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THRASH METAL  |  STUDIO

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Metal Hit
Lexique thrash metal
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CHRONIQUES

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1991 ★★★★  3 Mental Vortex
1993 ★★★★  6 Grin
2025 ★★★★★  Dissonance Theory

COMPILATIONS

1995 ★★★★  Coroner
SUR FORCES PARALLÈLES
2025 ★★★★  Dissonance Theory
ÉQUIVALENCES
Style : SADUS

CORONER - Dissonance Theory (2025) ★★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 7 Novembre 2025          Consultée 4036 fois

Le retour discographique de CORONER commençait à ressembler à une arlésienne, depuis le temps où cela avait été annoncé, puis repoussé. Nous parlons d'une quinzaine d'années, entre un retour sur scène remarqué, des dates sporadiques et le départ de Marquis Marky qui n'était pas enthousiaste à l'idée de donner une suite à "Grin". L'arrivée de Diego Rapacchietti derrière les fûts va permettre de faire un peu avancer les choses, mais Tommy Vetterli est un homme occupé avec ces différents travaux de production ainsi qu'avec 69 CHAMBERS, groupe qu'il partage avec son épouse et… Rapacchietti. Nous restons donc en famille en quelques sorte. Puis un single sort, "Renewal" et là, il n'y a plus de doute possible. La pochette se fait connaître, et "Dissonance Theory" commence à sérieusement se faire teaser. Trente-deux ans après "Grin", nous allions pouvoir savourer un nouvel album de CORONER, chose inespérée, vœu secret de nombreux amoureux de la musique. Pour vous dire la vérité, l'annonce du retour des Suisses provoque chez moi la même excitation que celle de CELTIC FROST avec "Monotheist", mais décuplé par une attente déraisonnée.

La pochette est plutôt réussie. Ces hélices d'ADN constituées d'os, le tout dans des tons monochromes, est flatteuse pour le regard, elle aurait très bien pu rater sa cible. Nous avons toujours le bandeau noir qui traverse la jaquette, devenu une marque de fabrique aussi efficace qu'une mascotte. Nous savons qu'il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Mais justement, quelle allait être la teneur de cette marchandise ? Le groupe est-il encore capable d'aller de l'avant et d'avoir des coups d'avance sur des formations qui elles ne se sont jamais arrêtées ? Va-t-il jouer la carte de la sécurité en faisant simplement une redite de ce qui a été fait par le passé, certains disques étant toujours modernes et actuels malgré le temps qui s'est écoulé ? C'était là le véritable sujet de crainte concernant le retour de CORONER, les Suisses pouvaient-ils encore faire la différence malgré ceux qui ont marché dans ses pas et fait, à leur manière, avancer les choses ? Y a-t-il une pertinence à un tel retour ?

La réponse est évidente : non, mille fois non ! CORONER n'allait pas effectuer un comeback sans avoir quelque chose de neuf à proposer. Et pourtant, on reconnaît tout de suite les marqueurs du groupe. La seule différence notoire est que Rapacchietti ne possède pas le même jeu que Marquis, mais il propose toutefois une belle densité qui sert les compositions ciselées de Vetterli, toujours aussi impressionnant dans le songwriting. Il a l'art de proposer des riffs évolutifs qui peuvent façonner de véritables fresques, talonnées par des soli où il laisse éclater sa fibre mélodique de bien belle façon ("Sacrificial Lamb"). Pour exprimer le ressenti de la musique de CORONER, il serait presque obligatoire d'user de tous les superlatifs qu'on aurait à disposition. Aussi nous allons prendre le problème à l'envers et dire que ce disque est terriblement exigeant. Il demande de nombreuses écoutes attentives pour en déceler toutes les subtilités à travers les aspérités de ces dix murs du son qui composent l'album.

