Recherche avancée       Liste groupes



      
POP PSYCHOTIQUE  |  STUDIO

Commentaires (9)
Questions / Réponses (1 / 2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

1991 Mr. Bungle
 

- Style : 6:33
- Membre : Faith No More, Fantomas
 

 Site Fan (151)
 Facebook (273)

MR BUNGLE - California (1999)
Par POSSOPO le 14 Janvier 2006          Consultée 7441 fois

Zim, zoum, rakatapouk, trois mots lourds de sens lorsqu’on évoque le loufedingue Mike Patton, neveu du général mais surtout musicien et cas clinique avéré. FAITH NO MORE a splitté depuis un bon bout de temps, sept années pour être précis, et certains en ont presque oublié que monsieur a un jour chanté en respectant les anciens principes propres à l’art vocal. Il y donc longtemps, Mike Patton était autant considéré comme le crooner de la fusion qu’un précurseur incontournable du néo metal. Et puis, voilà, zim zoum rakatapouk (voir plus haut). MR BUNGLE est sorti de l’ombre, les masses ont découvert la pathologie de leur idole. Pathologie devenue alarmante avec la naissance du projet FANTOMAS, formation insolite, à la limite de l’incongruité, au sein de laquelle le Sinatra du metal s’était décidé à performer, autour d’un nouveau rat pack aussi malsain que l’original. Pas à chanter donc, à performer, à approcher le record, à dialoguer avec l’extrême. L’artiste était perdu, la famille inquiète, les médecins circonspects, les auditeurs totalement désorientés.

Le choix est donc double pour analyser California.
Chant du cygne, dernière œuvre «saine» d’un déséquilibré que nul ne pourra sauver ou parenthèse amusante, détour au milieu d’un chemin certes sinueux mais somme toute logique.
La deuxième option est plus osée, donc plus intéressante. Attardons-nous-y.

Le premier paragraphe oublie quelque chose et certainement même l’essentiel.
Non, MR BUNGLE n’est pas un groupe facile à écouter, mais disons bêtement qu’il se mérite. Oui, FANTOMAS est une créature étrange et changeante, absconse pour beaucoup mais chacune de ces métamorphoses satisfait quelques oreilles.
Pour faire simple, MR BUNGLE n’est pas qu’un ensemble de mouvements hétéroclites, FANTOMAS n’est pas qu’une soupe au bruit.

California ne serait donc pas si éloigné que cela des premiers essais du groupe. Et c’est en s’intéressant de très près au titre du disque que l’on s’aperçoit que California est du MR BUNGLE pur jus, une œuvre maligne, tout en deuxième degré, et profondément malsaine.
Car l’étonnant décorum, une pochette étrange qui m’évoque, je ne sais trop pourquoi, les Beach Boys, cette curieuse patine mêlant pop et music-hall, repose sur un magma de perversité, de malveillance et de venin mortel.
Oui, California est très probablement une caricature, caricature de cet état connu pour ces blondes huilées à l’autobronzant, épilées à la pince à épiler, siliconées à la silicone, pour son industrie du cinéma qui déborde de clichés risibles, pour son climat soi-disant merveilleux, en fait particulièrement étouffant dans la plupart des contés, pour ses rappeurs milliardaires, dont la vie est plus en péril que les pires oligarques russes et grands consommateurs de ses blondes huilées à la pince à épiler.

Cet album n’est donc en aucun cas un ovni dans la carrière du groupe, ni celle de son chanteur.
Mais alors pourquoi est-il différent quand même, hein, on peut savoir?
Si FAITH NO MORE était accessible à la planète entière, si les premiers efforts de MR BUNGLE et les disques de FANTOMAS font preuve d’une liberté artistique totale et d’une indomptable folie, California semble mal assis, le cul entre deux chaises. En tant que caricature, il se devait de dessiner une première esquisse relativement fidèle du plus puissant état américain. Et en tant que caricature, il devait ensuite grossir le trait, insister sur certaines particularités et insérer ça et là quelques boursouflures.

Ce qui aboutit à un ensemble à l’écoute bancale. En mariant pop acidulée, envolées lyriques et délires Bunglesques, le groupe effectue un mélange des genres qui déroute tout le monde. Les adeptes de MR BUNGLE regretteront les nombreuses sucreries musicales, les novices et les fans de FAITH NO MORE seront pétrifiés de peur. J’ai lu quelque part que California était de la lounge music psychotique. C’est bien possible.

Alors oui, California n’est peut-être qu’une demi réussite et le cocktail proposé est certainement mal dosé. Mais l’intention était louable et MR BUNGLE ne se contredit pas, il bénéficiera donc de ma prétentieuse indulgence.

A lire aussi en DIVERS par POSSOPO :


SYBREED
The Pulse Of Awakening (2009)
Cyber, metal, ebm...




MAUDLIN OF THE WELL
My Fruit Psychobells...a Seed Combustible (1999)
Le prince du grand écart est né !


Marquez et partagez




 
   POSSOPO

 
  N/A



- Mike Patton (vocaux)
- Trey Spruance (guitare, claviers)
- Trevor Dunn (basse)
- Danny Heifetz (percussions)
- Clinton Mckinnon (sax tenor, clarinette, clavier)


1. Sweet Charity
2. None Of Them Knew They Were Robots
3. Retrovertigo
4. The Air-conditioned Nightmare
5. Ars Moriendi
6. Pink Cigarette
7. Golem Ii: The Bionic Vapour Boy
8. The Holy Filament
9. Vanity Fair
10. Goodbye Sober Day



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod