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BAD RELIGION - Stranger Than Fiction (1994)
Par CANARD WC le 8 Février 2009          Consultée 3802 fois

Plus on s’éloigne des sentiers du genre dans lequel on opère, plus le risque de marginalisation devient important. Si l’on devait justement faire un reproche à BAD RELIGION depuis le tournant mélodique pris en 92 avec "Generator", ce serait ptet ce coté larmoyant un peu « too much » (tant il est vrai que le dosage de toussa est aussi ardu que le registre choisi par les new-yorkais). Si cette mélancolie sied on ne peut mieux au Hardcore du groupe, force est de reconnaître que cette redirection artistique s’est faite au détriment d’une certaine idée de la violence inhérente au genre.

"Stranger Than Fiction" est justement cet album par lequel BAD RELIGION tente de contenir son émotion, ses douces amères et sa tristesse pas possible. Le groupe se raccroche à une vision peut être plus « classique » du Hardcore : on passe donc de la mélancolie « made in BAD RELIGION » à une espèce de positivisme un rien forcé. Tout l’album est rempli de cette énergie retrouvée et accommodée à une sauce plus joviale (bien que les thèmes et textes restent les mêmes). Ce qui amène naturellement le groupe vers une nouvelle nuance, celle de la fausse jovialité.

Tel un petit garçon qui retient ses larmes après s’être fait mal, BAD RELIGION avance dans Stranger comme si de rien n’était. Les compos sont amenées à un train d’enfer, mêlant bien souvent énergie réelle et gaieté feinte. Car il est évident que dans cet album incroyablement touchant, tout n’est qu’illusion et apparence. Le résultat atteint est inverse de celui recherché : jamais le groupe ne sera aussi émouvant qu’en voulant toucher des confins plus positifs. Même si GRAFFIN redouble d’envie de bien faire, même si les chœurs passent de pleurnichards à volontaires, que les riffs deviennent plus entraînants que poignants ; BAD RELIGION n’arrive pas à maquiller complètement les choses et le peu de spleen qui passe s’en retrouve décupler. Ce sourire dans l’adversité n’en est que plus touchant.

Alors il suffit d’un « Better off Dead » pour que BAD RELIGION nous rappelle combien le groupe est capable d’émotionner. Semblant avoir oublié la consigne le temps d’un morceau, GRAFFIN se laisse aller et renvoie le groupe dans les sphères mélancoliques où il est roi. Si BAD RELIGION donne l’impression de se retenir, on sait ce qu’il en est. Stranger a beau afficher un regain de vélocité, on pressent tout du long le terrible malaise intérieur. Ce décalage ne nous empêche bien évidemment pas de nous délecter de la terrible « Tiny Voices », d’apprécier la rapidité d’un « Television » ou encore de s’étonner du « ton » employé sur « Inner Logic ». Bien que les bonnes compos se succèdent dans la fausse joie et la bonne humeur feinte, un titre comme « Incomplete » n’en reste pas moins incroyablement huilé. Quoi qu’on en dise.

Un rapide coup d’œil aux paroles (indéniablement l’un des points forts du groupe) donne « as usual » un regain de profondeur à l’ensemble et nous confirme cette impression générale de « faux semblant » qui règne en maître sur Stranger. En un refrain enjoué, BAD RELIGION taillade au cutter la nouvelle génération de jeunots ("Digital Boy"[1]), matraque avec entrain le grégarisme américain ("Individual") et nous rappelle avec humour combien l’humanité ne mérite pas de vivre ("Better Off Dead"). Quel groupe manie aussi bien l’art de la synthèse et de la vindicte avec autant d’humour et de nuances ?

Trêve de blablattage incompréhensible, si vous voulez vraiment comprendre de quoi je parle, il vous suffit d’un click sur le morceau éponyme de l’album[2]. En moins de 3 minutes, BAD RELIGION glisse sur vos tympans avec cette gaieté si factice. Si ce « ton » faussement jovial, ce refrain surabondé des chœurs et cette énergie du désespoir ne vous font pas fondre ; on dira sobrement que BAD RELIGION n’est juste pas fait pour vous.

Donc oui, la vie CDLM.
La religion est la pire connerie inventée par le genre humain.
Les gens sont tous des cons.
Vivement qu’on crève tous comme des merdes.
Mais on va serrer les dents, parce qu’on est des grands garçons.


Note : 4/5


Morceau préféré du Canard : Better Off Dead
Ça tue : Stranger than Fiction, Tiny Voices, Inner Logic, Incomplete.


________________________________________
[1] Titre figurant déjà sur “Against the Grain”.
[2] http://www.deezer.com/#music/album/127405

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   CANARD WC

 
   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Greg Graffin (chant)
- Brett Gurewitz (guitare)
- Jay Bentley (basse)
- Greg Hetson (guitare)
- Bobby Schayer (batterie)


1. Incomplete
2. Leave Mine To Me
3. Stranger Than Fiction
4. Tiny Voices
5. The Handshake
6. Better Of Dead
7. Infected
8. Television
9. Individual
10. Hooray For Me
11. Slumber
12. Marked
13. Inner Logic
14. What It Is
15. 21st Century (digital Boy)
16. News From The Front
17. Markovian Process



             



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