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BLACK SABBATH - Sabbath Bloody Sabbath (1973)
Par DARK BEAGLE le 4 Novembre 2017          Consultée 957 fois

Les conditions avaient été réunies pour que BLACK SABBATH enregistre le successeur de "Vol. 4" ; une maison avait été louée à Los Angeles, avec assez de cocaïne pour exploser la PNB de la Colombie et suffisamment de filles de joie pour vider les roustons d’un régiment. Et pourtant, cette fois-ci, rien ne ressortira de bon de ces sessions. Il y avait la fatigue liée au rythme infernal du groupe depuis le premier album, et bien évidemment l’abus des diverses substances et les musiciens n’arrivaient à rien. Un retour en Angleterre est alors envisagé et la formation va opter pour le château de Clearwell, dans le Gloucestershire, que des formations comme LED ZEPPELIN ou DEEP PURPLE avaient déjà investi auparavant. En revanche, ces derniers n’ont peut-être pas vécu les mêmes événements que les membres de BLACK SABBATH qui eurent selon eux des démêlés avec des fantômes et autres phénomènes paranormaux. N’oubliez pas : la drogue, c’est de la merde.

Mais dans cette ambiance particulière, Tony Iommi va retrouver toute ses capacités à composer des hymnes intemporels du Heavy Metal (au moins). Et il va faire progresser la musique de BLACK SABBATH, lui faire franchir de nouveaux paliers sans pour autant dénaturer les racines du groupe, sans tourner la page sur ce qui a été fait précédemment. "Sabbath Bloody Sabbath", c’est l’exemple-type de l’album charnière dans une discographie, celui qui va marquer les esprits au travers de son accomplissement. Ici, rien que la pochette attire l’œil et tranche complètement avec ce qui a été fait auparavant ? Totalement ? Non pas vraiment, on retrouve le côté ésotérique qui rendait la jaquette du premier effort absolument magistrale. Ici, un homme subit un tourment absolu, au milieu de succubes et d’incubes sur un lit aux allures démoniaques, tandis qu’au verso un homme est sur son lit de mort, entouré de ceux qui l’aiment, une vision du départ au Paradis. Certains noterons l’ambiguïté des « s » du titre de l’album, ce qui est juste un peu de provoc’ de la part du groupe, rien de plus.

Alors, comment parler de "Sabbath Bloody Sabbath" sans être systématiquement dithyrambique ? Sans avoir constamment à souligner la grande qualité des sept compositions qui émaillent cet album (en écartant volontairement "Fluff", l’instrumental de rigueur qui n’apporte pas grand-chose d’autre qu’une pause bienvenue entre les formidables "A National Acrobat" et "Sabbra Cadabra") ? Cela va être très difficile tant cet opus attire les superlatifs. Si "Vol. 4" pouvait souffrir des abus des substances, "Sabbath Bloody Sabbath" remet les pendules à l’heure en se montrant à la fois complet et aventureux. Le groupe est ici complètement maître de son sujet et on pourrait presque dire de son destin tant il se montre impérial tout du long. Est-il étonnant alors que cet opus soit le premier du SAB’ à avoir été salué par la critique plus mainstream ? Et est-ce vraiment un problème en soi ? Non. "Sabbath Bloody Sabbath" doit être vu comme l’album de la consécration pour une formation qui aura su faire évoluer le Hard Rock encore balbutiant vers des choses plus lourdes, plus obscures.

Saluons donc l’énorme travail de Tony Iommi à travers ses riffs et ses soli ! Applaudissons Ozzy Osbourne qui n’aura jamais aussi bien chanté que sur ce disque ! Et que dire de cette section rythmique ? La basse de Geezer Butler ronronne et produit des sons dantesques alors que Bill Ward propulse son jeu de batterie à un niveau qu’on ne lui prêtait pas forcément. Il est incroyable de maîtrise et de justesse sur ce disque, il donne toute la mesure des idées de Tony Iommi qui a décidé de complexifier la musique de BLACK SABBATH, se montrant plus expérimental que jamais. Les claviers se font donc un plus présents, on retrouve même Rick Wakeman de YES sur la jam dantesque de "Sabbra Cadabra", l’un des moments forts de l’album, qui révèle un côté Rock’N’Roll chez le SAB’ qui est loin d’être anecdotique.

