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BLACK DEATH  |  STUDIO

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ABUSED MAJESTY - Serpenthrone (2005)
Par MOX le 16 Mars 2005          Consultée 1608 fois

A première vue, le dosage en levure est suffisant. C’est alors que vous mettez, rassurés, votre soufflé dans le four et que vous restez comme un enfant devant la plaque vitrée à vous émerveiller du gonflement soudain de la pâte. Seulement, vous avez un peu de mal à jauger le temps nécessaire à la cuisson, et en sortant, tout fiers, votre plat en forme de ballon de baudruche, vous ne pouvez arrêter le rétrécissement tout aussi soudain de ladite pâte qui vous rend par la même occasion un peu raplapla comme dirait Gaston. Mais vous n’en faites qu’à votre tête et tentez de réitérer l’expérience. Tintin ! Une fois dégonflé, même toute la volonté du monde ne suffira pas pour retrouver la majesté originelle du soufflé.

Intéressant métaphore concernant cet album d’Abused Majesty, n’est-il pas ? Ces Polonais signent là un essai conceptuel au sujet d’un « mythique » roi des serpents, aussi peu aéré qu’une chambre d’étudiant, et dont DIMMU BORGIR et BEHEMOTH, rencontrés sur Internet, pourraient jouer le rôle des parents. Mais après le divorce, c’est le père qui rapatrie son rejeton dans sa contrée (autrement dit : BEHEMOTH). Il lui apprendra alors les changements de rythme, les morceaux courts mais complexes ainsi que l’intérêt que l’on peut trouver dans les récits fantastiques. Or, avant cela, Abused Majesty avait eu une éducation essentiellement faite par la mère. Ainsi quelques signes révélateurs du temps passé en Norvège ne trompent pas, notamment l’accent du coin (que Shagrath, on s’en souvient, avait) et la nostalgie des berceuses que chantait la mère, tournées autour de batterie mécanique et de claviers considérés comme noirs et aériens.

Un contexte socioculturel dans lequel a grandi, difficilement si vous le voulez, le petit Abused Majesty, récitant ses leçons avec une rare exactitude. Au début tout du moins. Musique puissante (BEHEMOTH a des relations haut placées, aucun problème pour l’enregistrement donc) servie par une surenchère de blast-beats et de guitares tranchantes. Le professeur écoute attentivement l’élève (n’y voyez là aucune prétention de ma part…), presque captivé par son souci de perfection : morceaux riches en breaks et nécessitant de cette manière plusieurs écoutes, claviers discrets concoctés par l’autorité maternelle, batterie intéressante. Un sourire s’esquisse derrière sa moustache, il y a de l’intonation dans sa récitation, une envie de bien faire, comme ses parents. Il reconnaît quelques riffs noirs propulsés par des guitares rapides, un ensemble jamais linéaire, un chant oscillant entre black et death. La place trop importante que peuvent prendre les claviers l’étonneront toujours un peu, cassant ainsi le rythme furieux souhaité, mais il ne regrette pas d’entendre des élèves reprendre aussi bien le flambeau. Peu importe s’ils ne remplacent pas le morceau de bois incandescent.

Mais tout à coup, c’est le trou de mémoire. Au fond de lui, l’élève le sent, c’est la charmante nouvelle conquête de BEHEMOTH, DISSECTION, qui vient troubler son esprit. En pensant à elle, il commence à décocher quelques riffs plus techniques et plus recherchés, souvent moins véloces, et oublie de ralentir la batterie. Le professeur est stupéfait en voyant l’élève baragouiner des breaks improbables et des incohérences de tempo. Il tente de se reprendre en restant muet quelques secondes, laissant ainsi le temps à des interludes de se former. Puis, il semble retrouver ses mots, synchronise à nouveau des cordes noires et des claviers évoluant dans le domaine du fantastique avec une batterie décidément imposante. Mais en fait, Abused Majesty est toujours aussi peu sûr de sa leçon et trouve désormais des moyens dérivés pour recoller les morceaux. Passages plus lourds, véritables « conclusions » mais comme dit précédemment, on ne regonfle pas aussi facilement un soufflé, et l’enveloppe agressive n’a cessé d’être de moins en moins percutante au fil de la prestation.

Le professeur a bien remarqué ses écarts, ses mélodies un peu trop doucereuses, ses instruments qui n’avaient pas l’air de jouer sur le même terrain parfois. Mais il n’a pas oublié que l’élève y a mis du sien au début et est au courant de la situation familiale conflictuelle. Il convoquera alors les parents pour en discuter.

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- Hal (basse, chant)
- Icanraz (batterie et percus)
- Socaris (guitares)
- Ghaez (claviers, chant)
- Maar (guitares, chant)


1. A Dream Of Sleeping Warriors
2. The Path Of Sword
3. Reviving Of The Master Of The Dead
4. The Crown Of The Serpentine King
5. The Fall Of Black Fortress
6. A Burning Army
7. Upon The Throne Of Serpents
8. Ravens Brought Them Victory
9. The Inferno That Took His Life
10. The Epilogue - A Prophecy : The Fall Of



             



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