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DEATH METAL  |  STUDIO

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MORBID ANGEL - Formulas Fatal To The Flesh (1998)
Par POSSOPO le 14 Novembre 2009          Consultée 6054 fois

De plus en plus n'importe quoi, les titres d'albums de MORBID ANGEL. Attendez, je réfléchis […]. Sixième album du groupe, sixième lettre de l'alphabet, une lettre en majuscule que l'on retrouve trois fois dans le titre du disque soit neuf branches. 6x6, ça fait 36. On multiplie encore par 9. 324. Moins 4 pour faire un compte rond. 320+36=356. Auxquels j'ajoute 10 parce que c'est comme ça. Et euh…300 parce que c'est aussi comme ça. 666, pof, je le tiens, le compte est bon.
Sinon quelle catastrophe, cette pochette. Après le classicisme adroit de Dan Seagrave ("Altars Of Madness"), après l'emprunt à la peinture (les Trésors de Satan, tableau exposé au musée royal de Bruxelles, peint par Jean Delville et repris sur "Blessed Are The Sick"), après l'ésotérisme photographié, après les ambiances Toxic Avenger en version démoniaque, le tout pourri. C'est un choix, respectons-le.

Musicalement, la grosse nouvelle s'appelle Steve Tucker. Un bel inconnu qui tente de combler le vide immense laissé par le départ du très encombrant David Vincent. Le petit Steve s'attache à trouver un grain équivalent à son prédécesseur et semble posséder un coffre satisfaisant prompt à canaliser la colère de ceux qui ont vu dans le départ de tout-puissant frontman le démantèlement artistique d'un géant. Guère leader dans ses vocalises, simple ouvrier vocal au sein de l'usine Azagthoth, le garçon accepte le déni de personnalité imposé par le guitariste tyran. Et le dictateur, enfin libéré de la présence d'un monstre scénique au discours un tantinet baroque (et con) gagne probablement une aisance créative qu'il n'a jamais connue auparavant. C'est donc parti pour cinquante minutes d'un spectacle pensé, joué, orchestré, chanté (oui oui), produit, digéré puis chié par le génie au look le plus tata du death metal.

Et on constate assez vite les dégâts de cette nouvelle direction monocéphale. On aurait pu penser que David Vincent constituait la part brutale de l'ange, Trey Azagthoth la part technique. On s'aperçoit sur "Formulas Fatal To The Flesh" que le guitariste, qui a d'ailleurs toujours été principal maître à bord du navire, n'a guère besoin de son colosse d'acolyte pour faire étalage d'une force surdimensionnée. MORBID ANGEL n'aura jamais été aussi cru dans sa férocité qu'en cette année 1998. Problème qui n'en serait pas un s'il ne s'accompagnait d'un sérieux amaigrissement dans la structure des morceaux. Soyons franc, il ne se passe rien sur les cinq premières plages. Un beau défouloir, pas plus.

L'instrumental "Disturbance In The Great Slumber" sonne cependant le réveil de la bête. Inutile interlude bien inférieur à ce qu'on pouvait entendre sur le magnétique "Blessed Are The Sick", il permet toutefois d'introduire une deuxième partie d'album plus conforme aux exigences d'un artiste censé dominer de sa classe le monde du death metal. "Umulamahri" rappelle brièvement les expérimentations de "Domination" tandis que "Hellspawn: The Rebirth" est directement extirpé des premières années créatrices du trio. Réveil en douceur et premier pied sorti du lit avec "Covenant Of Death"qui, après un démarrage tout aussi rapide et peu élégant que les morceaux qui le précèdent, prend ensuite le temps de se poser d'un pas lourd mais finalement presque gracieux sur le parterre de flammes qui a toujours vu reposer Trey Azagthoth et ses sbires. Puis vient l'heure du décollage et MORBID ANGEL se permet des instants atmosphériques qu'on ne lui connaissait pas.

Nouvel interlude peu satisfaisant puis débarque enfin la pièce maîtresse de l'album. Dix minutes tout en progression, un enchaînement de riffs heavy sur un rythme mid-tempo parfait. Et on reconnaît enfin la bête légendaire qui nous a éclaboussé de toute sa majesté quelques années plus tôt. Azagthoth lui-même parafera, signera puis contresignera ce monument en allant jusqu'à assaillir le micro chant la gorge plein de glaire. Une réussite vocale surprenante malheureusement insuffisante à faire oublier le focus mal réglé d'une production artisanale qui s'attache autant à flatter l'ego du tout-puissant leader qu'à noyer une création qui mériterait un polissage plus professionnel.

Un essai transformé en perle noire, deux, trois idées et un maximum de remplissage, voilà un bilan bien mitigé pour ce premier album de l'ère post-Vincent, une ère irrémédiablement placée sous le signe du déclin. La chute est visible même si moins abrupte que chez d'autres collègues musiciens en proie à un identique problème de vieillissement. Le processus n'en est qu'à ses débuts mais impossible de faire preuve d'indulgence envers un diable volant qui aura touché les cieux à plusieurs reprises et dont il ne restera bientôt rien de son insolent talent.

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   (2 chroniques)



- Trey Azagthoth (guitares, claviers)
- Steve Tucker (basse, chant)
- Pete Sandoval (batterie)


1. Heaving Earth
2. Prayer Of Hatred
3. Bil Ur Sag
4. Nothing Is Not
5. Chambers Of Dis
6. Disturbance In The Great Slumber
7. Umulamahri
8. Hellspawn : The Rebirth
9. Covenant Of Death
10. Hymn To A Gas Giant
11. Invocation Of The Continual One
12. Ascent Through The Spheres
13. Hymnos Rituales De Guerra
14. Trooper



             



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