort.
Le vrai problème, c'est donc la musique. Difficile de trouver un consensus.
Bien sûr elle est efficace, mais le rap-métal divise. Tout le monde ne goûte pas l'ivresse incomparable de ce mélange abrupt. D'un côté les esthètes vont réclamer plus de technique et de maîtrise des instruments, de l'autre les puristes vont déplorer l'absence de chaleur et de feeling.
C'est vrai. Ce style hybride n'a d'autre intérêt que l'enthousiasme et l'énergie, au premier degré, à la première écoute. Une sorte d'efficacité instantanée et éphémère.
Et tout qu'on peut répondre aux détracteurs, c'est que Enhancer sait varier les plaisirs.
Pour un « Hot » agressif et roboratif, avec Kool Shen volubile pour la crédibilité rap, on a un « Street Playground » plus accessible et plus sombre, tout en tension et en retenue.
Mais c'est ce qui va chagriner les intégristes du néo-métal : cet album est finalement assez… commercial.
Deux très bons morceaux comme « Electrochoc » et son rythme massif et rampant, et le tubesque « A 100 à l'heure », radicalement pop, n'ont rien de forteresses imprenables. On peut les gravir sans souffrir, et redescendre sans se presser. Et siffloter les refrains le reste de la journée.
On le voit bien, le groupe ne va donc pas convertir ceux qui le haïssent déjà, et il va sans doute perdre quelques fans autoproclamés « hardcore » en chemin (être fan « hardcore » du « rapcore », c'est pas du luxe).


Au final, pour aimer ça, il reste qui ?
Ceux qui n'ont pas envie de snober cette musique par principe – juste parce qu'elle sait se vendre – et qui acceptent d'en reconnaître les qualités.
Si on regarde les chiffres, ça fait un paquet de monde. Avec pas mal de turn-over, sans doute, étant donné le côté assez fugace du plaisir ressenti.
Et ce n'est pas non plus par condescendance, ni parce qu'ils sont français et qu'il faudrait les soutenir. Ce groupe compose une musique qui peut être appréciée pour ce qu'elle est.
C'est vite écouté, vite consommé.
Mais le talent d'Enhancer est là : plaire, ici et maintenant.
Pas demain, ce sera trop tard.
D'ailleurs, ceux qui aiment aujourd'hui Electrochoc s'en seront lassés dans quelques jours.
Pas grave, ils seront remplacés par d'autres.
Ce sera à leur tour de ricaner et de remuer en écoutant « Toxic » (« tu t'es vu quand t'as pas bu ? »).
Personne ne dit que c'est le fin du fin, mais on ne va pas non plus se planquer avec le disque sous le bras ou raser les murs.
Clairement, c'est leur disque le plus accessible, et donc sans doute le meilleur. C'est costaud, rustaud, pas toujours élégant, mais chaque chanson est carrée et franche. C'est mieux que Kyo, que Superbus, que Luke et toutes ces horreurs empilées comme un bric à brac sur le trône trop grand laissé vacant par Noir Désir.
C'est du rap-métal, d'accord. Les rimes craignent, d'accord.
Mais c'est aussi du rock français, en français, et bon pour le service : personne n'a jamais dit qu'il était question d'une œuvre d'art intemporelle et définitive.
Faites la fine bouche cinq minutes, et puis allez écouter « Mes potes ».
(canapé, frigidaire, soirée, galère…).
C'est quand même mieux que « Caravane », non ?




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   BAAZBAAZ

 
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- Bill (chant)
- Vida (chant)
- Nito (chant)
- Difre (guitare)
- Matt (guitare)
- Marq (basse)
- Nejo (batterie)
- Eda (samples)


- electrochoc
1. Intro
2. Hot
3. Dirty Dancing
4. Street Playground
5. Girls
6. Mes Potes
7. La Pression
8. Fat
9. Toxic
10. Electrochoc
11. A 100 A L'heure
12. West Side De Paname



             



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