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- Membre : Desmond Child & Rouge

Desmond CHILD - Discipline (1991)
Par BAAZBAAZ le 28 Juillet 2006          Consultée 1701 fois
Vous avez tous aimé Desmond Child, mais vous ne le savez peut-être pas. Chacun d'entre vous, un jour ou l'autre, a fredonné toute la journée l'une de ses chansons. Vous l'avez tous aimé, mais sans l'entendre, sans savoir que c'était lui. Vous avez, comme tout le monde, braillé sur « Livin' on a Prayer » de Bon Jovi en faisant « Woh oh ! » sur le refrain, vous avez hurlé avec les chœurs pour accompagner Alice Cooper sur « Poison ». Et enfin les plus pervers – ou les plus jeunes – d'entre vous ont plus récemment appris l'espagnol en gueulant « Livin' la Vida Loca » avec… Ricky Martin. Mais ça aurait pu être aussi Aerosmith, Bonfire, Chicago, Roxette, Cher ou Joan Jett. A chaque fois, vous avez chanté du Desmond Child, et vous avez adoré ça. Pendant toutes les années 80, et dans une moindre mesure la décennie suivant, il a été le songwriter mercenaire le plus racoleur, le plus putassier, le plus commercial et aussi le plus efficace de sa génération. Il est venu au secours d'un nombre incalculable de carrières musicales stagnantes, enlisées et erratiques. Pour les vieux hard rockers en quête de renouveau, pour les jeunes aux dents longues mais en panne d'inspiration : un seule solution, Desmond Child. Un couplet nerveux, un gros refrain étiré et répétitif, et le tour était joué. La porte des charts s'ouvrait en grand.

On parla même à une époque d'un « syndrome » Desmond Child, tant les artistes concernés étaient ensuite parfois complexés et vexés de devoir une partie de leur réussite à un pur requin des studios qui alignait les tubes avec une précision mécanique et industrielle. Et ils passaient alors le reste de leur carrière à tenter de prouver que, eux aussi, savaient écrire des chansons. Aerosmith, notamment, a su utiliser les talents du fils du démon avant de s'arracher à son influence hypnotique et poursuivre une carrière relancée par ses soins. Mais ce que l'on ne savait pas, c'est que le roi des tubes pompiers et rutilants avait lui aussi des envies artistiques. A la fin des années 70, il avait d'ailleurs sorti quelques disques restés dans l'ombre. Et en 1991, il récidive : un album solo… une œuvre personnelle, qui ne serve pas qu'à gonfler le portefeuille d'ingrats qui le renient une fois le succès venu. Un vrai disque, sur lequel il chante. Car Desmond Child sait chanter, et même très bien. D'où une vraie curiosité, voire presque une attente. Quelles perles ultra-commerciales, aseptisées mais jubilatoires et généreuses peut donc contenir l'œuvre de celui qui, dans l'ombre, a tenu à bout de bras le hard rock de l'époque ?

Aucune. C'est un désastre. Et c'est un fan de Trash ou de Slippery When Wet qui le dit. Pas par plaisir, ou par réflexe, comme l'ont un peu fait les critiques d'alors. Forcément, il était de bon ton de casser le génie racoleur, l'écoeurante machine à tube. Non, il faut l'admettre : ce disque est objectivement atroce. Pourtant, les attentes sont assez limitées. On se doute que l'on a affaire à du big rock FM sans originalité, ce que les américains appellent l'AOR ou encore l'Arena Rock. On ne cherche pas ici le renouveau d'une scène musicale, juste des putains de morceaux efficaces, à la hauteur de ce que Desmond Child a écrit pour les autres. Des tubes à la pelle, des chœurs hystériques sur lesquels s'époumoner. Mais non, désolé. Il n'y a rien de tout cela là-dedans, et ce n'est pas faute d'avoir cherché, scruté, fouillé. On aurait adoré un clône de « House of Fire », un dérivé de « You Give Love a Bad Name ». En vain. Sauf peut-être au début. Les deux premières chansons tiennent à peu près la route et semblent annoncer l'album attendu : avec « The Price of Lovin' You » puis surtout « Discipline », on a deux exemples de rock carré, tendu, avec un refrain bien moelleux et immédiat. On se dit : ça y est, c'est parti. Le Child va nous sortir le grand jeu. Dommage. Car après, il y a six ballades.

Six ballades ? Mais comment peut-on mettre six ballades sur un seul album ? Qui ferait ça ? On dirait l'une de ces compilations thématiques atroces de Foreigner – The Best of Ballads – où l'on se vautre dans ce que le groupe a écrit de plus sirupeux. Comment Desmond Child a-t-il pu tomber si bas ? D'autant que ces ballades ne sont franchement pas formidables. Non, elles sont même parfois carrément insupportables : « Your're the Story of My Life » est une atrocité qui rappelle les passages chantés dans les mauvais Disney… on ne peut s'empêcher d'imaginer une rangée d'animaux saluant la venue du roi lion… personne ne peut décemment aimer ça. Ou alors il faut une sacrée dose de masochisme. Et l'enchaînement des trois dernières ballades à la fin du disque, qui finit en apothéose avec le douçâtre « A Ray of Hope », est une véritable plongée dans l'horreur. Au milieu, on cherche en vain un peu d'air, du rock. On en trouve vaguement, avec « According to the Gospel of Love » et son petit riff un peu convenu rappelant « Black and White » de Michael Jackson. Mais pour y parvenir, il faut passer par un terrible mid tempo, « Love on a Rooftop », qui se rapproche des morceaux laborieux et niais que Bruce Springsteen sortait quand il était au fond du trou, à l'époque de Lucky Town.

Bien sûr, on aurait du s'en douter. Tout seul, Desmond Child a toujours été un peu une coquille vide ; il a toujours eu besoin d'un support, d'un style ; il ne peut se passer de vrais musiciens à qui offrir ses talents. Bien sûr, il y a une marque de fabrique que l'on peut facilement reconnaître. Mais celle-ci s'est toujours appuyée sur le talent d'Aerosmith, de Bon Jovi et de tant d'autres. Sans un interlocuteur, Desmond Child est perdu : il n'a pas de style personnel à offrir. Il n'a que des couplets et des refrains, des chœurs clinquants aux structures assez monotones ; il lui manque l'essentiel, la chair, l'identité. Ce qu'il écrit est une sorte de complément, un ingrédient dans des recettes inventées par les groupes qui font appel a lui. Mais ce n'est pas suffisant pour être capable de proposer, seul, de vraies chansons. Discipline, bien entendu, fut un bide absolu, et Desmond Child n'a jamais récidivé. On ne va pas pleurer, car il a continué à faire des tubes pour d'autres que lui. Et là, il reste le meilleur. Allez, honnêtement, lequel d'entre vous n'a pas chantonné l'un de ses tubes en lisant cette chronique ? Un petit coup de « Livin' on a Prayer » ? Ou peut-être, pour les plus pervers… un peu de Ricky Martin ?




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- Desmond Child (chant)
- C.j. Vanson (claviers)
- Butch Walker (guitare)
- John Mccurry (guitare)
- Tony Levin (basse)
- Vinnie Colaiuta (batterie)


- discipline
1. The Price Of Lovin' You
2. Discipline
3. I Don't Wanna Be Your Friend
4. Love On A Rooftop
5. You're The Story Of My Life
6. According To The Gospel Of Love
7. Do Me Right
8. Obsession Duet With Maria Vidal
9. The Gift Of Life
10. A Ray Of Hope



             



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