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DEATH METAL  |  STUDIO

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THEORY IN PRACTICE - Third Eye Function (1997)
Par POSSOPO le 31 Décembre 2004          Consultée 2262 fois

La labellisation immodérée des groupes sous telle ou telle étiquette est aujourd’hui de plus en plus critiquée. Cette catégorisation excessive provient de plusieurs facteurs. Parmi eux, le besoin pour l’auditeur lambda d’éviter de se perdre et son goût pour les chemins balisés: tu aimes A, va donc écouter B et ainsi de suite. Ensuite, la nécessité pour le commerçant de ranger son magasin de disques et de le rendre attrayant en évitant le grisâtre empilage alphabétique. Mais l’explosion des chapelles, les fusions musicales en tous genres ont eu pour conséquence la vaine multiplication des appellations. Celles-ci se font de plus en plus trompeuses, fantaisistes et absurdes.

Sachant cela, c’est pourtant en fanatique d’ATHEIST et de CYNIC, dont la démission prématurée reste un souvenir pesant, que j’explorais les rayons techno death (quand je vous parlais de fantaisie et d’absurdité) des disquaires les plus spécialisés. THEORY IN PRACTICE fait partie de ces rares formations à voir leurs albums peupler ce bac particulièrement clairsemé.
Parmi les trois albums déjà composés et sortis, je portai mon dévolu sur Third Eye Function, premier lp sorti en 1997, décidé à commencer mon périple au sein d’une œuvre que j’imaginai superbe, par le premier chapitre.

Les deux entités précédemment citées étaient différentes. Le qualificatif techno death qui leur était attribué valait pour la virtuosité de leurs membres ayant pour bagage une technique proprement époustouflante et pour leur appartenance peut-être plus géographique que stylistique à une scène death metal trop étroite pour eux. En fait, le véritable dénominateur commun était ce feeling jazz inimitable. Inimitable donc inimité, j’aurai pu m’en douter.

Les quatre bipèdes géniteurs de Third Eye Function possèdent une technique absolument remarquable. Les schémas des compositions sont extrêmement élaborés. La construction labyrinthique des morceaux demande une écoute très attentive, presque éprouvante.
Outre cette virtuosité qui ne tombe jamais dans une prétention excessive, l’impression de complexité est renforcée par l’utilisation de la polyrythmie, également chère à MESSHUGAH. Certes, ce terme paraîtra déplacé aux étudiants en musicologie les plus scrupuleux mais résume assez bien la situation.

Malheureusement, cette intensité mêlée à une production trop sèche ne laisse à mon avis pas suffisamment de place à une aération qui serait pourtant la bienvenue. Les rares passages acoustiques, qui font immédiatement penser aux céphalopodes de la guitare JOHN MC LAUGHLIN et AL DI MEOLA, sont à cet égard absolument vitaux si vous ne voulez pas tomber dans une apoplexie due à un manque cruel d’oxygène. Cette production fatigue une oreille déjà éprouvée par la densité musicale de l’œuvre. La basse souvent oubliée en metal et, beaucoup semblent l’ignorer, censée participer au confort d’écoute en élargissant le spectre auditif, est totalement inaudible. Le son des guitares a une fâcheuse tendance à agresser le tympan, gorgé qu’il est de hautes fréquences peu respectueuses de notre fragile audition. Le groupe reconnaît d’ailleurs volontiers que le travail de Tomas Skogsberg, habitué à collaborer avec des formations au style plus compact (ENTOMBED, DISMEMBER) ne les a pas totalement satisfait.
La voix insipide au grain peu soyeux de Johan Ekman ne fait que renforcer le sentiment un peu dérangeant que nos chères cages à miel subissent une attaque un peu trop agressive.

Stop, trêve de médisances, laissons place à un avis plus positif. Third Eye Function regorge d’idées originales et ce premier essai est extrêmement prometteur. Mes espérances étaient trop élevées mais en les ramenant à un niveau plus terrien, j’aurai certainement trouvé cet album excellent. Ce disque est de l’ouvrage ben faîte, a même de ravir tous les amateurs d’un death brutal, technique et intelligent. Les amateurs de jazz peuvent, au contraire, s’éloigner en courant. De toute manière, ils ne raffolent certainement pas non plus des excès de vitesse d’ATHEIST ou de la voix robotique de CYNIC.

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- Henrik Ohlsson (chant, batterie)
- Johan Ekman (guitare)
- Peter Sjöberg (guitare)
- Mattias Engstrand (basse, claviers)


1. Submissive
2. The Third-eye Function
3. Astral Eyes
4. Self Alteration
5. Worlds Within Worlds (the Ethereal Withd
6. The Expiring Utopia
7. Theoretical Conviction
8. Void Of Origin (instrumental)
9. Inexplicable Nature



             



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