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SAXON - Crusader (1984)
Par DARK SCHNEIDER le 27 Mars 2019          Consultée 810 fois

Ah "Crusader", il y a tant à dire sur cet album ! L'album de tous les contrastes pour SAXON, un grand disque pour certains, une trahison pure et simple pour les puristes des premières heures. Un recueil de morceaux accrocheurs pour les uns, un ramassis de bouses commerciales pour d'autres à l'exception évidemment de son title-track. "Crusader" pose problème et ouvrira sans conteste une seconde période dans la carrière de SAXON. "Power & The Glory" était un album de transition, "Crusader" entérine un choix clair et net : conquérir les USA, proposer une musique calibrée pour les radios, tenter coûte que coûte la voie du Hard commercial qui avait explosée un an auparavant, l'appel du billet vert étant plus fort que tout.

Pourtant, la magnifique peinture qui orne la pochette de cet album (*), de loin la plus belle de toute la carrière du groupe, ne semblait en aucun cas augurer ce choix. Les bruits de bataille qui ouvrent l'album, et le magnifique titre épique "Crusader" qui en découle nous laisse pantois d’admiration. SAXON nous avait quitté un an auparavant sur un "The Eagle Has Landed" solennel et un brin mystique, et voilà qu'il revenait tout aussi majestueux, le port altier, comme on disait dans l'ancien temps... "Who dares battle the saracens" gronde une voix caverneuse, who dares? Mais les croisés bien sûr, partis reconquérir la Terre Sainte, en ardents défenseurs de la chrétienté. SAXON nous conte à sa façon une page d'Histoire, louant le courage et surtout la foi de ces hommes. Les arpèges introductifs du morceau nous collent instantanément le frisson, les poils se dressent, on sent que quelque chose de grandiose va arriver. Nos espoirs seront récompensés dès que les arpèges cèderont la place à un riff écrasant, au souffle épique démentiel, ne s’embarrassant jamais d'une complexité inutile pour mieux éveiller en nous nos instincts belliqueux. Dès que Biff entame son chant, on y croit aussitôt, il nous raconte son envie d'être un croisé, et l'on ressent de même. Le morceau culminera lors d'un solo d'une rare intensité, un des meilleurs du groupe sans aucun doute. "Crusader", le titre, est un monument.

Jusque là tout va bien. En fait seul la prod' fait tiquer à l'écoute de cet opener d'anthologie : les guitares paraissent un peu légères, l'ensemble souffre presque d'une trop forte dynamique, le chant de Biff et la batterie de Nigel Glockler sont clairement privilégiés par le mix. La prod de Kevin Beamish, connu alors pour son travail avec REO SPEEDWAGON (ce qui n'est pas anodin), tranche radicalement avec les efforts passés du groupe, et ne paraît guère équilibrée. Mais bon, tant que les compos suivent... Sauf que "A Little Bit Of What You Fancy" va décontenancer l'auditeur, comment peut-on passer aussi directement d'un diamant parfaitement taillé à un titre singeant maladroitement VAN HALEN ? Ce morceau est un beau ratage en tout cas, et qui annonce la couleur pour la suite. Le title track appartient déjà au passé, il faudra donc faire avec, on oublie les rêves de chevalier du Moyen-âge, place au fantasme américain.

Et c'est ainsi que les Anglais vont nous servir une série de morceaux calibrés pour les radios US. Non dénués d'énergie, loin de là, mais manquants cruellement d'authenticité et donnant clairement le sentiment que le groupe travestit sa propre musique. À l'image de "Just Let Me Rock", au riff inspiré de celui de "Denim And Leather", mais qui est vite gonflant avec son refrain certes bâti pour les stades, mais d'une lourdeur lassante là où "Denim And Leather" semblait beaucoup plus spontané. "Bad Boys (Like To Rock'N'Roll)" est tout aussi symptomatique, on veut jouer les mauvais garçons mais le titre reste bien trop gentil pour cela, bien loin de la réussite d'un SCORPIONS qui la même année ouvrait son fantastique "Love At First Sting" par un "Bad Boys Running Wild" d'un tout autre calibre. La reprise de SWEET, "Set Me Free", platement interprétée, est tout aussi calculée et n'a rien d'innocente : SWEET était le principal concurrent d'un certain SLADE dans les 70s, et c'était avec quoi qu'avait cartonné QUIET RIOT un an avant ? Vous aurez compris.

Encore moins innocent est le choix des deux autres singles extraits de l'album en plus de "Just Let Me Rock" : "Sailing To America", au titre qui veut tout dire, et "Do It For You". Le premier n'en est pas moins un excellent morceau, évoquant les pèlerins du Mayflower, qui a le mérite donc de se raccrocher à une thématique historique et possède un refrain tout en finesse. Ce titre est très travaillé et prouve que les gars de SAXON peuvent toujours être de grands compositeurs quand ils se creusent un peu les méninges. Le second est une ballade qui parle d'amouuur, un peu à la FOREIGNER (ces choeurs...), qui n'en oublie pas les guitares électriques (superbe intro), et s'il ne fera par l'unanimité, il pourra sans aucun doute émoustiller les plus fleurs bleus d'entre nous (je m'y inclus, j'aime beaucoup ce titre).

Pour retrouver un peu de Heavy Metal sur "Crusader", il faudra attendre le final, "Run For Your Life". Enfin un titre plus incisif, plus inquiétant également, et également un peu surprenant avec ces choeurs de supporters de foot dont on se demande toujours qu'est ce qu'ils viennent faire là mais qui font leur petit effet. Un morceau qui mériterait sans doute d'être ressorti du placard.

Biff Byford ne mâche pas ses mots sur "Crusader". Il reconnaît totalement que le groupe misait alors tout sur les USA, et qu'à ce petit jeu-là ils auront sur le long terme plus perdu que gagné. En réalité, "Crusader" se vendit encore très bien, et notamment en France (où le groupe était au sommet de sa popularité, et ce au moins jusqu'en 1986), et aussi en Allemagne. Le groupe passera chez EMI, signe évident que le potentiel commercial était très important. Les ventes sur le continent américain furent également satisfaisantes, et le groupe s'embarqua dans une tournée avec MÖTLEY CRÜE. En revanche, SAXON s'éloignait de sa fan-base anglaise, et cela, ce n'est jamais bon.

(*) Biff Byford, en homme de goût, accrochera d'ailleurs la peinture originale dans son salon.

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   (2 chroniques)



- Biff Byford (chant)
- Paul Quinn (guitare)
- Graham Oliver (guitare)
- Steve Dawson (basse)
- Nigel Glockler (batterie)


1. The Crusader Prelude
2. Crusader
3. A Little Bit Of What You Fancy
4. Sailing To America
5. Set Me Free
6. Just Let Me Rock
7. Bad Boys (like To Rock N' Roll)
8. Do It All For You
9. Rock City
10. Run For Your Lives



             



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