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IRON MAIDEN - Killers (1981)
Par POWERSYLV le 9 Avril 2005          Consultée 23022 fois
Suite au succès de son premier album éponyme, IRON MAIDEN a déjà conquis son pays natal et sa réputation commence à s’étendre sur le continent, notamment grâce à une tournée en ouverture des peinturlurés de KISS. Cependant, Steve Harris sait très bien que le second album en préparation se devra d’enfoncer le clou.
Tout d’abord, la pochette de l’album est définitivement plus soignée que celle du précédent et frappera les mémoires par son ton agressif. Derek Riggs a doté ce 2ème album d’une œuvre qui impressionne par son réalisme, son agressivité et son soucis du détail. Toujours en train d’évoluer dans les rues sombres de Londres, on y voit Eddie armé d’une machette d’où s’écoule un filet de sang en train d’achever une victime dont le bras agrippe la créature. Rien de tel pour attirer l’œil du fan de heavy metal en quête de hard bien rentre-dedans.

Ensuite, afin d’éviter une production trop approximative, le groupe s’offre (et pour plusieurs albums) les services du fameux Martin Birch aux manettes. Ce producteur anglais est réputé dans le monde du rock et du heavy metal pour avoir travaillé avec des pointures comme DEEP PURPLE ou BLACK SABBATH. Enfin, le guitariste Dennis Stratton qui souhaitait voir le groupe s’orienter vers des rivages plus pop fait les frais de la détermination de l’ombrageux Steve Harris et en paie le prix en étant éjecté manu-militari. On le retrouvera ensuite dans PRAYING MANTIS.
Son remplaçant, Adrian Smith n’est pas un inconnu. Camarade de classe de Dave Murray, il était le leader du groupe URCHIN (qu’il n’avait d’ailleurs pas voulu saborder quelques années plus tôt lorsqu’on lui proposa d’intégrer une première fois IRON MAIDEN). Le duo de guitariste le plus emblématique d’IRON MAIDEN est né. L’impact d’Adrian Smith sur la musique du groupe sera assez palpable dans les années suivantes.

Killers contient encore nombre de compositions de Steve Harris et s’impose comme un disque plus mûr que le précédent, par ses chansons superbement ficelées et sa production excellente cette fois. L’instrumental « The Ides Of March » démarre l’album de façon conquérante, et enchaîne directement sur « Wratchchild », un incontournable du groupe qui est encore souvent joué de nos jours lors des concerts. Paul Di Anno crache son venin dans un marasme de guitares barbares, avec comme toujours la basse de Steve bien mise en avant. « Murders In The Rue Morgue » excelle avec son introduction angoissante, son explosion et son refrain syncopé. Morceau mésestimé, « Another Life » se doit d’être redécouvert pour la pêche d’enfer qui s’en dégage et ses riffs tonitruants. Deuxième instrumental, « Genghis Khan » tout comme son prédécesseur témoigne déjà à l’époque de l’intérêt du groupe pour les faits historiques. Le cadencé « Innocent Exile » et son introduction à la basse finit la première partie.
Le morceau titre de l’album, « Killers », déménage sévère en deuxième mi-temps : on remarquera le travail des guitares et la voix agressive de Paul Di Anno qui rendent ce titre fameux et diabolique. Petite pause avec la ballade « Prodigal Son ». Ce titre est assez atypique d’IRON MAIDEN : Paul Di Anno nous surprend sur ses capacités à chanter dans un registre beaucoup plus soft, rappelant un peu son travail sur « Strange World » sur l’album précédent. Les parties de guitares sont excellentes et se font là aussi plus mélodiques. Le contraste est total avec les 2 derniers titres du disque, « Purgatory » et « Drifter ». Spontané et fonceur, ce dernier est un titre assez ancien qu’IRON MAIDEN a joué pendant très longtemps. Tout cela fait de Killers un album de compromis entre la spontanéité des premières années et un plus dans la sophistication musicale.

Killers établira de façon durable le groupe de Steve Harris comme le porte-flambeau du nouveau metal anglais, et contribuera à étendre sa renommée internationale. Pour preuve, un mini album live intitulé Maiden Japan est enregistré lors de dates au Pays du Soleil Levant et sort la même année.
Malheureusement, la fièvre des tournées et de la célébrité, les excès en tous genres (drogue et alcool) du chanteur Paul Di Anno lui sont fatals. Embourbé dans ce cercle infernal et ne prenant pas conscience des dommages qu’il inflige à ses cordes vocales et au groupe, celui-ci sera congédié par ses comparses. Pour continuer sur la voie du succès, IRON MAIDEN se met alors en quête du frontman providentiel avec lequel il pourra s’imposer encore plus largement. Ce sera chose faite avec l’album suivant.




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- Paul Di Anno (chant)
- Dave Murray (guitare)
- Adrian Smith (guitare)
- Steve Harris (basse)
- Clive Burr (batterie)


1. The Ides Of March
2. Wrathchild
3. Murders In The Rue Morgue
4. Another Life
5. Genghis Khan
6. Innocent Exile
7. Killers
8. Prodigal Son
9. Purgatory
10. Drifter



             



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