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FEAR FACTORY - Digimortal (2001)
Par JULIEN le 18 Octobre 2003          Consultée 6256 fois

"Digimortal" constitue le sixième et dernier chapitre de la saga FEAR FACTORY. Et même s'il n'était pas destiné a priori à tenir ce rôle, ne cachons pas qu'il valait mieux s'en tenir là, eu égard à ce que l'on peut entendre sur cette cyber-galette. Car l'impression majeure qui ressort de cet ultime opus de l'usine à frayeur, c'est bien celle d'une fin de règne, signalée par un essoufflement de l'inspiration et par une prise de conscience douloureuse de l'étroitesse de la marge d'évolution avec laquelle la formation se débattait.

Pour ceux qui le découvriraient ici, le générateur FEAR FACTORY est un chirurgien insensible qui s'approprie guitares et batterie pour mieux les dépouiller de toute leur humanité. Repensés par la machine, les composants de base du Metal obtiennent là un supplément d'efficacité au détriment de toute émanation de chaleur, et se font les soldats cybernétique d'un Metal Technoïde, d'une redoutable agressivité acérée, inaltérable dans son travail de débitage au scalpel. Froide et mécanique, la musique de FEAR FACTORY produit des assemblages dynamiques et secouant, chirurgicaux dans leur structure, que vient animer un chant alternant beuglements quasi Death et voix mélodique, claire et fantomatique. Une programmation qui engendra deux très grands rejetons des 90's, intitulés "Demanufacture" et "Obsolete"... mais qui bégaya pour "Digimortal".

Le problème majeur de cette dernière progéniture, ce n'est pas le groupe lui-même - les quatre musiciens dominent leur affaire, même si le chant clair de Burton apparaît moins envoûtant et maîtrisé qu'auparavant, plus haché -, encore moins la qualité de la production - le son est d'une clarté énorme et pète sévèrement à la gueule. Non, le problème de "Digimortal", c'est qu'il est fade. Les allures plus groovy et Néo-Metal de certains titres ("Linchpin" en tête, tube inévitable avec ses couplets sur fond de basse et de guitares intermittentes précédant un refrain ultra-mélodique), la tentative de cyber-rap de "Back The Fuck Up", qui brillerait par sa touche originale si elle n'avait pas à gérer une impression d'opportunisme (on est alors en 2001, et ce genre d'insertion d'éléments Hip-Hop est plus que banal sur le sol américain), tout ça n'arrange rien à l'affaire : FEAR FACTORY tourne en rond, exploite des pistes déjà parcourues sur ses deux chefs d'oeuvre que sont "Demanufacture" et "Obsolete", tout en tentant quelques timides percées en territoire moins connu (Scratchs, bruitages plus saillants que les habituelles nappes, chant Rap...). Mais on aurait tendance à attendre davantage d'un groupe aussi original et révolutionnaire, qui sut se créer un son et un univers propre.

Attention, entendons-nous, "Digimortal" n'est pas mauvais. Il se contente d'être efficace ("What Will Become?", "Damaged" ou "No One" sont de belles pièces de pure efficacité) et bien lustré ("Linchpin", "Digimortal", "Invisible Wounds") là où le FEAR FACTYORY d'antan suintait d'une beauté glaciale indicible : Les nappes synthétiques faisaient corps avec les élaborations rythmiques tranchantes de l'incontournable "Demanufacture" et l'engloutissaient dans un monde cybernétique saisissant ; "Obsolete" brillait par sa violence fractale bouillonnante, son empreinte conceptuelle approfondie et ses expérimentations bienvenues. Mais "Digimotal", lui, pêche cruellement sur un point fondamental : il n'a que peu de charme.

Direct et hyper efficace (les titres oscillent entre trois et quatre petites minutes, et seules deux compositions dépassent les cinq minutes) mais très prévisible voire maladroit en quelques endroits où l'impression est celle d'un enchaînement de plans standardisés, "Digimortal" souffre de la comparaison avec ses prédécesseurs. Bien sûr, le disque passe très bien et s'écoute avec plaisir, et contient même quelques moments magiques (le break cristallin de "Acres Of Skin", le facile mais accrocheur "Linchpin", le pas mauvais "Back The Fuck Up", les tueries "What Will Become?" et "Damaged"). Mais dans l'ensemble, il en ressort une impression de bâclage, comme si le groupe ne cherchait qu'à faire du FEAR FACTORY, sans se réinventer.

Ainsi, et même si je pense être sévère, "Digimortal" ne m'apparaît pas à la hauteur de ce que le groupe apporta au Metal, et clôt assez injustement la carrière d'une formation qui eut mérité plus glorieuse épitaphe que ce dernier modèle imparfait. Dommage...

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Par JULIEN




 
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   (3 chroniques)



- Dino Cazares (guitare)
- Burton C. Bell (chant)
- Christian Olde Wolbers (basse)
- Raymond Herrera (batterie)
- Rhys Fulber (claviers)


1. What Will Become ?
2. Damaged
3. Digimortal
4. No One
5. Linchpin
6. Invisible Wounds (dark Bodies)
7. Acres Of Skin
8. Back The Fuck Up
9. Byte Block
10. Hurt Conveyor
11. (memory Imprints) Never End
12. Dead Man Walking (bonus Track)
13. Strain Vs Resistance (bonus Track)
14. Repentance (bonus Track)
15. Full Metal Contact (bonus Track)



             



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