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KILLSWITCH ENGAGE - The End Of Heartache (2004)
Par JULIEN le 28 Juillet 2004          Consultée 5820 fois

« Alive And Just Breathing », tel était l’intitulé du deuxième album de KILLSWITCH ENGAGE, combo américain qui s’interrogeait sur la capacité des hommes à s’extraire de l'apathie, à porter l’estocade à l’envahissement d’un monde où la vie se conjugue au présent du quotidien le plus pragmatique, dévoué à la sainte trinité du « métro, boulot, dodo », avec de temps à autre un fugace crochet par le quart terme « porno »...

Et quoi de mieux, pour témoigner brutalement de cette question, que de se présenter sur la scène américaine - surpeuplée de combos Néo ou Rap Metal - avec dans sa besace un certain esprit suédois, un chant alternant beuglement d’orcs et passages poppisant punchy, et du Power qui tâche en étendard ? Que diable ! Des gaillards débarquant avec moultes tenues de combat typées Skate, cheveux courts, vêtements larges, bonnets, tifs décolorés, et qui arboraient pourtant d’étonnants arguments mélodiques européens pour tempérer le volume corpulent du Power... la surprise était totale, l’album un vrai petit bonheur, et l’ « estime » se présentait de nouveau comme possibilité à caresser, même pour le plus étriqué des observateurs persuadés que l’Oncle Sam n’était apte qu’à garnir ses troupes de nouvelles escouades néo sans inspiration, disciplinées, pliées à la loi dirigiste du $. Alive But Not Just Breathing en quelque sorte...

Seulement voilà ! Quand on perd très vite son chanteur, emblème talentueux d’une formation qui ne l’est pas moins, et qu’on débarque pour la troisième fois dans un monde qui, depuis, s’était offert des pépites comme le « Through The Ashes Of Empire » d’un MACHINE HEAD retrouvé, ou quelques petites merveilles de ce Death mélodique suédois sous-jacent à la première œuvre des KILLSWITCH ENGAGE, on avait tout lieu de s’inquiéter : Le groupe saurait-il faire face à la perte d’un important (et doué) vocaliste tout en consolidant les parcelles de terrain conquises avec « Alive And Just Breathing » ? Cela n’engage que moi certes, mais je serais tenté de dire... oui, oui, et encore oui !

Réglons la question du chant : le dénommé Howard Jones, remplaçant Jesse Leach, ne présente aucune difficulté à enfiler les sapes de front man... bien au contraire ! L’alternance des deux chants est maintenue, et Howard Jones assure généreusement la transmission : le chant beuglé est sûr et puissant, les excursions Death/Black se font sans encombre, le chant clair possède un côté plus Pop, moins éthéré que celui d’un Speed (SOILWORK), moins typé néo que celui de Robb Flynn (MACHINE HEAD)... le tout sans que la question de la ressemblance ne dérape vers celle du clonage : le nouveau vocaliste de KILLSWITCH ENGAGE, sans bouleverser les couleurs sélectionnées à l’origine pour s’épancher sur la palette émotionnelle du groupe, se distingue de son prédécesseur par une certaine gravité léchée d’un piquant plus Soul dans les graves, et un arrondi plus émouvant lorsque la gorge vient à s’éclaircir. Une heureuse recrue en somme !

Elément important, cette voix n’en reste pourtant pas moins assujettie à la qualité des compositions de la formation. Et force m’est de reconnaître que les KILLSWITCH ENGAGE auront su, avec cette "fin de mal au cœur", reconduire les éléments convoqués pour leur deuxième album tout en badigeonnant l’ensemble d’une sève noirâtre bien plaisante : KILLSWITCH ENGAGE se remémore ainsi avec nous quelques instants de tristesse ("World Ablaze" et ses filets guitaristiques en son clair, le morceau titre), de nostalgie même (les vrais tubes "Rose Of Sharyn" et "When Darkness Falls"), mais toujours avec ce même appétit féroce qui n’est pas mis au repos, ne manquant pas de retrousser les babines sur quelque croc bien aiguisé : le charpenté "A Bid Farewell" et ses quelques blasts, le gros carton "Breathe Life" traversé par un refrain éthéré, un "Wasted Sacrifice" plutôt corpulent avec gros riffs et tempo engagé...

