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ASMODEE - Simulacres (2004)
Par MOX le 24 Décembre 2004          Consultée 1900 fois

Voilà qui me convient parfaitement. J'affiche, il est vrai, toujours une préférence pour les groupes qui sortent des sentiers battus. Je m'y consacre encore plus lorsque la première écoute me laisse idiot. Vous savez, ce genre d'expériences où une seule phrase parvient à être à peu près intelligible: "mais qu'est-ce que c'est que ce truc?". C'est bien ce qui m'est arrivé, car au vu de la pochette, et même du logo, on ne pouvait guère soupçonner, sauf si on connaissait déjà leurs anciens méfaits, qu'Asmodée officie dans la catégorie black-metal.

Précisons immédiatement que le terme est très général. Mis à part le chant assez rauque à la CARCASS et la batterie maîtresse de blast-beats, Asmodée ne s'enfonce pas dans les généralités. Le résultat en est bluffant. Ils ont su créer une oeuvre tout à fait attirante, qui explore de très nombreux genres en même temps. C'est en fait l'ambiance assez dérangeante qui en découle qui rapproche ce "Simulacres" d'un album de metal noir. Les morceaux, tous très courts, sont un festival de riffs, de rythmes qui ne tiennent pas en place, d'expérimentation ou de passages purement violents. C'est la raison pour laquelle on reste incompréhensif les 35 minutes une fois avalées.

Ici l'intérêt n'est pas de brutaliser à tout-va, mais plutôt d'imposer un des labyrinthes ultra-complexes que seuls les avides de fils noués à dénouer pourront vraiment facilement apprécier. Je ne peux toutefois qu'encourager le reste à s'y intéresser, tant bien que mal oserais-je dire. Ce n'est pas tant que les atmosphères soient insupportables non, c'est cette succession inarrêtable de notes qui troublera votre digestion. Asmodée emprunte au death-metal ces mélodies complexes et ces breaks incessants (le début d' "Ether" est du CARCASS tout craché), emprunte à l'univers "progressif" ces envolées techniques, et retrouve à un moment ou à un autre ces riffs terriblement poignants caractéristiques d'un black-metal réussi (voir "Mausoleum" ou encore "Sacrifice", ré enregistrement d'un de leurs premiers morceaux). Encore plus surprenants sont ces claviers parfaitement implémentés, et je me concentre tout particulièrement sur ce point. Peu envahissants, ils participent à l'atmosphère un peu folle régnant là-dedans, tout est dans les notes aériennes, calmes mais dérangeantes (la conclusion de "Void World" me fait penser à quelques ambiances dignes du meilleur Kubrick").

"Simulacres" pourrait être résumé à un seul morceau: "le Poids des Cendres", qui reflète bien les mélodies décousues car tout y est mélangé. On a droit à des acoustiques, un départ fou, des accélérations, des passages calmes, des soli exécutés par de bien bons musiciens. Tout est folie, et c'est ce que l'on ne saisit pas au début. Tout bouge trop, les genres sont improbablement mélangés, certaines parties oublient le caractère brutal que devrait revêtir une telle musique. Mais il apparaît vite clair qu'il suffit de s'imprégner de ces structures bizarroïdes, sans lien apparent entre elles. Il ne devient plus nécessaire de décortiquer chaque titre (ce serait, à vrai dire, dénaturer l'objet), on se laisse envahir par leur musique torturée, livret à la main (une bonne partie des paroles est tirée de poèmes de Goethe, Lord Byron ou Rabearivelo). Un « No Aim » paisible, un « Vargtimmen » violent, le groupe ne se cherche pas mais projette de réaliser un ensemble prenant, dont le foutras de styles en est l’instigateur.

C'est le son qui cloche un peu, la batterie, dont le jeu est évidemment très prompt, sonne trop clair à mon goût. Le reste est assez froid comme le veut la règle, mais pour leur faire honneur un résultat un peu plus grisant aurait été appréciable, notamment lorsque certaines vagues de puissance s’abattent avec un effet déjà très réussi. Retenez bien que, quoique très sophistiqué et parfois même barré, Asmodée propose une vision très originale du black-metal: pas de réelle brutalité, pas de visuel ou d'ambiance vraiment poisseuse, mais une musique folle, bien rythmée et interprétée par de bons techniciens. Et j'attends la suite.

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- Thomas Chassaigne (chant, guitares)
- Nicolas Michaud (guitares)
- Matthieu Gervreau (basse, programmation, claviers)
- Vincent Roubière (batterie)


1. Void World
2. Le Faucheur D'Âmes
3. Simulacres
4. Red Sky Rises
5. Ether
6. Vargtimmen
7. Mausoleum
8. Le Poids Des Cendres
9. No Aim
10. Sacrifice



             



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