Le chant de Ozzy a été évoqué. Il s’approprie les morceaux avec un certain panache. Le title track est remarquable pour cela, où Ozzy se maîtrise, poussant quand il s’agit de faire monter la sauce, créer un paroxysme (son « Sabbath Bloody Sabbath » résonne encore longtemps après l’écoute de ce disque, comme s’il venait nous hanter d’une façon insidieuse). A contrario, il va se montrer bien plus brutal sur "Sabbra Cadabra", où il va crier, hurler à se déchirer les cordes vocales, pour un effet dévastateur. Oui, ce morceau hallucinant est encore une fois cité, d’une richesse fabuleuse, avec cette guitare qui se dédouble constamment. Juste brillant, absolument brillant. Et est-il seulement besoin de parler de cette perle Heavy Metal qu’est "A National Acrobat", un morceau d’anthologie tout simplement captivant ?

Mais je vois déjà les objections s’élever : pourquoi ne parler que de la face A de cet album alors que la seconde s’avère tout aussi délicieuse ? Effectivement. "Killing Yourself To Live" est une ouverture géniale, avec ses claviers savamment utilisés, qui vont mettre tout le travail plus traditionnel, cette alchimie entre la guitare, la basse et la batterie, plus en valeur. Encore une fois, il va se dégager un côté très Rock’N’Roll pour un final furieux et qui permet à "Who Are You" de briller à sa façon. "Who Are You", en simplifiant à l’extrême, c’est la ballade de l’album. Le titre plus cool, où Ozzy semble complètement possédé. Les claviers sont encore à la fête sur ce titre atypique qui offre une très belle montée en puissance, quasi épique avant de revenir sur cette mélodie synthétique qui agace doucement même si cela reste bien en tête. Une surprise donc, une ode à l’expérimentation qui a tout à fait sa place ici et qui se paye le luxe de s’intégrer parfaitement sans faire retomber la pression. Et de laisser le terrain à un final en deux parties.

"Looking For Today" est plus classique, on revient à un BLACK SABBATH plus traditionnel, plus dans l’esprit des précédents albums. La guitare de Iommi, toujours bien Heavy, s’efface par moments pour laisser passer quelques notes à l’acoustique, avant de revenir en forme, tandis qu'Ozzy montre les crocs et semble s’amuser sur le refrain d’une simplicité déconcertante après les deux précédents morceaux. Encore une fois, on remarquera le travail de Bill Ward, toujours très impressionnant derrière ses fûts, secondé habilement par un Butler littéralement habité. Quant à "Spiral Architect"… Imaginez un instant un groupe qui entame un disque par un chef d’œuvre indiscutable et qui va pourtant finir par mettre notre capacité de jugement aux abois avec un autre chef d’œuvre en guise d’épilogue. C’est exactement ce que fait ce "Spiral Architect", dont le terme « remarquable » serait encore trop faible. On note ici une session de cordes assurée par les PHANTOM FIDDLERS, dirigées par Will Malone qui aura également travaillé avec DEPECHE MODE ou OPETH. Et là, Iommi nous concocte une ambiance hantée, où l’électricité se marie à l’acoustique pour un effet bluffant. Une des plus belles fin d’album avec "Hallowed Be Thy Name" sur "The Number Of The Beast" d’IRON MAIDEN, assurément.

BLACK SABBATH a donc refusé la stagnation et s’est renouvelé sur ce "Sabbath Bloody Sabbath" en tout point excellent. Difficile d’être purement objectif et de pointer des faiblesses sur ce disque même si "Who Are You" et "Looking For Today" pourraient être discutables. Nous assistons donc à un quasi sans-faute de la part des musiciens de Birmingham qui livrent ici un classique du genre instantané. Pour Ozzy Osbourne, ironiquement, ce disque sera le début de la fin pour BLACK SABBATH, qui aura ouvert une porte sur l’enfer, celui de l’expérimentation absolue, ce qui rendra Ozzy malheureux (et quand Ozzy est malheureux, il a la tête dans une montagne de poudreuse...), ne se retrouvant pas dans la direction musicale prise par ses comparses, Tony Iommi en tête. "Sabbath Bloody Sabbath" ouvre donc un nouveau chapitre dans l’histoire du SAB’ tout en sonnant, bien malgré lui, le glas de la formation classique de ce groupe immense.

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   (3 chroniques)



- Ozzy Osbourne (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Bill Ward (batterie)


1. Sabbath Bloody Sabbath
2. A National Acrobat
3. Fluff
4. Sabbra Cadabra
5. Killing Yourself To Live
6. Who Are You?
7. Looking For Today
8. Spiral Architect



             



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