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BLODSRIT - Helveteshymner (2004)
Par MOX le 5 Février 2005          Consultée 1715 fois

Il semblerait que certaines traditions soient immuables. Songez à ce que vous imagineriez si je vous présentais un album d’un groupe de black-metal suédois, point barre. Vous auriez en tête les méfaits des stakhanovistes MARDUK, des brutaux DARK FUNERAL, SETHERIAL, NAGLFAR, peut-être même un FUNERAL MIST si vous vous y connaissez un tant soit peu. Vous n’auriez en fait pas tort de craindre que ce Blodsrit joue dans la même cour. Exactement la même. Et la sauce est même de plus en plus proche de l’originelle, née dans des coulées de béton comme « Those of the Unlight » ou encore « The Secrets of the Black Arts ». « Helveteshymner », troisième galette des suédois (non ? Sans blague ?), concentre sa véhémence, à l’instar desdites formations primitives, sur une batterie excessivement présente, des riffs de sauvages et un rythme pas forcément des plus simples à suivre.

Tout commence gaiement avec un artwork bien léché ne sombrant pas dans le blasphème de petite semaine, et la plupart des paroles étant écrites en suédois, je me vois mal vous indiquer si Blodsrit est le genre de groupe à balancer « Satan je t’aime » à chaque fin de phrase. Ca n’en a pas l’air en tout cas. A première vue donc, pas du tout repoussant. Cette même impression continue de me hanter dès lors qu’un jouet rouillé émettant une vieille berceuse laisse subitement place à un vrai char d’assaut sorti du fond du garage dans lequel la babiole sombrait dans l’oubli. Le son n’est d’ailleurs pas pour arranger les choses : la batterie ressemble à un instrument tout à fait audible, dont le charme de la vélocité s’allie aux coups bruts de décoffrage qu’on se prend à longueur de morceau en en redemandant. Très efficace. Très efficace aussi son utilisation dans les variations de rythme, qui rendent ce « Helveteshymner » très peu ennuyeux.

Alors, OK, on baigne dans le connu, l’archi-connu même : des guitares hautement saturées, un chant rauque classique du black-metal… Pourtant, les très rares fioritures concédées par le groupe sont autant de réjouissances : le chant se confond souvent avec l’énorme masse musicale, ce qui le rend à vrai dire, un peu plus convaincant et moins téléphoné. Enfin, cet album à la particularité de proposer des plans et des sonorités de guitares assez changeantes d’un morceau à l’autre. Tandis que dans l’un, c’est une poudrière qui vous explosera à la face, dans l’autre une ambiance majoritairement guerrière et/ou bestiale prendra les commandes, et pour terminer, quelques morceaux font la part belle aux riffs plus touchants, plus fous et plus émouvants à la fois (relativisez bien l’émotion intrinsèque de ce genre de barbarisme, hein).

Autre point positif de la galette : le sens du rythme. Il n’y a peut-être que « Vanmakt » qui ne bénéficie pas de ces changements de rythme quasiment salvateurs qu’ils nous assènent. Comme si, en soi, le déferlement de violence qu’un black brutal basique peut engendrer, un passage bien lourdaud donne un sens amplifié aux cordes grattées, notamment l’effet douloureux qui s’en suit. Passage lourd qui mène, bien évidemment, à un retour furieux du rythme (« Själslig Självdöd »), d’autant plus jouissif. Attaquons maintenant le registre des points noirs : en premier lieu la reprise de CANDLEMASS : « Solitude ». ANOREXIA NERVOSA s’y était déjà essayé, c’était sans prétention dirons-nous. Mais là c’est difficilement supportable, bien que Blodsrit ne démarre pas si mal (une bonne dose de lourdeur), l’accélération est des plus malvenues. Mais comment peut-on espérer remettre –à sa sauce- cette notion de désespoir et de lenteur en la jouant brutale ? Mal vu, mal vu… Enfin, le chanteur s’essaye à la voix claire dans « Illdjarn », qui débutait si bien, mais qui tombe en ruine dès lors qu’on pousse la chansonnette. Et puis ce Fade Out, en fin de morceau, n’est pas très judicieux pour garder au chaud l’auditeur…

Mis à part la bonus track aux accents thrash rappelant les norvégiens de CARPATHIAN FOREST, c’est en toute honnêteté que je vous avoue la personnalité un peu faiblarde du groupe suédois qui, même s’il présente un travail tout à fait honorable, ressemble encore trop à ces frangins. Mais si l’on fait abstraction de ce défaut que d’aucuns considèreront comme majeur, « Helveteshymner » se laisse écouter non seulement avec attention, mais communique une furieuse envie de bouger, grâce à leurs mélodies –et je n’ai pas peur de le dire- assez infernales et sans concessions.

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- Naahz (chant, guitares)
- Yxmarder (guitares)
- Fiebig (batterie)
- Brisheim (basse)


1. In Melancholy
2. Griftevisa
3. Själslig Självdöd
4. Vanmakt
5. Horns
6. Ridding A Pest
7. Illdjarn
8. Solitude (reprise Candlemass)
9. Praise Suicide



             



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