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UMBAKRAIL - In Unity Païenne (2001)
Par JEREMY le 21 Avril 2006          Consultée 1579 fois

Mort de rire, le gars ne sait même pas traduire « Païenne » en anglais alors il nous sort un titre qui veut pas dire grand-chose, mi-français mi-anglais, mais qui sonne pas trop mal par rapport à l’image qu’il veut se donner. Enfin, on le pardonne parce que sa pochette est drôlement bien foutue, bien qu’un peu clichesque « heroic-fantasy-cavalier-noir-déchu ». Bon allez, de toute façon, le true black-metal païen underground from France, en général, on sait ce que ça vaut. Des blasphèmes en veux-tu en voilà, des photos des musiciens macabrement maquillés dans le cimetière du village voisin, des paroles tellement philosophiques qu’elles ne veulent plus rien dire (ou alors tellement pathétiques qu’il ne vaut mieux pas chercher ce qu’elles signifient), mais côté musique, on fait moins les malins. De quel bois se chauffe Umbakrail ?

Umbakrail c’est donc un seul et unique personnage, S’aamed, qui s’occupe de tous les instruments (on est true ou on ne l’est pas), et qui vient de la région caennaise, dont la scène black metal est décidemment très active puisqu’elle a déjà donné naissance, entre autres, à l’excellent Blut Aus Nord (il était d’ailleurs question pendant un temps qu’Umbakrail et Vindsval, tête pensante de Blut Aus Nord, se retrouvent sur un projet commun, ce qui n’a apparemment pas abouti). Notons au passage que la majorité des morceaux présents sur « In Unity Païenne » sont juste des copiers/collers de sa précédente démo, « Dome », qui fut plutôt bien accueillie à l’époque.

La première chose dommageable de « In Unity Païenne », c’est le son. D’accord, le black metal se doit d’avoir un son crade, repoussant, mais le grésillement par-dessus les guitares annihile toute forme de puissance qui pourrait s’en dégager, et c’est fort regrettable quand on connaît la qualité des riffs d’Umbakrail. L’intro installe un climat de terreur, avec les cris et les pleurs d’un enfant que l’on imagine enlevé à ses parents et dont les longues notes de claviers rappellent la première piste du « For All Tid » de Dimmu Borgir. Mais dès « On Blasphème Mes Rois », la tension retombe puisqu’on découvre ici la médiocrité du son, qui gâche un morceau plutôt réussi dans l’ensemble. « Mêlant Néants, Désastres et Soumissions » relève le niveau brutalement, son riff principal se trouve relevé d’une splendide mélodie au clavier, l’atmosphère s’installe peu à peu et on commence à rentrer dans l’univers torturé d’Umbakrail. Malheureusement, « In Our Hearts » est bien morne, seul son refrain étrangement murmuré sauve les meubles.

Le chant est d’ailleurs une particularité d’Umbakrail. Ici, le chant black partage l’affiche avec un autre païen, incantatoire, presque scandé, et le timbre original de S’aamed fait de lui un chanteur inimitable, qui en rebutera autant qu’il en intéressera. Le second point favorable au groupe, c’est sa façon d’intégrer le clavier. Certains le noie sous une bouillie sonore, blast-beats, riffs cradingues et basse étouffante, Umbakrail l’emploie avec parcimonie, ce qui rend ses interventions encore plus justes et leur fait prendre d’autant plus d’ampleur. « Like An Orckean Hunger » est un instrumental (ou presque) où seul les claviers prédominent, en longues notes obsédantes. On pourrait penser à l’utilisation qu’en fait Emperor, en plus minimaliste toutefois. « Dome », la pièce maîtresse de l’album, est doté d’un excellent riff, malheureusement dévalorisé par cette affreuse production. Et on y retrouve encore les quelques notes de claviers, au son de cristal développant une mélodie enfantine. Un solo de guitare dans le même esprit pointe le bout de son nez dans le milieu du morceau.

Umbakrail offre avec “In Unity Païenne” un black metal atmosphérique, dont l’originalité se retrouve dans le chant atypique de S’aamed, dans l’utilisation millimétrée des claviers, qui me font globalement penser au Dimmu Borgir que peu connaissent, celui de « For All Tid » et de « Stormblast », et enfin dans les interruptions ‘bande originale de film’ (« The Pagan Ceremony »), qui permettent la construction d’un fil directeur et d’une ambiance angoissante tout au long du disque. Néanmoins, un disque à prendre avec des pincettes, le chant n’étant pas à la portée de tout le monde et tous n’apprécieront pas forcément la boîte à rythme effrénée, qui parvient à se faire oublier au fur et à mesure que l’on avance dans le disque. Mais ça n’empêche pas Umbakrail d’être un groupe à suivre de près, car même si « In Unity Païenne » n’est pas parfait, il est annonciateur de bonnes choses pour l’avenir.

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   JEREMY

 
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- S'aamed (tout)


1. Intro
2. On Blasphème Mes Rois
3. Mélant Néant, Désastres Et Soumissions
4. In Our Hearts
5. Like An Orckean Hunger
6. Dome
7. The Pagan Ceremony
8. In Unity Païenne



             



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