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KORN - Korn (1994)
Par JULIEN le 10 Juillet 2004          Consultée 11283 fois

Lorsqu’en 1994 cinq petits gars de Bakersfield débarquent sur la scène Metal avec leur premier album auto-intitulé et ce drôle de nom, on se dit : « Boah, encore un groupe ricain qui va se la donner façon Alternatif, Grunge ou Punk Rock rigolo et bas de plafond ». Et puis on remarque cette pochette, plutôt inquiétante, et qui semble invalider cette première hypothèse... qui vole en éclat après trente secondes d’une intro en crescendo interrogatif ! Guitares grasses et paresseuses, basse ultra métallique qui claque en symbiose avec la grosse caisse d’un batteur au jeu groovy... on ne sait pas trop à quoi penser, surtout que le chanteur et sa voix torturée, empreinte d'une douleur sourde, contribuent à brouiller les pistes. Alors on repose le truc un instant... Verra ça demain.

Le lendemain, les choses se sont précisées : on se rend compte que la musique de cette drôle de formation colle finalement très bien avec cette pochette : Aride, peu amène, sans espoir. Mais l’écoute de rester toujours aussi déconcertante : Chant incontrôlable et d'une rare authenticité, peu de mélodies, mid-tempos entrecoupés de ralentissements glauques, bruitages guitaristiques et légers samples se superposant à un substrat musical dénué de clins d’œil aguicheurs... Bien étrange engin que ce disque. Peu convaincant aussi : trop éloigné des standards musicaux d’alors, orphelin de refrains véritablement mélodieux... Une chatte sevrée au Metal n’y retrouverait pas ses petits ! Non décidément, on attendra encore un peu...

Et puis, quelques jours après, on commence à mieux cerner le truc : L’oreille s’étonne d’une intro à la cornemuse ("Shoots And Ladders"), s’accoutume de ce lourd mouvement d’ensemble du groupe qui génère une sorte de groove remuant ("Blind", "Faget", "Predictable", "Fake"...), et commence à apprécier ce curieux mélange volontiers glauque, survolé d'une voix hors du commun ("Clown", "Divine"...). Et cette production sèche, ultra brute... cette impression de spontanéité naïve qui nous harcèle... Comme si ces cinq gars, démangés de toutes parts par le besoin d’éructer leur premier hurlement primal, n’avaient plus d’autre choix que de réquisitionner les oreilles d’un public encore anonyme, invité à fournir à ces gars un divan propre à la catharsis. Un public apte à recevoir le mal de vivre d’un chanteur vibrant de douleur et de rage difficilement contenue, jusqu’aux sanglots ("Need To" et surtout l'éprouvant "Daddy" en deviendraient presque effrayant)... Oui, on commence à comprendre...

Après plusieurs jours, ces jeunes gars nous sont devenus plus familiers. L’incompréhension des premiers temps s’est un peu estompée pour céder la place à une reconnaissance attentive d’une nouvelle forme d’expression musicale dans sa forme la plus pure : Personne n’attend ces gars, le monde ignore jusqu’au nom de leur groupe. Et c’est ce qui donne tout son cachet à ce premier jet imparfait et plutôt long (plus d'une heure), difficile d’accès, presque poignant dans ses carences qui en deviennent des stigmates de personnalités : Dans cet univers, les mots « technique », « solos », « refrains » à reprendre en cœur, « ballades », tout ce vocabulaire classique du Hard et du Metal se voit frappé de caducité. Les termes viables sont différents ici... ils peignent une nouvelle époque, une problématique de l’enfant confronté à l’horreur d’un monde sans joie, à des adultes qu’il ne comprend pas, et qui ne le comprennent pas... en ce sens, ce premier KORN est plus que le premier véritable album de ce qu’on nommera ensuite le « Néo Metal ». Il est un témoignage sans fioritures de gars pour qui la musique est plus qu’un divertissement potentiellement lucratif. Elle devient une thérapie. Tant pis pour les auditeurs. Ils seront obligés de faire l’effort de venir à KORN, si KORN ne va pas à eux... mais KORN pouvait se rassurer, ils étaient nombreux, ceux qui entendirent sa voix désabusée... Très nombreux...

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Par THE MARGINAL




 
   JULIEN

 
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   (2 chroniques)



- Jonathan Davis (chant, cornemuse)
- Fieldy (basse)
- J. Munky Shaffer (guitare)
- Brian Head Welch (guitare, chant)
- David Silveria (batterie)


1. Blind
2. Ball Tongue
3. Need To
4. Clown
5. Divine
6. Faget
7. Shoots And Ladders
8. Predictable
9. Fake
10. Lies
11. Helmet In The Bush
12. Daddy



             



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