Dès "Oxymoron" nous devinons que nous posons les oreilles sur un album sombre, oppressant, impression très vite confirmée par un "Consequence" qui fait bien mal par où il passe. Une fois encore, CORONER repousse les limites de son Thrash, afin de ne sonner à aucun autre pareil. Le chant de Ron Royce est toujours là, intact, un peu dégueulasse mais parfait pour l'exercice. La production dope également le son. Vetterli a confié le mix de l'album à Jens Bogren, qui s'est également occupé du dernier TESTAMENT. Tommy a opté pour une production moderne, mais sans pour autant rendre une copie impersonnelle. Une chose ne change pas en revanche, c'est l'aspect intellectuel que développe le groupe, le titre de l'album faisant référence à la dissonance cognitive chère à Leon Festinger, que l'on peut placer en cours de soirée pour un effet un peu bof quand même. Mais pour revenir à "Consequence", les Suisses ont le culot d'entamer l'album par un des meilleurs morceaux de leur carrière, sans que Vetterli ne tombe dans la frénésie facile et doté d'un excellent texte (et quel final !) qui décrit notre déshumanisation progressive.

Mais "Consequence" ne peut résumer cet album à lui seul. Il regorge de pépites enflammées, à l'instar de ce "Crisium Bound" ou de "The Law", sur lesquels le groupe tempère avec brio (ce travail sur les rythmiques !). Mais que ce soient "Symmetry", "Transparent Eye" ou "Trinity", chaque titre a sa particularité. Des synthés s'y incrustent sans jamais prendre trop de place. Ils sont là comme un adjuvant, pour aider le groupe à pousser ces compositions, pour en tirer le meilleur, jusqu'à ce qu'ils osent lâcher les rênes sur "Prolonging" qui se termine sur une partie instrumentale qui joue sur la dissonance, avec un orgue Hammond lugubre qui s'invite dans la danse. Étrangement, c'est dans "Renewal", single providentiel que l'on n'attendait plus que je retrouve le plus la marque du vieux CORONER, le plus balisé, celui qui sonne le plus ouvertement Thrash, sans pour autant abonder vers un classicisme qui serait insultant pour les fans.

Car pouvons-nous encore parler de Thrash concernant CORONER ? Nous allons mettre le terme Techno Thrash de côté, il n'est plus utilisé depuis que ma grand-mère mange les pissenlits par la racine. J'ai tendance à penser que cette étiquette qui concerne un nombre réduit de groupes a souvent été utilisée pour ne pas que le terme « progressif » ne soit prononcé, ce qui s'appliquerait d'ailleurs très bien à cette musique. Si je voulais creuser un peu plus, en constatant l'avance que les Suisses avaient sur une majorité de la concurrence (et que Vetterli a prolongé de façon moindre sur les deux KREATOR auxquels il a participé), je parlerai plus d'Avant-Garde, dénomination que l'on réserve souvent à des combos plus extrêmes. Mais à l'instar de leurs compatriotes de CELTIC FROST, CORONER a eu une forte influence sur le scène Extrême. Deux coups d'avance. Et si nous pouvions craindre qu'ils soient rattrapés et dépassés par leurs disciples, il n'en est rien. "Dissonance Theory" renouvelle encore une fois le style CORONER tout en conservant ses principaux attraits.

Autour de moi, beaucoup parlent de ce disque comme étant l'album de l'année. J'avoue que j'adorerai être surpris par une autre formation, mais j'abonde pour le moment en ce sens également. Parce que je suis un amoureux de ce groupe hors norme et parce que j'ai vécu un sacré voyage à l'écoute de "Dissonance Theory" et une pression terrible à vous en parler, à trouver les bons mots pour décrire un art qui s'écoute et qui ne donnera pas toutes les réponses en une fois. Cet effort se mérite. Comme presque tous les albums de CORONER me direz vous. Mais ici, rien n'est consensuel et "Dissonance Theory" n'a pas à rougir de ses prédécesseur, il s'insère à merveille au sein d'une discographie courte, mais qui frôle l'excellence. Si toutes les reformations pouvaient être du même acabit, à ne pas capitaliser sur la nostalgie, ce serait parfait ; mais vu sa fan-base pour le moins discrète, CORONER ne pouvait se permettre de recycler son passé, un peu comme CELTIC FROST au moment de proposer "Monotheist" en somme. Et c'est tant mieux.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Ron Broder (chant, basse)
- Tommy Vetterli (guitare)
- Diego Rapacchietti (batterie)

TRACKLIST
1. Oxymoron
2. Consequence
3. Sacrificial Lamb
4. Crisium Bound
5. Symmetry
6. The Law
7. Transparent Eye
8. Trinity
9. Renewal
10. Prolonging


             



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