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ARTEFACT - Son Of Solstice (2004)
Par JULIEN le 1er Septembre 2004          Consultée 3888 fois

Enfin ! Enfin le premier album longue durée des petits (mais plus pour longtemps) français d’ARTEFACT ! Et quelle bonne surprise ! Pardonnez, c’est l’émotion... Pensez donc, j’ai longtemps tenu entre les mains la toute première démo cassette de cette jeune formation, sortie de l’œuf il y a de cela quatre petites années... quatre années de croissance, d’acharnement, de lutte contre une conjoncture capricieuse et des difficultés multiples et variées, s’érigeant comme autant d’obstacles opiniâtres sur le chemin sinueux et déchiré d’aspérités qui se veut être celui de tant de musiciens français. Véritable gageure que celle de gagner le droit de se faire entendre dans notre beau pays... et qui sollicite tant et plus d’énergie et de motivation. Ca tombe bien, de la volonté et de l’obstination, ARTEFACT en regorge indéniablement. Ce « Son Of Solstice » en est le plus ardent témoignage !

Venu au monde en l’an 2000, ARTEFACT s'est accordé le temps nécessaire pour ciseler son art musical, l’enrichissant de multiples références de choix, retravaillant cette matière de glaise piaffante et tentaculaire pour mieux se la réapproprier.. et enfin mettre au point sa signature personnelle, d’un geste assuré et élancé, torsion du poignet aux allures de défi adressé à tous ceux qui n’auraient pas cru bon de le soutenir. Mortifiés soient-ils ! Car l’entité ARTEFACT s’est enfin dressée, s’arrachant aux limbes de l’anonymat où vibrionnaient quelques passionnés, agrippés comme des mutins à leur certitude qu’un vif talent se lovait dans les recoins de l’underground. On tardait à se préoccuper du cocon ? Fi ! ARTEFACT s’autonomise et s’offre à la brise de l’extrême en déployant les ailes d’une auto-production courageuse... et qui mérite bien des louanges !

Qu’on se le dise : couvé par les brumes du Black qui lui offrirait la plus belle des parures aux teintes noires et bleutées, tirant la matière tressant sa colonne vertébrale de la richesse incomparable d’un soin Prog, s’alimentant d’une remarquable méticulosité pour ce qui est du petit détail discret aspergeant de caractère qui un riff, qui un break, le papillon de nuit ARTEFACT prend son envol... partant à la conquête du monde de l’extrême au son de « Son Of Solstice » : Subtile créature née du croisement spirituel du Black et du Prog, avec un tiers Heavy plus timide mais pas moins présent ("Allegiance" par exemple), ARTEFACT nous capture quarante minutes durant dans son univers, où nous pouvons croiser et saluer le génie complexe d’OPETH ou l’agression colorée bleu nuit de l’indétrônable DISSECTION, quand l’on ne distingue pas au loin, furtivement, l’ombre d’IRON MAIDEN (le final quasi "powerslavien" de "Omen").

Que l’on se garde toutefois de voir en ARTEFACT un astucieux mais peu audacieux reflet de ces géants, tel un pauvre déchet scopique forcément bien pâle et abâtardi. Ce serait stigmatiser d’une offense inique une créature qui, reconnaissant pleinement l’ascendance spirituelle de maîtres à penser, n’en garde pas moins son amour propre chevillé au corps. « Son Of Solstice » pullule ainsi d’une inspiration s’abreuvant respectueusement au compte des ténors précités, mais ne succombe jamais à la contemplation ébahie, pas plus qu’il ne s’égare dans les travées malséantes du recyclage. Là où tant de formations se fourvoient dans une admiration obséquieuse, littéralement castratrice et mortifère, ARTEFACT déploie ses membres sans hésitation et, la fierté pointant comme une figure de proue valeureuse, fend les flots de notre écoute avec son vaisseau aux multiples facettes.

