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METAL INSTRUMENTAL  |  STUDIO

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Joe SATRIANI - Time Machine (1993)
Par JULIEN le 16 Septembre 2003          Consultée 6383 fois

Tout juste un an après un "The Extremist" qui aura déclenché quelques polémiques (m'en tape, moi j'aime ce disque!), notre bon Satch revient au bercail et ramène dans ses valises un sympathique cadeau, sous forme de deux galettes pleines à craquer ! Ouah, deux fois plus de matériel que d'habitude à se caler dans les oreilles ? Pas tout-à-fait...

En réalité, "Time Machine" comprend deux disques totalement différents : d'abord un premier disque, constellé de quatorze compositions, rares ou inédites, hétéroclites dans l'inspiration et versatiles dans la tonalité du propos. Un bouquet de notes puisées à même un livre de souvenirs d'explorations musicales étalées dans le temps, révélatrices des regards associés aux différentes étapes de sa carrière. La voilà donc, cette curieuse machine à remonter le temps dont Joe nous dévoile le prototype sur cette étrange pochette noyée de vert.

Et le second disque ? On aurait pu s'attendre à une vision du futur, une projection à plus ou moins long terme offrant à tout un chacun de quoi entretenir d'alléchantes hypothèses sur les champs d'expérimentation envisagées par ce voyageur de la six cordes. Il n'en est rien, puisque nous devons nous contenter d'un simple live.

Les protagonistes présentées, détaillons le mécanisme de l'engin : L'entreprise se voulait découverte d'un éventail d'horloges figées à une époque, et dont le mécanisme se serait ré-activé pour soumettre à l'auditeur la vision d'un temps, d'une atmosphère, d'une idée mise en note ou d'une folle tentative d'un instant. Le résultat est convaincant : quatorze morceaux qui dépeignent des mondes différents, avec une sensation d'hétérogénéité (compréhensible) quelque peu aplanie par la qualité d'une production soignée, homogène et récente, pleine d'effets, qui esquive ainsi les aspérités d'une qualité sonore oscillante. Le côté compilation de la chose n'empêche donc pas l'auditeur de profiter de cette escapade temporelle dans un confort d'écoute appréciable, et contribue à donner à l'ensemble la coloration d'un album pur et simple.

Concernant la qualité du matériel proposé par Joe, et comme on pouvait s'y attendre en compulsant les données initiales de cette entreprise fort sympathique, on trouve du bon, du moins bon, de l'anecdotique, du surprenant, et la touche de magie qui illumine ici un solo, là un phrasé, et rappelle à qui nous avons à faire... Du Satriani en somme. Le profond "Time Machine" et ses effets de réverbérations est à mon sens un pur chef d'oeuvre, "The Mighty Turtle Head" et les deux "Banana Mango" apportent une pointe d'exotisme et d'originalité qui fait bien plaisir, tandis que le rapide "Dweller On The Threshold" et l'angoissant "I Am Become Death" rameutent des volutes bien noires... ce qui n'empêche pas le péchu "Speed Of Light", dans la lignée des morceaux entraînants typiques de Joe, de venir saupoudrer tout ça d'un peu de gaieté simple et communicative. Oh, on trouve bien d'autres choses également, telles la ballade "Thinking Of You", un étonnant instrumental à l'intitulé suffisamment évocateur, "Baroque" - cet album s'appelle "Time Machine" après tout - ou encore "Crazy", un morceau chanté dans la veine du "Strange" de "Flying In A Blue Dream". Par contre, mais ce n'est là que mon avis, "Time Machine " n'avait pas besoin de ce long emplâtre abscons de plus d'un quart d'heure qu'est "Woodstock Jam", et qui met un terme à ce voyage après quatre morceaux tirés du EP "Joe Satriani", paru en 1984 (les plus étranges du lot).

Quant au live, je m'interroge honnêtement sur l'intérêt d'un concert de musique instrumental qui rechigne à triturer les compositions originelles en y injectant un peu de folie et d'audace. Alors bien sûr, le groupe joue bien, très bien même (ce serait malheureux), la set-list est en béton, n'omettant pas les classiques immanquables du répertoire de Joe... mais comment dire... quitte à jouir de l'excitation du contexte live, autant que la musique s'y prête. Ce qui n'est pas exactement le cas de la musique de Joe. Il faut l'avouer, privé d'images, de jeu de scène et de jeux de lumière pertinents, l'auditeur est réduit à une banale écoute d'un groupe qui livre une interprétation sans failles, mais qui s'enferme quasi systématiquement dans le carcan du respect de l'oeuvre initiale. Les interludes sympas, les solos totalement revisités, l'humour ou l'improvisation n'étant pas convoqués en la place, on reste sur notre faim, avec la désagréable impression que peu de choses pourraient nous inciter à nous dégourdir le popotin si Joe venait à se produire dans le coin. Tout ça manque de plaisir, de sourires, de visages de fans interdits par un solo inattendu ou une variation jouissive plantant une graine d'intérêt à effet immédiat au milieu d'un champ plutôt aride. Et ce ne sont pas ce court et inutile solo de batterie et les quelques interventions parlées de Joe, encore moins le leurre d'introductions à peine modifiées ou rallongées, qui arrangeront l'affaire : ce deuxième disque m'apparaît bien ennuyeux, et quitte à écouter du Satriani, je préfère savourer les versions studio.

Au final, ce "Time Machine" s'impose logiquement comme un objet luxueux (le livret, bourré de photos, est également très détaillé et présente le disque par le menu) qui ravira les fans de Joe, bien sûr, mais qui pourra également séduire les amateurs de musique instrumentale de qualité. Intéressant pour ses facettes multiples qu'il fait miroiter, éclairant d'émotions variées les sens de l'amateur moulé dans un fauteuil moelleux, "Time Machine" mérite tout-à-fait qu'on tente l'expérience. Mais je reste fermement accroché à l'impression (toute personnelle, je le répète), qu'il aurait gagné à se présenter dans sa plus simple expression, amputée d'un membre surnuméraire oiseux.

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- Joe Satriani (guitare,basse,claviers)
- Stuart Hamm (basse)
- Jonathan Mover (batterie,percussions)
- Tom Coster (orgue)
- Phil Ashley (claviers,séquenceur)
- Simon Phillips (batterie)
- Jeff Campitelli (batterie)
- Matt Bissonette (basse)
- Gregg Bissonette (batterie)
- Bongo Bob Smith (programmation batterie)
- John Cuniberti (programmation batterie)


1. Time Machine
2. The Mighty Turtle Head
3. All Alone (also Known As Left Alone)
4. Banana Mango Ii
5. Thinking Of You
6. Crazy
7. Speed Of Light
8. Baroque
9. Dweller On The Threshold
10. Banana Mango
11. Dreaming # 11
12. I Am Become Death
13. Saying Goodbye
14. Woodstock Jam

1. Satch Boogie
2. Summer Song
3. Flying In A Blue Dream
4. Cryin'
5. The Crush Of Love
6. Tears In The Rain
7. Always With Me, Always With You
8. Big Bad Moon
9. Surfing With The Alien
10. Rubina
11. Circles
12. Drum Solo
13. Lords Of Karma
14. Echo



             



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