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MESHUGGAH - Catch 33 (2005)
Par POWERSYLV le 30 Mai 2005          Consultée 11449 fois

Voici quelques années que les Suédois de MESHUGGAH font parler d'eux pour leur capacité à repousser les frontières d'une thrash/death nordique vers des horizons insoupçonnés. Dire que ce groupe existe depuis 20 ans (de 1985 à 1987 sous le nom de METALLIEN) ! Il y aura eu aussi des années de galère, des changements de personnel, des albums marquants (Destroy Erase Improve en 1995, Chaosphere en 1998) et une période de silence avant que le guitariste/mentor du groupe Fredrik Tordendahl ne relance réellement la machine en 2002 sous la marque de l'album Nothing. Celui-ci eu un impact certain dans le milieu du metal avec son thrash/death mâtiné de sonorités psychédéliques et de tempos inhabituels. Et on n'avait encore rien vu. En 2004, le EP I donnait ses lettres de noblesse à un combo imaginatif et qui ne cesse de jouer un rôle de trublion en osant un unique morceau de 21 minutes ! Encensé par des artistes novateurs et progressistes tels SOILWORK ou DEVIN TOWNSEND, I n'était pourtant qu'une amorce de ce qui allait suivre.

Car ici, avec Catch 33, l'audace des nordiques trouve tout son sens. N'essayez pas de trouver de fil rouge ou de tracer les structures de leur musique, vous perdrez votre temps. Syncopes, structures à 1001 lieues d'un quelconque tempo binaire, vocaux écorchés, ambiances à 180° par rapport à la minute précédente, son lourd, riffs hypnotiques, passages plus atmosphériques avec vocaux électro ... un joyeux bordel, mais un bordel organisé et maîtrisé comme j’aime. MESHUGGAH a encore décidé de ne rien faire comme tout le monde et d'envoyer les conventions aux orties. Même les plages du CD ne sont pas respectées car une même construction peut chevaucher 2 voire 3 plages consécutives ! Se familiariser avec ce gros bouillon de culture concocté avec amour demande du temps car quand on ne connaît pas la musique des suédois, on a l'impression à l'écoute de ces redoutables 46 minutes de ne pas avoir de point d'accroche, de faire du trapèze au dessus d'un lac de lave ... bref, de perdre les repères conventionnels.
En même temps, c'est ce qui fait le charme de cet album et sa spécificité. Avec les premiers titres (« Autonomy Lost », « Imprint Of The Un-Saved »), on évolue dans ce qui est le style le plus emblématique du disque, à savoir du bon riff bien gras, répétitif et hypnotique. On se laisse prendre par ces grosses spirales de guitares dont on ne trouve plus la sortie, une impression corroborée par les enchaînements quasi-systématiques et sans coupures des morceaux. L’ambiance générale du disque est sombre, lourde et oppressante … tout ce que j’aime. Jens, le chanteur se donne à 200% avec la plupart du temps des vocaux bourrins limite hardcore qui se greffent à l’aise dans cette marmite en fusion. J’arrive maintenant à ce qui m’impressionne le plus dans cet album et qui m’a carrément soufflé : les rythmiques. J’ai rarement entendu des rythmes si recherchés et alambiqués sur un album de metal. Mais comment font les 5 musiciens pour survivre au milieu de ces nombreux breaks et syncopes aussi décousus ? Car batteur, basse (et ça claque bien !) et guitare rythmique sont carrément dans une osmose parfaite malgré la difficulté des constructions. Chapeau.

L’album malgré ses riffs hypnotiques réserve bien des surprises qui font qu’on ne s’ennuie aucunement à son écoute. Des exemples ? Cet arrêt intempestif en plein milieu du disque, comme si on avait d’un coup débranché la machine ou comme si les plombs avaient sautés (« Mind’s Mirror »). Une voix robotisée sortie d’un futur cybernétique survole alors un silence de mort, avant qu’une guitare isolée, morbide et rescapée de l’apocalypse sonore précédent ne relance petit à petit les hostilités. Dans ce climat inquiétant, un glas retentit et lance sans prévenir une déflagration : « In Death – Is Life ». La suite (« In Death – Is Death ») est un titre de plus de 13 minutes (sur 36 !) complètement déjanté, avec un passager psychédélique qui surgit sans crier gare à la moitié du morceau et qui dure jusqu’à la fin. Ou alors cette mitraillette sonique (« Personae Non Gratae ») qui vous fonce dessus telle un cochon sauvage corse qu’on aurait dérangé pendant la « pauuuuuuse ». Quelle dérouillée mes enfants ! La fin du disque est oppressante à souhait (« Dehumanization », « Sum »), difficile de rester de marbre devant cette technique et ces climats qui vous saucissonnent et vous saisissent en tenaille pour ne plus vous lâcher.

MESHUGGAH a bel et bien atteint son but, tant il est difficile de revenir indemne d’un tel voyage sidéral … et sidérant ! L’emprise de cette rondelle sur le cortex est ébouriffante. Messieurs, vous avez fait un nouvel adepte qui, dans l’euphorie la plus totale n’a pas chômé pour relancer le disque illico presto, preuve que ce Catch 33 est un grand disque, assurément. Un skeud qui laissera des traces dans le patrimoine métallique par son côté désarmant, anti-conventionnel et attachant. Car même si le succès commercial paraît difficile pour une œuvre de cet acabit, on ne peut que saluer la démarche artistique vraiment novatrice, l’audace et le talent de ces vikings visionnaires d’un âge encore à venir. Une véritable bombe de metal extrême et intelligent qui nul doute fait partie de mes meilleures surprises de l’année en matière. MESHUGGAH est un groupe avec qui il faudra compter, c’est sûr.

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- Jens Kidman (chant)
- Marten Hagstrom (guitare)
- Fredrik Thordendal (guitare)
- Dick Löwgren (basse)
- Tomas Haake (batterie)


1. Autonomy Lost
2. Imprint Of The Un-saved
3. Disenchantment
4. The Paradoxical Spiral
5. Re-inanimate
6. Entrapment
7. Mind`s Mirrors
8. In Death - Is Life
9. In Death - Is Death
10. Shed
11. Personae Non Gratae
12. Dehumanization
13. Sum



             



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