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VENOM - Temples Of Ice (1991)
Par SHUB-NIGGURATH le 30 Janvier 2008          Consultée 8041 fois

C’est peu dire que les réalistes ne l’envisageaient pas, et que les optimistes ne l’attendaient plus. Les miséricordieux (qui a dit masochistes ?) auront du poireauter dix ans et suivre l’évolution à la va comme je te pousse de VENOM, pour être enfin gratifiés d’un album digne de figurer, uniquement en raison de ses qualités, dans toute discothèque de heavy/thrash metal qui se respecte. Une fois cette patience récompensée, inutile de bouder son plaisir, ni d’ailleurs de faire aujourd’hui la fine bouche, sachant qu’il y aura nib d’aussi bon à se mettre sous la dent par la suite.

« Temples of Ice » transforme en violente bourrasque la bonne brise soufflée par son prédécesseur. La rencontre de Tony "The Demolition Man" Dolan avec Al Barnes, consécutive au rabibochage de Mantas et Abaddon, pouvait en effet, à l’écoute de « Prime Evil », laisser quelque espoir. Il ne sera pas déçu.

Dolan et Barnes assurent désormais sans conteste leur mission de leaders. A eux de décider de la direction générale de l’ensemble, ce qui se traduit immédiatement par l’abandon du satanisme à deux balles et l’écriture de textes moins puérils. A eux, par conséquent, de définir également à leur guise la trame de la plupart des compositions, sans pour autant priver de paroles les deux autres. Leaders donc, mais pas despotes. Un mélange a priori instable dont la violente efficacité explose dès le premier titre, « Tribes », un up tempo puissant et accrocheur. Riffs efficaces et travaillés, refrain percutant et break intelligent, VENOM tabasse dur d’entrée, assumant enfin le rejeton thrashy de MOTORHEAD qu’il a toujours été. Fort heureusement, Dolan et Barnes disposent des compétences nécessaires pour doubler ce constat par l’affirmation d’une originalité mélodique, qu’avec beaucoup d’efforts et d’imagination, ils sont parvenus à décrotter de la copie baveuse qui la camouflait auparavant.

Un démarrage sur les chapeaux de roue qui donne le jour à ce qu’aurait du être depuis longtemps la musique de VENOM et indique que malgré une si longue période de gestation, le nouveau né se présente bien. Tous les éléments prometteurs de « Prime Evil » sont confirmés. Le chant de Dolan est puissant à souhait, et ses lignes de basse ciselées peuvent enfin être mises en avant et évoluer en toute autonomie. La rythmique de Barnes est suffisamment costaude pour continuer de soutenir seule l’édifice. Lequel, puisque l’on n’est plus à une contradiction près, est également consolidé par Abaddon qui massacre moins ses enchaînements et contre temps qu’à l’habitude, et décoré par Mantas, déjà auteur d’un premier solo à l’efficacité incongrue. Soulagés de ne plus avoir à faire preuve d’une créativité qu’ils se savent incapables de produire, les deux membres originels se concentrent sur l’essentiel. Les seules considérations commerciales justifiant leur maintien dans le line-up, consacrent, après tout, une forme de reconnaissance. Rien de tel pour témoigner alors d’une application et d’une dextérité qu’on ne leur connaissait pas.

La suite conforte cet agréable constat. « Even in Heaven » enchaîne illico sur une introduction acoustique tout en arpèges, s’il vous plaît, avant de cracher des riffs décapants et d’utiliser des breaks à bon escient. La basse y assoit des bridges très planants entre lesquels Mantas, décidément transformé (révélé ?), fait encore des siennes. Le pète-sec « Trinity MCMLVX 0530 » reprendra, sans redite, ces arguments. A côté de ces titres résolument thrash, résultant de l'influence exercée par Al Barnes, les deux morceaux suivants donnent à la même recherche mélodique un visage heavy, portant davantage la patte de Tony Dolan, qu’il s’agisse du mid tempo lourd mais nerveux de « In Memory of… » ou de l’univers peu rassurant mais fascinant que « Faerie Tales » parvient à dévoiler après une introduction aussi classique que mystérieuse. Grosse claque assurée.

