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BLACK/DEATH METAL  |  STUDIO

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BELËF - Infection Purification (2005)
Par MOX le 20 Avril 2005          Consultée 1993 fois

Il suffirait de laisser de côté, le temps d'un album, les recherches de subtilités. Arrêter de courir après le groupe qui fait évoluer la musique, éviter momentanément de mépriser celle qui ne donne pas à réfléchir. Ne peut-on pas se contenter d'un bruit plus ou moins construit sans nécessairement vérifier si un semblant de profondeur saute aux yeux à la lecture des paroles? A en lire mes déclamations, on pourrait en conclure que j'invite à écouter, voire à apprécier, une quelconque chanson d'Alizée et à s'abrutir sur un jeu télévisé des plus simplistes et vendant du rêve. Ah, je ne parle pas de facilité...Je vous vante les mérites d'un extrémisme, dont on ressort aussi peu intelligent que l'on y était entrés. Il vous suffirait de jeter une oreille sur Belëf.

Et quoiqu'il en soit, je vous y encourage chaudement, sachant pertinemment que l'expérience sera douloureuse. Il n'y a certainement pas d'autres catégorie possible pour cataloguer ce premier album: hybride black/death. L'on pourrait désormais scinder la chronique en deux selon le lecteur. Premièrement: vous aimeriez bien savoir de quoi il en retourne, parce que le mélange vous intriguera toujours. Soit. Deuxièmement: vous avez déjà une vague, ou très précise, idée du genre. A ceux qui appartiennent au deuxième groupe, je les invite à rester sur leur vision et à l'appliquer stricto sensu à Belëf. Mais consciencieusement, j'essaierai, aussi adroitement que je pourrai, de délivrer quelques idées aux ignorants (sans aucune connotation péjorative).

Généralement, un chant typique du black-metal. Bingo. Vous aurez droit ici à un éraillement à rapprocher de Jeff Walker (CARCASS) et à une diction indéchiffrable. Il s'agit d'une part de marteler l'auditeur de rythmiques guerrières (à emprunter au registre black-metal) et de le perdre dans une construction noueuse des morceaux (leitmotiv du death-metal). Il en résulte donc une musique excessivement dense, parsemée d'allusions plus ou moins sataniques, de sang goût ketchup et de blasphèmes tirés de perles telles que "L'exorciste". Belëf vient ainsi grossir les rangs de cette frange quasiment caricaturale, et dont on retiendra en priorité l'impressionnant travail d'Orifist -batteur- déjà remarqué sur IMPERIAL SODOMY pour sa cadence et sa maîtrise des fûts. Les idées? Sur fond de chars d'assauts, la formation déverse un flot de brutalité extrêmement touffu constituant un motif répété sur l'ensemble de l'album.

Les premières boules de violence passent aisément, et bien qu'il soit impossible d'entrer de plain-pied, l'alliance de schémas décousus, de riffs sanguinolents et de batterie martiale étouffe d'abord, et convainc ensuite. Oui, quelques mélodies bien trouvées accompagnent ces blast-beats efficaces, car d'une constance effarante. Prudemment on repère l'évolution des guitares, continue, tandis que derrière le groupe s'évertue à rester apocalyptique. La recette est alléchante, le gâteau réussi et goûteux. Mais lorsque la maîtresse de maison révèle la quantité phénoménale dudit gâteau qu'elle cachait et qu'il faut absolument engloutir, l'affaire devient inquiétante. Et pressement, s'il vous plaît. Belëf n'en finit pas de violenter et cède rarement au verre d'eau après la fourchetée. Il vient un moment où les dents du fond commencent à nager et où la recette ne fait plus aucun effet. Pire, elle en devient écoeurante. Belëf termine aussi abruptement le morceau qu'il débute le suivant et n'essaie plus de varier les plaisirs. Mêmes longueurs, mêmes riffs, mêmes tempos et mêmes breaks. Que ce soit ARKHON INFAUSTUS ou ANTAEUS, aucun des deux n'est aussi extrémiste, et heureusement car on frise le ridicule et la parodie.

Il faudra attendre l'ultime composition pour retrouver une certaine originalité (quelques cordes plus vivantes) dans ces breaks faits de guitares bruitistes et de peaux maltraitées. Ce sera d'ailleurs cette espèce de machine à la batterie qui raflera tous les lots, ne laissant que quelques miettes aux autres musiciens bien moins géniaux. Par conséquent, si vous souhaitez vous renseigner sur les musiques métalliques ultra denses et brutales, tentez un bon coup d'écarquillement oculaire sur du Belëf, écarquillement qui conduira soit à un fou rire soit à une adhésion totale. Vous serez alors "le passionné", la seule personne à laquelle je recommande ce condensé d'énergie.

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- Mordred (chant)
- Bramthor (guitare, basse)
- Adramelech (guitare)
- Gogor (batterie)


1. Brutal Destruction
2. I Need Enemies
3. Torment Dominator
4. Man Slayer
5. Barbarian Steel
6. Corpse
7. Yeincut Exctasy
8. Immortal Abomination



             



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