Recherche avancée       Liste groupes



      
METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

Commentaires (5)
Questions / Réponses (1 / 2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

 Site Officiel (197)
 Myspace (120)
 Chaîne Youtube (160)

ANTHROPIA - The Ereyn Chronicles (part I : The Journey Of Beginnings) (2006)
Par JULIEN le 7 Octobre 2006          Consultée 7139 fois

ANTHROPIA, The Ereyn Chronicles ... eh bien, avec un tel intitulé et une bannière claquant au son d’un imaginaire Heroïc Fantasy, l’on ne tarde guère à formuler l’hypothèse d’un énième combo de Speed symphonique, avec double grosse caisse surexcitée, émule exalté de Malmsteen à la six cordes épileptique, pianoteur maniaque aux claviers et chœurs piqués à l’Opera de la cité ... et quand l’ouverture à la RHAPSODY de cet album concept, intro sobrement intitulée "Welcome To Ereyn", se fait préambule d’un "Question Of Honour" aussi accrocheur que prévisible dans son amorce, tonnant d’une cavalerie Speed classique ... eh bien, l’on se dit, dans un gargarisme repu de satisfaction, que notre flair n’a pas failli ! Mais tout de même, ce premier titre ne s’en trouve pas moins enfanter d’un bémol certain, alpagué dans une trame éminemment complexe, galbée d’une recherche sonore conséquente, et couplée d’un travail saisissant sur les arrangements. Et quand surgissent ces envolées vocales lyriques et majestueuses, puis ce court break Power-Thrash, escorté de solos de clavier typé Speed Prog, on se dit que le tableau pourrait bien, finalement, s’étoffer de nuances imprévues ...

Et de fait ! ANTHROPIA, avec ce premier recueil, emmène l’auditeur en des terres au sol abondamment foulé ... mais c’est pour mieux y déceler l’un ou l’autre chemin de traverse, le petit sentier malicieux que trop de cavaliers, le regard captif d’un horizon étriqué découpant leur vision du monde, ne font que piétiner des sabots d’une monture chaussée d'oeillères ... des trésors de créativité qu’ANTHROPIA, lui, n’a pas omis de considérer, du haut d’une certaine humilité, dissertant avec l'ambition de celui qui entend récolter quelque motif d’originalité. Que l’on considère l’excellent "Lords Of A World", et l’on appréhendera mieux le relief de la promenade à laquelle nous convie ANTHROPIA : Entame Guillerette classique qui annonce le plus bâteau des titres Speed à la mode ... et qui trébuche aussitôt sur la pesanteur d’un riff quasi Power, que n’aurait pas renié SYMPHONY X ou KAMELOT. Un riff écorché par une guitare en larmes acides, se concertant avec la force évocatrice de choeurs atteints de gravité, temporairement écartés de la scène par une pluie de notes arrachée aux claviers, dévalant la pente sur laquelle s’ouvrage un superbe solo véloce ... avant le retour à la menace rythmique réfrénée initiale et à ses choeurs solennels.

Vous l’aurez saisi, toute la force d’ANTHROPIA réside dans le refus d'un squelette structural désormais élimé à force d’exploitation ; dans cette faculté à essorer les schémas types d’une poigne ferme, indiquant à l’auditeur d’autres chemins ... Des sentiers fort séduisants, où le Speed s’amourache volontiers du Prog, concluant un pacte entre le mordant de la vivacité Speed, une somptueuse consistance orchestrale, et une technicité mise au service de compositions s’offrant le luxe d’arabesques alambiquées, tutoyant le gouffre de la démonstration sans jamais y verser. Il suffira d’aborder les huit minutes du monumental et quasi instrumental "Through The Sleeping Seaweed" pour s’en convaincre, quand la noirceur des riffs travaillés de rictus et l’emphase des chœurs se joignent à de purs instants de douce nostalgie, sans écorner un final grandiose aux allures de cathédrale hantée d’âmes tournoyantes ! Et je ne parle pas de l’irrésistible speederie complexe "In The Maze Of A Nightmare", dix minutes flamboyantes traversées de riffs ardents à la VIRGIN STEELE meets AINA, embardées Speed musclées à s'en briser la nuque (quelle introduction !), joutes Prog et accalmies de pianos... et qui se font le prélude copieux du chef d’oeuvre de clotûre, "The Desert Of Jewels", porté par une dimension symphonique assez impressionnante - possédant quelque accointance avec l'évocation cinématographique -, et habité d'un solo de guitare ennivrant, offrant une volupté proche de la musique Classique.

