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SONATA ARCTICA - Reckoning Night (2004)
Par JULIEN le 18 Octobre 2004          Consultée 27038 fois

En dépit d'une pochette aux tons brûlants succédant à trois albums honorés exclusivement de couleurs froides, les premières secondes du disque balaient tout vestige d’interrogation (on reconnaît d'ailleurs les fameux loups, animaux fétiches du groupe, au cœur des flammes embrasant la pochette) : SONATA ARCTICA n’a pas laissé tomber son terrain de prédilection, celui du Speed mélodique. L’explore t-il pour autant avec désinvolture, arborant cette arrogance de ceux qui déambulent sans remise en question, vivotant sur les acquis ? A voir...

Soyons clairs d’entrée de jeu : Ceux qui ont suivi avec attention la carrière fulgurante de nos jeunes finlandais (je rappelle qu’il s’agit là du quatrième disque d’un combo dont le premier opus date de 2000) ne seront pas franchement déstabilisés par cette nouvelle offrande. SONATA ARCTICA a déposé sa signature dès « Ecliptica », et il ne laisse à personne d’autre la possibilité d’en subtiliser la fraîcheur, du moins pas sans s’abîmer dans la copie condamnable. On retrouve donc ce Speed léché aux textes loin d'être insignifiants, interprétés par un chanteur talentueux et instantanément reconnaissable (on remarquera que Tony Kakko utilise davantage son vibrato sur ce disque, s'affranchissant un peu de sa limpidité angélique d'antan), des guitares escamotant soigneusement les clichés du néo-classique (on a même droit à quelques riffs vraiment costauds et à des solos de plus en plus incisifs et inspirés), une batterie très carrée et toute simple... et toujours cet art consommé pour la sculpture d’un Speed mélodieux, aux lignes vocales belles et toujours aussi soignées. Jusque là, rien de très neuf... détrompez vous !

Tout d’abord, soulignons l’apport précieux et bienvenu du nouveau claviériste du groupe, Henrik Klingenberg, que les amateurs connaissent déjà pour son travail au sein de REQUIEM. Bien que crédité dans le livret de « Winterheart’s Guild », le gaillard n’avait pas participé à l’enregistrement du disque, et il fait donc ici ses armes... et le bougre ne rate pas son entrée ! S’inscrivant parfaitement et élégamment dans le paysage SONATA ARCTICA, il nous fait en outre la grâce d’apporter sa touche personnelle et inventive au son des finlandais, en mobilisant notamment l’orgue Hammond (l’ouverture classique mais imparable qu'incarne "Misplaced", "Wildfire", "Don't Say A Word" ou encore "Blinded No More", titre mid-tempo accrocheur à la "Broken" en plus mélodique, avec toutefois quelques bons riffs aux frontières du Power et même de discrètes percussions) et en apportant sa touche aux duos guitare/claviers. Sacrée bonne recrue !

Pour suivre, notons qu’avec ce disque, SONATA ARCTICA ré-injecte un peu de cet esprit aventureux qui faisait peut-être défaut à l’excellent mais très orienté Speed et assez peu innovant « Winterheart’s Guild ». En effet, si "Misplaced" ou "My Selene" (composé en intégralité par Janni, le guitariste, ce qui est une petite nouveauté) appartiennent à la classe de ces morceaux type de SONATA ARCTICA, Speed, entraînants et porteurs, avec ces refrains que l’on ne peut s'empêcher de fredonner, un titre à priori aussi évident que "Ain’t Your Fairytale" (la Wolf Song de l'album comme dirait Willow) titille l’esprit : pendant deux minutes et des poussières, on savoure un morceau que l’on se plaira à classer d’office dans la liste mentionnée ci-dessus... jusqu’à ce qu’intervienne un break fichtrement bien pensé, puissant et dynamique, fait de passages sur les toms et de gros riffs Power avec des chœurs à reprendre en concert ! C’est ce type de trouvaille qui illumine ce quatrième opus et démontre que nos finlandais n’ont pas tout dit, ayant désormais atteint un niveau où ils s’autorisent à mordre quelque peu par delà les frontières d’un style trop souvent stéréotypique... en atteste également l’étonnant et brumeux instrumental "Reckoning Day, Reckoning Night...", piqueté d'inquiétude, et qui instaure une respiration intéressante en début d'album (tout le monde n'appréciera pas cependant ce moment de flottement qui abandonne l'auditeur à une curieuse expectative). Ou encore le chef d’œuvre de ce nouvel album à mon avis : "White Pearl, Black Oceans...", une composition épique de près de neuf minutes un peu dans l'esprit du morceau fleuve "The Ghost Ship" de SHADOW GALLERY (album « Carved In Stone »), tant on peut y retrouver quelque chose de cette finesse quasi Prog étançonnée de chœurs somptueux et d’un esprit épique magnifique. Une merveille, et l’un des plus beaux titres jamais écrit par SONATA ARCTICA pour moi, si ce n’est le plus beau.