Aussi, après un tel travail, il est sain d’accorder quelques instants de détente à Mantas et Abaddon, tout en veillant à ce qu’ils ne cassent pas leur joujou. Le premier décide de raconter une nième fois les cours particuliers de galipettes que lui prodiguait la maîtresse après la classe. Le heavy rock de « Playtime » aurait pu être lassant, et tomber dans les habituels travers, sans les arrangements de Dolan qui en soutiennent parfaitement l'aspect déjanté, dès lors mieux structuré que sur l’épisode précédent « Skool Daze ». Abaddon fait l’objet d’une surveillance identique, afin que son envie de faire de la sciure dans le plus pur style bourrin de VENOM ne dérape pas immédiatement vers un bordel innommable. La rigolote accroche acid house de « Acid » est aussitôt broyée par un pilonnage intensif mais réglé au millimètre, faisant clairement entendre que le rush ou speed immédiat provoqué par la prise d’amphétamines conduit le plus souvent à une issue fatale. Les beuglements de Dolan accompagnant le matraquage d’Abaddon sur les refrains ont quelque chose de terrifiant. Voilà que VENOM se lance à présent dans la chanson à message. Décidément, cet album nous en fait voir de toutes les couleurs.

C’est d’autant plus vrai que le thrash laborieux de « Arachnid » n’arrive pas à reproduire cette intensité. Le seul vrai raté de l’album, excusable au demeurant, les pirouettes précédentes ayant dispersé tout ce petit monde. En bon chef, Dolan estime urgent de remobiliser ses troupes, et de les lancer à l’assaut du mythique « Speed King » de DEEP PURPLE. Ce qui, il y a peu, aurait du tourner au massacre, devient ici une aventure fraîche et joyeusement épileptique (qui me rappelle, d’une certaine manière, la reprise de « Highway Star » par METAL CHURCH). Le sympathique dialogue, en forme d’écho, des guitares sur le solo vaut à lui seul son pesant de cacahuètes, car il réussit le tour de force de ne plus nous faire écouter l'original de la même manière. Moment choisi pour poser la question, qui doit tarauder ceux qui auront eu le courage de me lire jusque-là, relative à cette surprenante métamorphose de Mantas.

Il est vrai que ce dernier reçoit ici le renfort d’un autre soliste, Steve « Warmaniac » White. Lequel, ancien collègue de Tony Dolan chez ATOMKRAFT, viendra certes remplacer Al Barnes sur l’album suivant. N’empêche que son nom n’apparaît ici que dans les remerciements. Est-ce suffisant pour penser qu’il serait également l’auteur des précédents soli ? Certains, dubitatifs des capacités de Mantas, le croient au point, carrément, d’intégrer Steve White dans le line-up. Est-ce le cas dans le livret d’une réédition du CD ? Je n’en sais rien. Je fais donc confiance à l’édition originale et accorde à Mantas le bénéfice du doute. Bien que je ne sois jamais le dernier à l'accabler par ailleurs, il faut néanmoins reconnaître que les anciens titres « mythiques » de VENOM ont toujours été construits à partir de ses bouts d'idée. Au pire, compte tenu de la très bonne tenue de « Temples of Ice », la question n'a aucune importance. Réjouissons-nous, point barre.

Le titre éponyme offre en guise de conclusion un condensé de tout ce qui précède. Ambiance sombre, voire mystique, garantie par un long monologue introductif sur fond de guitares sèches, auquel succède une alternance de passages thrash mid et up tempo, à l’étrange arrière-goût slayerien, se fondant dans une (longue !) conclusion atmosphérique. Un style qui se situe vraiment à des années lumière de ce que l'on aurait pu attendre, y compris dans les rêves les plus fous.

Sans vouloir prétendre que « Temples of Ice » tient la comparaison avec les tueries monumentales sorties au début des 90’s, c'est de loin le meilleur album de VENOM, témoin de l'apport créatif titanesque de Tony Dolan et Al Barnes qui sont parvenus à transformer le produit sans jamais le dénaturer. Son acquisition est donc chaudement recommandée aux non initiés, les plus téméraires pouvant y adjoindre le précédent. Malheureusement sorti trop tard, au moment où les premiers fans, lassés, se détournaient du groupe, « Temples of Ice » ne pouvait pas connaître le sort qu'il méritait. « The Waste Lands », paru un an plus tard, ne réconciliera personne.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- The Demolition Man (basse & chant)
- Mantas (guitare)
- Al Barnes (guitare rythmique)
- Abaddon (batterie)


1. Tribes
2. Even In Heaven
3. Trinity MCMXLV 0530
4. In Memory Of... (Paul Miller 1964-90)
5. Faerie Tale
6. Playtime
7. Acid
8. Arachnid
9. Speed King
10. Temples Of Ice



             



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