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DEATH METAL  |  STUDIO

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Membre : NILE, STORMWARRIOR

NIGHTFALL - Children Of Eve (2025)
Par DARK BEAGLE le 7 Octobre 2025          Consultée 1372 fois

Quatre ans après un "At Night We Prey" bien triste qui n'aura pas laissé un souvenir impérissable, NIGHTFALL revient avec son nouveau rejeton. Mike Galiatsos ne fait à nouveau plus partie du groupe, il n'est pas remplacé non plus à la guitare, Kostas Kyriakopoulos les assure tout seul, tandis que Efthimis Karadimas abandonne la basse à Vasiliki Biza pour se concentrer sur le chant. Et cette fois-ci, le groupe décide de mettre les petits plats dans les grands. Cela commence par cette pochette illustrée par Eliran Kantor, au style très reconnaissable, qui livre là un bien joli travail, et nous retrouvons Thimios Krikos (INNERWISH) à la production en compagnie de Karadimas et du batteur Fortis Benardo. Le mix est quant à lui confié à Jacob Hansen, au curriculum vitae long comme le fémur d'un tyrannosaure. Et j'espère sincèrement ne plus avoir à mentionner qui que ce soit, le name dropping a ses limites.

Et ces quelques petits changements cumulés vont contribuer à réaliser un véritable miracle en soi : NIGHTFALL sort là ce qui est son meilleur album depuis "Lesbian Show" (1), près de trente ans plus tôt. En écrivant ces mots, l'aspect terrible de l'affirmation me saute aux yeux dans tout son misérabilisme. Et il faut une sacrée dose d'abnégation pour poursuivre malgré les échecs critiques et commerciaux, malgré des turbulences de personnel qui vont et qui viennent, malgré la dépression qui déboucha sur "At Night We Prey". Mais cela finit par payer et NIGHTFALL retrouve ici de sa superbe sans pour autant revenir au style de "Athenian Echoes". Karadimas réinvente encore une fois le son de NIGTHFALL, ou plutôt il l'affine, lui donne corps et le dope littéralement. "Children Of Eve" se veut Death Metal et surtout, il se veut efficace, né de la colère de son leader face à un monde qui part à vau-l'eau.

"I Hate" commence de façon déroutante avec ce speech d'une femme qui annonce ce qu'elle hait. On constate assez rapidement qu'elle prononce beaucoup de mots en rapport avec les chansons qui vont suivre, ou plutôt qu'elle les crache. Et quand le titre démarre réellement, le groupe nous tombe dessus avec force et fracas ; c'est lourd, puissant, la batterie semble indomptable, bête furieuse lâchée au milieu des auditeurs, la guitare est agressive et Karadimas crache sa colère, pour ne pas dire sa haine, dans le micro sans nous laisser la moindre chance. Une excellente entame donc, qui place l'album sur de bons rails. Mais sa véritable force réside dans sa variété, la formation hellénique variant les plaisirs pour ne pas se formater. Qu'ils soient lourds, rapides ou plus originaux dans leur conception, tous ont leur place et forment un tout solide.

Ici, tout est une question d'arrangements et d'enchaînements, deux qualités qui faisaient défaut à "At Night We Prey". Le rendu sur "Children Of Eve" est plus fluide, plus naturel, les breaks s'insèrent parfaitement dans l'ensemble, ils font partie de la ligne mélodique et permettent aux compositions de monter en puissance. On appréciera également cette batterie plus précise et moins redondante, qui bénéficie justement de la variété des compositions présentées sur ce disque. Et à mesure que l'on progresse dans l'album, ou alors qu'on le réécoute, NIGHTFALL donne le sentiment qu'il a retrouvé son ambition, celle qui l'animait quand la formation perçait avec "Athenian Echoes" ou quand elle dévoilait d'autres facettes de sa personnalité sur "Lesbian Show".

Les morceaux se succèdent, variant les tempi et les envies ; "The Cannibal" est une percée dans l'univers du Death Mélodique, "Seeking Revenge" se drape d'atours Electro tandis que "The Traders Of Anathema" est particulièrement jouissive avec son solo explosif. On se laisse également et facilement surprendre par le rire lugubre et sardonique qui ouvre "Lurking" et qui se veut également bien dynamique. Les mid tempi se veulent rampants, sujets à toutes les évolutions possibles dont rêvent les musiciens, connaissent des montées en puissance plaisantes qui revivent leur intérêt. Il semblerait que le départ de Mike Galiatsos ait eu un effet bénéfique pour le groupe. Kyriakopoulos prend ses responsabilités et s'investit dans l'écriture, apportant des idées qui, sur ce disque, fonctionnent plutôt bien. Plusieurs éléments viennent nous aguicher ou nous conforter dans notre écoute, se dévoilant totalement à mesure que les écoutes s'enchaînent.

Composé de titres souvent courts, "Children Of Eve" se montre d'une efficacité redoutable. Karadimas redevient conquérant et NIGHTFALL reprend des couleurs après une série d'essais qui végétaient dans une espèce de grisaille permanente. Ici, le son est massif, plus épuré que d'habitude, visiblement pensé pour le live. Jacob Hansen a réalisé un superbe travail, les passages les plus directs font mouche et les morceaux plus travaillés, plus ambiancés à l'instar du superbe "With Outlandish Desire To Desobey" et son chant féminin qui nous renvoie à "Diva Futura", parviennent à capter toute notre attention. "Children Of Eve" est un disque épique et conceptuel. En effet, les titres des différents morceaux, mis bout à bout, forment une phrase : "I hate the cannibal lurking inside my head seeking revenge for the expelled ones, the traders of anathema with outlandish desire to desobey the Makhaira of the deceiver, Christian Svengali". Il fallait y penser et quand on revient à l'album en connaissance de cause, il en devient encore plus délectable. Il nous conduit quelque part, nous guide au travers ce pamphlet contre la religion, sujet à combien récurrent chez NIGHTFALL.

Chose qui me semblait impensable en 2021, NIGHTFALL nous livre un excellent album en 2025 et je ne peux que m'incliner face à ce disque jouissif de bout en bout. Son défaut serait peut-être d'être un peu trop intense tout du long, tant le groupe semble vouloir en découdre. En même temps, il a une revanche à prendre et il s'en donne les moyens. "Children Of Eve" est donc une réussite, tellement inattendue qu'elle n'en est que plus marquante. Les Grecs simplifient le propos, en font moins d'un point de vue arrangements orchestraux et superpositions de couches musicales et ils gagnent en limpidité et puissance. C'est peut-être ce qu'ils auraient dû faire depuis des années, revenir à un son plus cru, plus live. Inutile d'épiloguer là-dessus, personne ne détiendra la vérité. Il ne reste plus qu'à savourer cette nouvelle offrande.

(1) Parce que oui, "Lesbian Show" est un bon disque.

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- Efthimis Karadimas (chant)
- Kostas Kyriakopoulos (guitare)
- Vasiliki Biza (basse)
- Fotis Benardo (batterie)


1. I Hate
2. The Cannibal
3. Lurking
4. Inside My Head
5. Seeking Revenge
6. For The Expelled Ones
7. The Traders Of Anathema
8. With Outlandish Desire To Desobey
9. The Makhaira Of Deceiver
10. Christian Svengali


             



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