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BLEEDING THROUGH - The Truth (2006)
Par BAAZBAAZ le 6 Avril 2006          Consultée 2311 fois

BLEEDING THROUGH bastonne. Aucun doute. Dès que le premier morceau démarre, on est fixé. C'est du Metalcore, du pur, du dur. Et le reste est du même calibre. Pas de concession : on étouffe, on est frappé à l'estomac puis à la tête. On saigne du nez. Le son est rugueux et sale, plein d'aspérités. Les riffs abrasifs s'enchaînent et la voix n'est qu'un infatigable hurlement. Tout à coup, des blast-beats, puis une nappe de synthé, une petite musique qui fait peur : on entre soudain en territoire Black Metal. Voilà l'originalité du groupe : comme tant d'autres, il abreuve sa musique aux sources européennes. Mais il dédaigne le Death Mélodique qui fascine aujourd'hui tant de suiveurs en manque d'inspiration. Avec BLEEDING THROUGH, on change de division. Une pincée de sonorités black à la DIMMU BORGIR, un petit clavier frêle et famélique, une guitare sinueuse… l'espace de quelques secondes, on change de continent, avant qu'un refrain en voix claire et mélodique ne vienne dissiper l'illusion. Et au beau milieu d'une scène Metalcore américaine qui, en même temps qu'elle arrive à l'apogée de sa notoriété, commence aussi à tourner sérieusement en rond, cette ouverture à des influences plus originales donne un regain d'intérêt à cette musique. C'est peut-être un peu artificiel, ça ne fonctionne pas toujours très bien, mais ça chatouille bien l'oreille.

Maintenant, pour un fan de black, c'est peut-être léger. A chacun de voir.

Mais il faut être honnête, ce n'est qu'un moyen de pimenter un peu la sauce. On reste solidement ancré dans le Metalcore à tendance Grind. Pas d'air, pas de répit. Juste des changements de rythme caractéristiques du style, des breakdown au groove bien brutal qui laissent imaginer le massacre dans la fosse le jour du concert. Et puis la fameuse alternance des voix, principalement sur le refrain. On est tranquillement happé par les braillements rauques et écorchés, et soudain : la voix claire. Les plaintes pseudo-emphatiques d'un apprenti chanteur qui tente d'insuffler un peu de profondeur à une musique froide et rêche. C'est la mode, chez les américains. Et parfois ça provoque de véritables catastrophes sonores. On pense notamment à DEATH BY STEREO. Mais il faut s'y faire. Le timbre un peu chancelant, un peu dissonant et forcé des chants « mélodiques » du Metalcore est devenu une sorte de passage obligé, un incontournable. Vu d'Europe, on se dirait bien que ça ne fait que gâcher des compositions par ailleurs hargneuses et consistantes, mais voilà : ça plait, là-bas, aux states. Et reconnaissons que dans le cas de BLEEDING THROUGH, on a le dessus du panier, le gratin du genre. Certains refrains, comme sur "Confession", sont même assez réussis. Un peu de douceur mélodique au milieu des blast-beats, donc.

D'accord, il chante faux. Mais c'est joli quand même.

Sinon, ce troisième album du groupe oscille dangereusement entre des morceaux accrocheurs, variés et parfois – presque – surprenants dans leur structure, et des passages franchement clichés. Une bonne dose de saccades Hardcore, bien balancées et rythmées, pourquoi pas : "The Painkiller" s'en charge très bien. Mais le meilleur se situe à la fin du disque, avec deux titres qui révèlent soudain tout le potentiel du groupe. Tout d'abord le terrible "Tragedy of Empty Streets", le top du top. Un départ tranquille – tout est relatif – puis une accélération soudaine qui nous amène, le temps d'une petite descente de claviers, du côté de CHILDREN OF BODOM. Là, oui, le groupe est bon. Et quand juste derrière se profile "Return to Sender", son intro thrashisante, son tempo irrésistible, et son refrain bordélique mais tenace, on constate combien l'album est inégal. Une série de morceaux de ce calibre, et l'on aurait l'une des révélations du moment. Mais ce n'est pas le cas. Surtout pas avec une ballade moche comme "Line in the Sand", que Brandan Schieppati annone sans trop y croire, et dont la seule utilité est de nous faire comprendre combien l'attirance américaine actuelle pour le Métal européen peut donner le meilleur et le pire… sur un seul disque.

Du coup, ici, on est un peu sonné, un peu saoulé.

On attend aujourd'hui du Metalcore des essais plus aventureux, des expérimentations plus hardies. La scène métallique américaine est un vrai bouillonnement qui donne naissance à des styles nouveaux mais aussi à de vagues parodies de ce qui existe déjà chez nous. Qu'ils écoutent des groupes comme DARK TRANQUILLITY ou IN FLAMES, tant mieux. Mais de là nous en renvoyer des clones en collant juste dessus l'étiquette « Metalcore », et en enrobant le tout dans une imagerie genre « violence urbaine, la rue est mon royaume », c'est limite. Pour cette raison, BLEEDING THROUGH a une carte à jouer. Quand on écoute "Love in Slow Motion", son attaque furieuse, ses cassures rythmiques, ses vocaux grognés et soutenus par une petite ligne de synthé aigüe, son refrain à tiroirs très Heavy Metal, on est tout prêt d'adhérer et de ranger les vieux disques black pour les laisser prendre la poussière. Mais les morceaux défilent, et se répètent tous un peu, avec les mêmes ficelles. Or, le Metalcore n'est pas tout à fait nouveau. Et BLEEDING THROUGH est loin de l'avoir inventé. Pour ceux qui ne connaissent pas ce style, passe encore. C'est sans doute un bon moyen de le découvrir avec ce disque qui a de vraies qualités. Mais pour ceux qui en bouffent déjà depuis quelques années, il sera plus difficile d'être rassasié.

Ceci dit, c'est ça ou BLINK 182…

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   (2 chroniques)



- Brandan Schieppati (chant)
- Brian Leppke (guitare)
- Scott Danough (guitare)
- Ryan Wombacher (basse)
- Derek Youngsma (batterie)
- Marta (claviers)


1. For Love And Failing
2. Confession
3. Love In Slow Motion
4. The Painkiller
5. Kill To Believe
6. Dearly Demented
7. Line In The Sand
8. She's Gone
9. Tragedy Of Empty Streets
10. Return To Sender
11. Hollywood Prison
12. The Truth



             



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