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DEATH METAL  |  STUDIO

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1990 Final Holocaust
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MASSACRA - Final Holocaust (1990)
Par DARK BEAGLE le 3 Décembre 2025          Consultée 885 fois

Le Metal et la France, et principalement avec ses groupes officiant dans le genre extrême, ça n'a pas toujours été une histoire d'amour et certaines réputations sont tenaces. J'en parlais à un collègue il y a peu. Le mec, pour vous le situer, est fan de METALLICA et de RAMMSTEIN, mais il ferme catégoriquement toutes les portes dès qu'il sait qu'une formation est française. Le motif ? C'est mal fait, c'est amateur, ça ne vaut pas les combos étrangers. Oui, même GOJIRA. C'est son opinion, elle lui appartient, mais n'était-ce pas un peu le cas à la fin des années 80 ? Est-ce qu'il n'y avait pas une certaine forme de dédain pour les groupes hexagonaux qui tentaient de se démarquer, surtout dans des domaines plus extrêmes ? Euronymous avait peut-être dit du bien de "Licensed To Thrash" à l'époque, mais cela restait minime. C'est pourtant dans ce marasme qu'une scène Death qualitative s'est développée en France, dont MASSACRA fut l'un des chefs de file.

Fort de quelques démos qui commençaient à créer le buzz (toutes proportions gardées, n'oubliez pas qu'en France, nous dressions les idoles des Yéyés en bouclier face à la British Invasion. Et que l'heure allouée à Tonton Zégut était finalement bien courte face à la variétoche de la fin des 80s). Mais voilà, Jean Marc, Fred, Pascal et Chris avaient très bien compris que s'ils comptaient sur ce que pouvait lui offrir la France, ils ne sortiraient de l'ombre. Biberonnés au Thrash, ils ont fait évoluer leur formule alors que le spectre de leurs écoutes s'élargissait alors que les DEATH et autres POSSESSED offraient les premiers standards du genre plus extrêmes du Death. C'est finalement le label allemand Shark Records qui les signa, label aujourd'hui défunt mais qui avait distribué les premiers SEPULTURA en Europe.

Avec sa pochette qui tabasse, plus sanglante que ce que proposait Frazetta, MASSACRA donne déjà le ton. L'illustration est de Gil Formosa, dessinateur de la série de BD d'Heroic Fantasy "Légendes du Chevalier Cargal" dont est tiré le personnage. On devine rapidement que ce n'est pas un disque avec lequel nous allons beaucoup rigoler. Le groupe 1914 m'avait rappelé au bon souvenir de MASSACRA avec leurs introductions qui reprenaient des marches ou des chansons militaires au début de chaque album. Les Français ont fait de même avec "Apocalyptic Warriors" avec cet extrait du "Faust" de GOUNOD, qui offre un rendu très similaire. L'enchaînement avec le riffing fait très mal et définit totalement ce qu'est alors MASSACRA.

Produit par Ulli Pösselt et Axel Thubeauville, les boss de Shark Records, le son des Français est rugueux, abrasif, le rendu est très brutal. S'il n'a pas forcément bien vieilli, pour l'époque, il était réellement robuste et servait à merveille la musique haineuse du groupe qui évoluait dans un mélange de Thrash et de Death, hérité de groupes comme SLAYER ou KREATOR. Dopé par un batteur qui envoyait du lourd, MASSACRA délivrait dix morceaux saignants (si on compte "Beyond The Prophecy" qui apparaissait sur certains pressages dès 1990) comme nous les aimons, souvent issus de leurs démos précédentes, parfois rebaptisés pour l'occasion. Les musiciens foncent têtes baissées, ils ne laissent aucune chance à l'auditeur, entre vélocité, agression caractérisée, ralentissements meurtriers. La formule est assez simple, elle est délivrée à satiété, lorgnant parfois plus du côté du Thrash ("Nearer To Death") ou se drapant du suaire purulent du Death.

Bien que le son de cymbale puisse s'avérer épuisant à la longue, que le chant manque un peu de variété (un peu monotone, mais il fait également office de ligne directrice tout du long en étant toujours parfaitement en place), "Final Holocaust" ne démérite pas. On ressent littéralement l'abnégation des jeunes musiciens qui ont sué sang et eau pour en arriver là, à batailler pour pouvoir enregistrer de façon décente son premier album, qui se fond parfaitement dans le décor du Metal Extrême de l'époque, bien que semblant vaciller d'un côté ou de l'autre de la frontière, nourri au Thrash et biberonné au Death. Les influences ont été digérées et le groupe insuffle déjà sa personnalité au travers les dix compositions qui forment cet album. Il n'y a pas de déchet ici et déjà des classiques se dessinent ("Day Of The Massacra", "Nearer To Death").

La sauvagerie et l'aspect haineux de l'ensemble fait immédiatement mouche. Les borborygmes qui servent de chant sont malsains, l'ambiance est vraiment très sombre. Ici, le groupe ne cherche pas la sophistication, il cherche avant tout à faire très mal, histoire que l'on se souvienne bien de lui, de son nom. Avec ce disque, il va se placer parmi les chefs de file d'une scène française qui commençait à émerger, avec les LOUDBLAST et autres MERCYLESS et qui allait commencer à battre les cartes pour une nouvelle donne. Parce que l'on devine déjà que MASSACRA a de grandes ambitions, que sa brutalité était un sésame pour briller sur la scène mondiale plutôt que de se contenter des bars et des micro salles de leur coin.

Car oui, la presse française ne fut pas tendre avec ce disque, snobant ses qualités pour saluer avec effervescence la production américaine qui n'était pas à une merveille pourrissante près. Nul n'est prophète en son pays, à ce qu'on dit et MASSACRA s'imposera avec force partout où il jouera. "Final Holocaust", c'est une déclaration de guerre, une carte de visite maculée du sang des vaincus, une apologie de la violence sonore. On s'en fout si le rendu est daté (les remasterisations corrigent quelque peu cela, mais son aspect primaire lui confère malgré tout un charme certain), que l'on sent que les compositions ont parfois quelques années de différence et que cela se ressent par instants. Oui, on s'en fout, parce qu'on préférera applaudir cette ode à la brutalité qui allait devenir fédératrice et émanciper les formations qui attendaient leur heure dans l'ombre. Un petit classique du genre, mais ô combien essentiel.

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- Jean Marc Tristani (guitare lead)
- Fred 'death' Duval (guitare, vocaux)
- Pascal Jorgensen (basse, vocaux)
- Chris Palengat (batterie)


1. Apocalyptic Warriors
2. Researchers Of Tortures
3. Sentenced For Life
4. War Of Attrition
5. Trained To Kill
6. Nearer To Death
7. Final Holocaust
8. Eternal Hate
9. The Day Of The Massacra
10. Beyond The Prophecy (bonus De Certaines ?ditions De 1990)


             



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