Tiens ? Qu’entends-je ? On conteste ? On désapprouve ? On se mutine ? Décidément, on trouvera toujours un fan pour regretter que SONATA ARCTICA n’ait pas évolué encore plus franchement, jusqu’à refondre totalement un son aussi marqué. Mais je ne peux qu’argumenter que dans son style - le Speed mélodique - le groupe n’a de cesse d’étendre petit à petit sa marge de manœuvre et de se livrer à quelques excursions dénotant d’une réelle maturité : j’en veux pour preuve le superbe mid-tempo atmosphérique "The Boy Who Wanted To Be A Real Puppet" (un moment fort de ce disque, avec sa touche de mise en scène et ses lignes mélodiques et chœurs bien fignolés, agrémentés d’un solo mémorable et gracieux), ou l’original "Wildfire" qui donne un coup de fouet appréciable après le Speed mais très doux "My Selene", en promouvant des vocaux rageurs, des claviers prog farouches et quelques interventions saugrenues de grosses voix, sans oublier des instants plus Thrashy à la guitare et des breaks assez acrobatiques et originaux. Enfin, n'omettons pas "Don't Say A Word", titre Speed au refrain grave et mémorable, qui s'exhausse ici (dans sa livrée finale) d'un somptueux break ambiant et quasi cinématographique se lovant en son cœur. Un passage qui donne au titre un tout autre visage par rapport à la version "single", tout comme la version finale du titre "Unholy Warcry" de RHAPSODY sur « Symphony Of Enchanted Land Part II ».

Bien ! Sachons ne pas nous montrer démesurément prolixes, et tâchons de produire quelque conclusion pour refermer cette chronique. Si, comme moi, vous aimez sincèrement SONATA ARCTICA, je ne vois pas pourquoi vous n’apprécierez pas ce quatrième album qui, non content de pérenniser avec brio le style inimitable du groupe, lui assigne quelques nouvelles couleurs fort plaisantes. Et si vous avez lâché l’affaire depuis, osez y jeter un coup d’oreille, ne serait-ce que pour des compositions inattendues et réjouissantes comme "Wildfire", "The Boy Who Wanted To Be A Real Puppet", "Blinded No More" (qui fonctionnera sûrement bien en Live avec ses chœurs) ou surtout le magnifique (j’insiste !) "White Pearl, Black Oceans...". Et peut-être même apprécierez-vous alors de nouveau le Speed du groupe. Avec cet album intelligemment structuré (l’alternance de morceaux Speed et mid-tempo donne beaucoup de dynamique au disque et n’a de cesse de stimuler l’attention de l’auditeur, qui voit ces cinquante deux minutes défiler à toute vitesse), SONATA ARCTICA retrouve de cette superbe que certains trouvaient écornés récemment, et nous offre son meilleur album depuis « Ecliptica » à mon sens. Et les facultés subtilement expérimentales du groupe, idéalement mises en valeur par une production impeccable, attisent mon optimisme : l’histoire musicale de ce quatrième tome laisse entrouvertes quelques portes. Espérons que le groupe n’abandonnera pas ces ouvertures à leur entre-baillement... rendez-vous donc au cinquième tome, pour découvrir, peut-être, ce qui peut bien se cacher derrière elles... et, en attendant, savourons sans modération ce quatrième (et très grand) cru se refermant sur un jolie power-balade ("Shamandalie", seule ballade du disque, "Reckoning Day, Reckoning Night..." ne pouvant décemment revendiquer ce statut). Vraiment, si vous aimez le Speed mélodique, ne passez pas devant ce disque sans prendre au moins le temps de l'écouter. Dans le genre, je le trouve... quasiment parfait !

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- Tony Kakko (chant)
- Jani Liimatainen (guitare)
- Marko Paasikoski (basse)
- Tommy Portimo (batterie)
- Henrik Klingenberg (claviers)


1. Misplaced
2. Blinded No More
3. Ain't Your Fairytale
4. Reckoning Day, Reckoning Night...
5. Don't Say A Word
6. The Boy Who Wanted To Be A Real Puppet
7. My Selene
8. Wildfire
9. White Pearl, Black Oceans...
10. Shamandalie



             



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