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ROCK MéLANCOLIQUE  |  E.P

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ALCEST - Le Secret (2005)
Par MOX le 4 Avril 2005          Consultée 6055 fois

Parti, comme à mon habitude, pour arpenter quelques chemins d’une forêt où je n’avais pas encore posé le pied, j’eus cette sensation bizarre qu’on m’épiait alors que je foulais un sol moelleux et vert, conséquence de plusieurs jours de pluie. Je tergiversais en hésitations, m’étant déjà un peu trop enfoncé dans ce milieu sauvage, sans pouvoir m’assurer que je retrouverai mon sentier. A l’intérieur de cette petite clairière, les rayons du soleil transperçaient une brume matinale persistante et venaient choir sur cette herbe parfaite et unicolore. Peu importe où je me trouvais, j’étais à présent en train de me supplier de ne pas céder à une sensibilité exacerbée, touché mais surtout intrigué par des bruits d’eau et d’oiseaux printaniers. Situation embarrassante, presque trop belle, presque trop convenue. J’avançais méfiant.

Apparut alors un ménestrel bondissant muni d’une cithare, je nageais en plein anachronisme. Pourtant, la mélopée sereine et résonnante qu’il jouait me charmait, et tel le Joueur de Flûte de Hamelin, m’entraînant plus profondément dans ce lieu indescriptible dont je ne peux, à partir de maintenant, que décrire des bribes. Car à peine a-t-il eu le temps de me mener dans un endroit où, je me souviens, quelques hauts arbres disposés en cercle s’étaient détachés du reste de la forêt devenue encore plus sauvage, qu’il joua une ultime note douce, me laissant à moitié conscient face au réveil de cette Nature. Je le distinguais encore, jouant plus fort mais bien plus simplement, saturant l'air de ses notes et de son tempo binaire, générant ainsi un vent qui s’emparait de moi. Une sorte de brume, très personnelle, qui émanait des feuilles et de la terre, faisant naître en moi un mélange de joie et de mélancolie. Il gonflait tellement mon corps qu’il m’obligea à bouger pour m’exprimer, à danser et à tournoyer dans cette pièce à dominante verte, intime au possible.

Et le voyage ne s’arrêtait pas, le ménestrel empoignant son instrument avec plus de vigueur, sortant de sa poche quelques minuscules cuivres et percussions, qui apportait au tout une dimension presque triomphante. Je souffrais. Douleur qui s’estompa quand, dans un concert de vie cachée et de musique, une véritable montée en puissance m’immergea complètement dans ce lieu innocent, inexistant et sans humains. Rare bonheur teinté de tristesse, tristesse de ne pas vivre et être constamment dans cet état d’esprit, j’étouffais et j’attendais que ce musicien itinérant calme sa magie. Il s’exécuta, me donna quelques instants de repos déchirants agrémentés de murmures. Se peut-il qu'un rock aussi simple dégage tant de mélancolie?

Mais je repartais déjà, la seconde salve étant censée dissocier entièrement ma conscience et mon corps. L’entrée en matière faillit me réveiller, chants irréels un peu faciles, mais heureusement le ménestrel maintint le charme en m’abreuvant à nouveau de musique simple, brute, cria avec un ton rauque et très profond l’explosion de joie que je ressentais derechef. Manipulant les notes de manière à créer un effet tournoyant, je gisais debout, prêt à pleurer et à accompagner son cri. Je m’habituai pourtant à ses effets, et sortit de ma léthargie peu avant la fin, connaissant par cœur ses tours de passe-passe.

Déstabilisant. Intrigué par un sublime artwork signé Andy Julia, à première vue doux et sage, intrigué par des samples classiques pour créer cette atmosphère naturelle, je jetai une oreille curieuse mais détachée à cette sortie peu banale de Drakkar Productions. Le son nécessitera une amélioration mais la maîtrise d'un style, développant longuement ses ambiances au moyen d'une musique douce et profonde, est là et je ne pus m’empêcher d’adhérer quasi-complètement à ce rêve innocent, vide de toute civilisation, célébration d’un monde devant nos yeux, souvent invisible, que Neige tente de nous révéler. Essai à transformer.

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