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- Membre : Summoning

ABIGOR - Supreme Immortal Art (1998)
Par JULIEN le 17 Avril 2004          Consultée 3714 fois

On pourra toujours reprocher mille choses à un groupe. ABIGOR, lui, n’aura jamais à subir l’étiquette infamante de formation stagnante, farouchement arc-boutée sur une recette servie ad vitam eternam : Après deux disques fortement teintés de paganisme et d’ambiances médiévales, « Nachthymen » introduisait une dimension plus complexe et nocturne (non ?) dans le Black unique de ces autrichiens. « Opus IV » poursuivait l’exploration musicale d’ABIGOR en scindant ses argumentations en deux parties bien distinctes, l’une d’entre elles s’enveloppant d’influences spatiales, l’autre donnant à considérer un Black riche et complexe, soigneusement agrémenté de claviers. Puis ce fut le EP « Apokalypse », six titres pour une déclaration de haine saisissante de crudité et d’agressivité… Alors, comment préjuger de ce que nous réservait ce « Supreme Immortal Art » ? A quoi allions-nous être confrontés de la part de ces ambitieux et versatiles autrichiens ?

Prenant de nouveau le contre-pied de son oeuvre précédente, ABIGOR s’est finalement décidé ici à édifier ce qui resterait son disque le plus complexe et orchestral. On aime les extrêmes chez ABIGOR, et autant « Apokalypse » se montrait souverain dans sa furie satanique, autant « Supreme Immortal Art » foisonne de tant de détails qu’on a parfois l’impression de s’égarer dans les méandres d’un Black d’une richesse peu commune.

Bien entendu, le son ABIGOR nous jaillit à la figure dès les premières attaques de guitare de « Satan In Me » (précédées d’une ouverture grandiose où de majestueux claviers accueillent en leur sein un chorus de guitare d’une ampleur saisissante) : strident, lancinant, magistral d’intensité. En arrière plan, TT massacre allègrement la notion de sobriété, molestant le Black d’ABIGOR de son jeu de batterie si particulier, technique et constellé de breaks mettant à profit toms et percussions ; et Silenius, en grand maître des invocations (c’est également lui qui prête sa voix raclée à SUMMONING), arpente de ses intonations maléfiques un palais majestueux aux allures conceptuelles (chaque morceau est coupé d’interventions en allemand et autres bruitages plantant l’ambiance, généralement farouchement belliqueuse).

Luxuriante jusque dans les plus infimes détails, parcourue de riffs typiques aussi virulents (« Supreme Immortal Art », « Magic Glass Monument »…) que de mélodies guitaristiques purement merveilleuses et uniques dans l’univers Black (par exemple sur « Eclipse My Heart, Crown Me King »), la musique de « Supreme Immortal Art » se caractérise par un faste et une splendeur rares. Mais cet enregistrement d’ABIGOR, pourtant promis aux plus éclatants sommets, ne pourra qu’y aspirer, et pas y accéder. Pourquoi ? Parce que la musique se voit ici véritablement mutilée par une production totalement incompréhensible et incongrue : batterie étouffée et repoussée en arrière plan, chant très râpeux surplombant ostensiblement le tout… Tout concourt ici à gâter le gigantisme d’une des très rares œuvres à approcher l’exubérance épique et ultra complexe du fabuleux « Anthems To The Welkin At Dusk » d’EMPEROR.

Oui, habillé d’une production plus avisée et méticuleuse, « Supreme Immortal Art » n’aurait pas manqué de s’inscrire en lettres d’or sur les tablettes des plus grands chefs d’œuvre du Black orchestral et symphonique. Il ne pourra que buter contre la porte de cette antre dissimulée aux regards étriqués de la masse des formations Black. ABIGOR possède le don souriant aux élus, et qui lui permet d’aborder l’huis mythique. Mais son apparat lui ôte ici toute possibilité concrète de réception en la place. Un vrai gâchis, qui ne doit pas pour autant nous priver de l’acquisition de cette œuvre qui, même sans tenue adéquate, parvient à impressionner durablement...

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   JULIEN

 
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- Peter K (guitare, basse)
- T.t. (batterie)
- Silenius (chant)
- Lucia M. Faroutan (claviers)
- Tharen (claviers)


1. Satan In Me
2. Supreme Immortal Art
3. Soil Of Souls
4. Eclipse My Heart, Crown Me King
5. The Spirit Of Venus
6. Blood And Soil
7. Magic Glass Monument
8. Exhausted Remains



             



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