Complexe et compliqué sans jamais verser dans une stérile technicité de mauvaise aloi, ARTEFACT a hérité d’OPETH cette perspicace vision d’une musique extrême taillée en un labyrinthe sonore mêlant harmonieusement riffs pourvoyeurs d’images, accalmies acoustiques sensibles et savoureuses (le remarquable et long "Menhir", l'intimiste instrumental "Codex" et l'inquiétant "Oracle", l'inévitable morceau titre), solos techniques nombreux et sillonnés d’une verve néo-classique personnalisée, délestée des boursouflures égocentriques habituelles... le tout s’embellissant d’une jolie myriade de riffs et chorus plus difficiles à cerner, épiques, tourmentés, venteux ou vibrants d'une fibre cinglante ("Allegiance")... originaux, tout simplement ("Towers Of Equinox").

Chant maîtrisé abordant les rondeurs galbées du Death et une élocution Black écorchée à la IMMORTAL (avec quelques menues escapades en terrain Heavy brut sur "Allegiance"), breaks épiques ("Antares-Son Of Solstice" est inoubliable), riffs en cascades rapant quelque écorce Black suédoise, fréquentes intrusions délectables de l’acoustique... tout ça peut sembler relever d’un foisonnement rebutant pour l’auditeur peu coutumier de l’exercice. L’on aurait tort pourtant de s’inquiéter outre mesure de la gourmandise alambiquée d’ARTEFACT : si je ne cherche plus à comptabiliser les breaks, cette multitude trépidante a aussi pour rôle de prévenir tout relâchement de l’attention. Chorus porteurs d’une certaine grandeur et cassures traversées d’une intense émotion captivante, riffs Heavy Black fichtrement bien troussés (l’ombre de DISSECTION s’étend ici ou là), chœurs envoûtants rappelant quelque peu le ARCTURUS d’ « Asperia Hiems Symfonia », claviers pertinents traçant des courbes majestueuses quand la musique réclame sa nourriture altière, ARTEFACT s’ébat dans une mer musicale où serpentent des courants nous enveloppant de leur générosité, où l'instrumental (inutile de dire que les musiciens, forts jeunes, nous mettent malgré tout une belle claque) prend souvent l'avantage sur le territoire occupé par le chant.

Quelque peu difficile à appréhender dans les premiers temps, heureusement sertie dans une production étonnement bonne pour une auto-production (certains devraient sérieusement s’en inspirer), cette œuvre inaugurale n’a de cesse de se dévoiler dans toute sa richesse. Et c’est avec un vif plaisir que l’on s’applique à écouter et réécouter ce premier jet... pour mieux découvrir alors l’originalité de solos pimentés d’une teinte Jazzy ("Onslaught"), de brillants enchaînements (l’excellent instrumental "Omen" suffira à vous convaincre du soin qui prévalut à la confection de ce premier essai), et des riffs qui nous laissent silencieux, faute de références à mobiliser (on appelle ça la personnalité)... et après de nombreuses écoutes, préférentiellement au casque, je ne peux personnellement adopter qu’un seul geste : l’applaudissement !

Messieurs, chapeau bas donc ! Puissiez-vous enfin récolter les fruits amplement mérités d’un dur et ardent labeur. Et rendez-vous en haut de l’affiche... Si, bien sûr, le public daigne s’intéresser à l’une des rares formations françaises capable d’ébouillanter la concurrence. A supporter sans plus attendre !

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   JULIEN

 
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- Guillaume (e-guitares et acoustiques, cho)
- Alexis (basse)
- Ranko - Niko (batterie)
- Sly (de shimmer of kaos)
- Camille (guitares additionnelles)
- Kallaghan (samplers, choeurs)
- Kony (de bebers)


1. Menhir
2. Antares - Son Of Solstice
3. Oracle (instr.)
4. Onslaught
5. Omen (instr.)
6. Codex (instr.)
7. Allegiance
8. Towers Of Equinox



             



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