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BLACK FUTURISTE  |  STUDIO

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Lexique black metal
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- Style + Membre : And Oceans Vs Bloodthorn

AND OCEANS - A.m.g.o.d. (2001)
Par JULIEN le 14 Octobre 2003          Consultée 3668 fois

Décidément, nos joyeux lurons de ...AND OCEANS n'ont pas fini de surprendre le petit monde du Black Metal ! Après un premier disque incroyablement réussi et magistral, le groupe revenait nous asséner un deuxième opus qui exacerbait les aspects opposés du groupe, rendant la musique encore plus agressive d'une part, et davantage versée dans l'atmosphérique d'autre part. Une légère modification qui se traduisait par un disque plus tendu, mais parfaitement réussi. Que pouvions nous alors attendre de nos finlandais pour cette nouvelle livraison ? Un retour à l'équilibre lumineux du premier disque, une course en avant vers l'extrémisme des deux facettes du groupe, au risque de casser totalement l'équilibre déjà bousculé avec l'ouvre précédente ? Que nenni !

Et oui, après deux disques explorant un univers finalement assez homogène, ...AND OCEANS s'est plongé de lui-même dans un caisson de maturation, pour en ressortir passablement transformé : Des nappes atmosphériques et pianos vaporeux qui faisaient toute l'originalité du groupe ne demeurent plus sur ce nouveau chapitre que quelques lambeaux. Pour les reste, nous retrouvons nos guitares d'une épaisseur et d'une violence sans compromis, et le chant déjanté du maître d'oeuvre, sans omettre la monstrueuse batterie qui à elle seule achevait de rabattre le caquet de ceux qui voyaient dans les prétentions mélodiques du groupe un obstacle à une intrusion dans les contrées de l'extrême. Bon, mais qui a-t-il de nouveau sur ce "A.M.G.O.D." (abréviation bien commode de Allotropic Metamorphic - Genesis Of Dimorphism) ?

Et bien, avec ce nouveau disque, ...AND OCEANS n'a pas oublié les aspirations marines prévalant sur leurs deux premiers disques, mais cette fois-ci, un courant électrique parcourt les flots déchaînés, brassés par nos six cinglés, et insuffle à l'élément aqueux une violente poussée cyber, voire franchement électronique. Non, je n'ai pas dit Techno ! Pas exactement du moins.

Qu'on ne se méprenne pas : ...AND OCEANS a toujours bâti ses constructions musicales sur une charpente solidement enracinée dans un Black des plus agressifs, et même violent, et ce point n'a pas été négligé lors de la conception de cette nouvelle conque fiévreuse. Mais pour la première fois, le groupe voit des claviers et arrangements parfaitement synthétiques et vigoureux se sertir dans le maelström intenable de son art Black Metal.

En résulte une collection de neuf morceaux qui sont autant de petites oeuvres à part entière, et qui n'ont pas besoin de se reposer sur le support de l'ensemble pour obtenir leur existence autonomes. Pourtant, et si ces neuf décharges de pure électricité se distinguent par leur forte personnalité intrinsèque, au moins sont-elles toutes liées par un sentiment convergeant d'originalité et par l'hégémonie d'une couleur bleue étalant son registre sur toute la palette, de le teinte à peine plus affirmée que le blanc aux abysses noirâtres du foncé.

Mais la malice ne quitte jamais longtemps les lieux, et le chant complètement barré, alternant grondements, hurlements Black et trucages en tous genres, a tôt fait de nous rappeler que ces eaux ne sont pas très fréquentables : ...AND OCEANS n'a pas oublié se bipolarité, et si ses humeurs se font parfois apaisantes ("TBA In A Silver Box"...), elles ne tardent pas à s'emballer et à s'attaquer sans scrupules à tout ce qui traîne dans les parages. Révélatrices de cet état de fait, les deux compositions totalement opposées que sont "Esprit de Corps", brulôt ravageur quasiment épuré de toute once de clavier, et le totalement Techno (si si!) "New Model World".

Entre ces deux rivages où s'échoue la notion de nuance, sept morceaux complexes, composés de strates qui garantissent une dynamique prenante et le maintien de l'intérêt au sein d'un même titre, dont on se demande toujours ce qui va en jaillir pour casser notre accoutumance envers les enchaînements téléphonés. Riffs quasiment Black Old School, interludes bondissant sur des beats Techno, rouleau compresseur et blast beats qui détruisent tout sur leur passage, courtes échappées en pur terrain atmosphérique, mélodies gothiques ici et là, ...AND OCEANS pratique un Black redoutable, terriblement efficace ("Tears Have No Name" en est un exemple singulièrement vivifiant), et d'une originalité qui sait jusqu'où s'aventurer sans s'enfoncer dans le cercle très fermé et confidentiel de l'avant-garde. En tout cas, avec le potentiel d'agressivité déployé ici, on n'a pas à craindre pour les critiques concluant hâtivement à un apaisement du tempérament de nos six finlandais.

En résumé, voici un groupe intelligent, qui a su prendre la bonne décision, celle de renouveler sa garde robe, à l'heure où il ne fallait pas se fourvoyer dans une redite de deux premiers opus, synonyme d'ambition périclitant. Défi relevé haut la main par ces étranges finlandais qui méritent également tous les honneurs, ceux qui couronnent les musiciens n'hésitant pas à s'exposer à la critique. Car les choses doivent être claires : si vous êtes allergiques à tout ce qui ressemble à une ambiance futuriste et cyber, et si les bidouillages électroniques et autres artefacts issus de la Techno vous révulsent, je doute que vous puissiez manifester un intérêt démentiel pour ce disque profondément unique et original. Les autres, moins frileux, ou plus aptes à digérer une mixture abrasive de Black musclé et mélodique lacéré de synthés tranchants et glaciaux, pourront jeter leur dévolu sur cet atypique ouvrage à l'artwork ausi réussi que la mutation qui l'appela au monde.

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   JULIEN

 
   BIONIC2802

 
   (2 chroniques)



- Killstar (chant)
- Tripster (guitare)
- 7even Ii (guitare)
- Atomica (basse)
- Plasmaar (claviers)
- Martex (batterie)


1. Intelligence Is Sexy
2. White Synthetic Noise
3. Tears Have No Name
4. Esprit De Corps
5. Odious & Devious
6. Of Devilish Tongues
7. Postfuturistika
8. Tba In A Silver Box
9. New Model World



             



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