Toutefois, avec tact et personnalité, KILLSWITCH ENGAGE égaye largement son Power Metal costaud d’une jolie moisson de riffs mélodiques et autres plans qui n’auraient pas dépareillé sur du IN FLAMES première époque ("Rose Of Sharyn" pour en retenir un) ou sur les derniers opus des suédois ARCH ENEMY ("Hope Is..." ou "When Darkness Falls" par exemple), avec en sus un réel talent pour la sculpture du refrain mémorable. Le groupe gagne ainsi en esthétique ce qu'il perd un peu en énergie brut, sans que l'on puisse revendiquer sincèrement l'argument du ramollissement coupable ou d'une compromission quelconque.

« Alive Or Just Breathing » profitait de l’effet de surprise (le premier album du groupe n'étant connu que de peu d'ouailles), d’une production tip-top, de compos bien troussées et d’un talent palpitant qui ouvrait sur de fastes perspectives ; « The End Of Heartache » confirme à mon sens tout le bien que je pensais du groupe, tout en perçant sa carapace de plusieurs béances plus mélodiques, plus promptes à laisser s’immiscer des riffs « à la suédoise » (le morceau titre, "Take This Oath" ou "Declaration" pour n'en citer que trois), des mélodies goulayantes, parfois acoustiques (les larmes instrumentales "Inhale" et "And Embers Rise"), et bien sûr une jolie portée de refrains accrocheurs... mais sans jamais verser dans le mièvre de bas étage ou la grosse mélodie caramélisée qui colle au dents : KILLSWITCH ENGAGE est pétri de talent, et même les titres qui cajolent le plus nos petites esgourdes ne se privent pas, malicieusement, de nous péter à la gueule (la production du disque assurée par le guitariste Adam est remarquable, comme d'ailleurs le mixage de l'incontournable Andy Sneap) avec leur lot de riffs intraitables, sans omettre un chant percutant autant que varié, et une assurance technique jamais prise en défaut (le groupe n'a rien perdu avec l'engagement d'un batteur à temps complet).

A mon goût, plus séduisant que son prédécesseur, plus abordable également en dépit d'une coloration nocturne plus appuyée, « The End Of Heartache» est une sortie des plus plaisante que je vous invite sincèrement à découvrir. Les esprits chagrins s'en iront bien sûr jeter l'anathème sur un groupe s'émargeant un poil d'un "Alive And Just Breathing" énervé pour aborder une terre un peu plus "commerciale" (le terme est lâché), et enlèveront donc des points à ma note valorisante... mais cela ne m'empêchera pas d'approuver une musique qui, pour aguicheuse et assez prévisible qu'elle soit, préserve pourtant jalousement à mon sens une crédibilité et une richesse instrumentale (même en l'absence de solos) qui évitera qu'on la confonde avec cette mixture bâtarde de Metal et de Pop si prisée actuellement. KILLSWITCH ENGAGE est au-dessus de ça. "The End Of Heartache" et son Power/Death très mélodique me semblent en témoigner. Fort joliment.

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   JULIEN

 
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- Howard Jones (chant)
- Adam Dutkiewicz (guitare)
- Mike D'antonio (basse)
- Joel Stroetzel (guitare)
- Justin Foley (batterie)


1. A Bid Farewell
2. Take This Oath
3. When Darkness Falls
4. Rose Of Sharyn
5. Inhale
6. Breathe Life
7. The End Of Heartache
8. Declaration
9. World Ablaze
10. And Embers Rise
11. Wasted Sacrifice
12. Hope Is...



             



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