Oui, ce qu’ANTHROPIA nous propose là, avec son premier essai, n’est pas un disque de Speed Symphonique de plus ... Certes, le chant adopte des contours un peu verts, le coffre réclamerait une cavité plus profonde et certaines escalades de notes aiguës pourra susciter la circonspection ... comme l’on s’étonnera de quelques lignes de chant presque maniérées, à la façon d’un Mike Patton (ex-FAITH NO MORE) période The Real Thing (si si ! écoutez la deuxième section de "Forgotten" ou l'étonnant "Lion-Snake" au riff introductif énorme !). Mais il n’en reste pas moins que cet album s’auréole d’une vision plus élevée du genre, attestant d'une tentative réussie de porter, au-delà de cîmes déjà parcourues, un genre qui a tendance à se complaire dans des dérives majestueuses exponentielles ... allant jusqu’à négliger le fond pour mieux nous cajôler d’un leurre : celui de la forme.

ANTHROPIA a le mérite de concilier un soin majestueux à l’exploration approfondie des possibilités laissées en sommeil par tant de musiciens ; Des arguments appelés ici à nourrir de vitalité une musique pleine de rebondissements, empreinte d'une multitude de sentiments (le début toute en plénitude de "Forgotten", rappelant largement le superbe "Silence" de GRAVE DIGGER), de puissance gainée de noirceur ainsi que la stimule le génial SYMPHONY X ("Lords Of A World" ...) et certains instants de SAVATAGE ou ANGRA (le riche second versant de "Forgotten"), avec cette touche orchestrale et finement ouvragée de claviers, pianos, breaks multiples tantôt massifs tantôt subtils, sans oublier des solos de guitare magistraux ... Soit une impressionnante créativité s’exonérant de prétention, ce qui n’est pas donné à tous, et autorise l’élaboration de titres aux touches marginales : ainsi la pieuvre "Lion-Snake" et son duo masculin-féminin, l’ouverture à la TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA qu’est "The Walk Among The Ruins", ou le plus reposant et intimiste "Where The Secrets Lie" et son alliance Jazz-Prog-Blues sur gros riffs saturés (on n’est pas si loin que ça de LIQUID TENSION EXPERIMENT), avec voix trafiquées en opposition à quelques jets de ressentiment et à un refrain plus classique.

Avec son « The Ereyn Chronicles », ANTHROPIA signe ainsi un premier essai bluffant : la diversité de la chose permet d’apprécier sans lassitude les soixante dix minutes occupées par ce récit, la musique elle-même surprend par sa luxuriance jamais dégoulinante d’arrangements pontifiants, et la production de Willdric Lievin, sans être aussi spectaculaire que chez certains, demeure de premier ordre, loin du clinquant habituel, et permet d’apprécier le sérieux et l’implication de l’artiste... "L’artiste" ? Eh oui ! Vous ne le saviez pas ? ANTHROPIA est, en effet, l’œuvre d’un seul homme, Hugo Lefebvre, accompagné du jeune et excellent Damien à la batterie (ASSACRENTIS entres autres ...). Et de surcroît, ces jeunes talents sont français ! Nom d'un petit schtroumpf ! Et vous, vous seriez prêts à rater l’éclosion du projet Speed Prog Symphonique le plus excitant qu’il m’ait été donné d’écouter depuis fort longtemps ?!?

Avant d'attribuer à la chronique la note fatidique (suspens), il est à noter que ce disque fait l'objet d'une toute première édition cette année, le groupe ayant eu la joie d'être signé dans la prestigieuse écurie Magna Carta. Une signature que l'on peut d'ores et déjà féliciter et qui prouve que les groupes français peuvent se faire remarquer à l'international. Une nouvelle mouture donc, disponible dans nos bacs ce 09 Octobre 2006 (sorti déjà le 12 Septembre 2006 chez ces veinards d'Américains) et qui possède quelques re-aménagements : une nouvelle pochette et également des parties de chant re-enregistrées pour l'occasion.

Note : 4.5/5

PS : Comme les observateurs l’auront remarqué, un sous-titre se mêle de la chose : « Part I : The Journey Of Beginnings »... Ainsi n’ai-je qu’une chose à ajouter : Vivement le Part II !
PS 2 : Voici l'adresse internet du groupe, où vous pourrez trouver notamment plus d'informations sur l'histoire relatée dans cet album concept : http://www.anthropia.org

A lire aussi en METAL SYMPHONIQUE par JULIEN :


THERION
Lemuria (2004)
Une pépite signée par ce génie du metal orchestral




Luca TURILLI
The Ancient Forest Of Elves (1999)
Metal symphonique


Marquez et partagez




 
   JULIEN

 
  N/A



- Hugo (tout le reste !)
- Damien (batterie)


1. Welcome To Ereyn
2. Question Of Honour
3. Lords Of A World
4. The Edge
5. Through The Sleeping Seaweed
6. Forgotten
7. Lion-snake
8. Where The Secrets Lie
9. The Walk Among The Ruins
10. In The Maze Of A Nightmare
11. The Desert Of Jewels



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod