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BLACK MÉLODIQUE  |  STUDIO

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Metal Hit
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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

2021 ★★★★  Zeitlang
2025 ★★★★  Kremess
ÉQUIVALENCES

GRÀB - Kremess (2025) ★★★★ 
Par DARK BEAGLE le 19 Juillet 2025          Consultée 1116 fois

La pochette possède un petit quelque chose qui fait froid dans le dos. Autant celle de "Zeitlang", le premier album, nous l'acceptions facilement car cette représentation de la mort s'intéressait à un vieillard, mais là, elle est fait face à un enfant et la perte d'un enfant est le pire cauchemar de tous les parents. Passé le cap de la maternité ou de la paternité, certaines images peuvent nous glacer le sang et celle-ci en fait partie car elle nous met face à la situation que certains d'entre nous jugent comme étant la plus injuste. Bravo à GRÀB pour créer un tel remous, cela fait longtemps qu'une pochette ne m'avait plus marqué de la sorte.

Mais là encore, il faut pouvoir assurer musicalement. C'est bien beau de jouer au croquemitaine, mais si c'est pour cueillir des pâquerettes par la suite, il n'y a pas le moindre intérêt. Et je dois bien avouer que l'introduction de "Waidler" m'a fait tiquer. Ce n'était pas ce que j'attendais. J'imaginais une ambiance sombre, glaciale et étouffante, je me retrouvais face à une espèce de Folk qui semblait indiquer que le schnaps allait couler à flot. La retraite de Gråin en 2022 donnait l'impression d'avoir laissé plus de vide que prévu, ses ambiances hivernales disparaissant soudainement. Heureusement, la voix âpre de Grànt nous ramène rapidement dans des contrées plus Black et le morceau prend son envol.

Le son est forcément différent. Ici, la guitare est tenue par un certain Gnást, plus connu sous le nom de Dan Capp, qui a pu s'illustrer par le passé au sein de WINTERFYLLETH, dont Mefisto vous a souvent dit le plus grand bien et forcément, il apporte une patte différente. Moins glaciale pourrions nous dire, avec un tremolo picking qui conduit à des lignes mélodiques souvent intéressantes, un terrain de jeu rêvé pour Grànt qui s'en donne à cœur-joie. Les blast beats se font également plus présents, mais pas de façon obsessionnelle ; ils savent se taire pour laisser place à des patterns plus classiques, qui vont parfaitement alimenter les parties les plus calmes de cet album.

Parce que "Kremess" (dont je ne saurai vous donner une signification fiable, la langue employée étant un vieux patois de Bavière) n'est pas qu'une simple copie de "Zeitlang". En changeant de compositeur et de guitariste, cela aurait été triste. Non, la formation reprend là où elle s'était arrêtée et avance drastiquement sans toutefois se renier totalement. La nostalgie, la mélancolie qui se dégageait du premier effort est toujours présente, par touches soigneusement imbriquées dans des compositions qui ont du mordant, mais qui se laissent bien volontiers porter par le spleen. Waidler est en réalité un leurre, une composition piège qui ne se révèle qu'à la fin, dans ses dernières minutes. Là, nous trouvons le ton de l'album.

La suite…

La suite est juste un émerveillement. Il y a déjà le title-track qui nous ramène avec une brutalité sinueuse à la réalité de ce disque. L'ambiance se veut tout de suite plus pesante, comme le chant de Gràb, le clavier se mêle à l'ensemble, garantissant une ambiance bien funeste et, de fil en aiguille, nous avons le plaisir de découvrir au gré des morceaux de nombreuses subtilités qui viennent donner de l'intérêt à cet album, entre les incartades Folk d'une guitare acoustique, la richesse de voix qui nous plongent entre l'extase et la terreur… Il y a une justesse émotionnelle chez GRÀB qui force le respect.

Par exemple, les deux parties de "A Weihraz-Gschist" se complètent à merveille, entre les élans Folk de la première partie ("Im Hexnhoiz") et la dimension épique que prend la seconde ("Vom Gråb Im Moos"), "Dà Letzte Winter" nous plonge dans un hiver infernal dont personne ne ressortira indemne en s'étendant sur plus de onze minutes qui recréent un paysage désolé et blanc, mais sans féérie, sans vie. Un final d'autant plus écrasant qu'il est à l'opposé total de l'ouverture de l'album, qui portait en lui un espoir rapidement douché. L'ambiance de ce disque reste un de ses énormes points forts, mais globalement, il ne démérite en rien.

Et bien qu'une fois encore les invités se bousculent au portillon, le disque conserve son intégrité, il reste le fruit de l'imagination de Grànt et de Dan Capp, qui restent les seuls maîtres à bord. Mais chaque personne intervenant sur ces musiques est un adjuvant, une force pour le groupe qui peut se permettre de sonner plus authentique qu'avec des sons générés par un synthétiseur, sons qui ne peuvent pas retranscrire l'âme de la personne qui joue réellement. Cela aussi contribue à enrichir l'ensemble, à lui donner des couleurs qui le sort du noir terne ou du gris uniforme. Nous n'allons pas parlé d'album coloré non plus même si, quelque part, l'idée est bien là.

Dans ma bafouille concernant "Zeitland", je disais que ce dernier était un album intelligent et raffiné. Et je ne peux que reprendre la formule concernant ce disque qui, quatre ans plus tard, perpétue la flamme de son prédécesseur avec brio. Grànt a vieilli (pour les plus anciens, il était Azathoth au sein de DARK FORTRESS, à une autre époque) et si sa passion est intacte, il laisse parler l'expérience et parvient nettement plus facilement à tirer son épingle du jeu au sein de GRÀB que dans ses autres projets. Ici, il est juste brillant, il ne révolutionne en rien le Black Metal, mais il conserve une sincérité qui transpire tout le long des huit compositions qui forment cet album.

"Kremess" est un disque plaisant qui s'écoute d'une traite, ses cinquante-cinq minutes se sentant à peine, tant il fourmille de petits détails qui se dévoilent petit à petit au fil des écoutes. Longtemps boudée ou assimilée à des seconds couteaux, la scène Black allemande mérite une totale réhabilitation. Et si GRÀB est fatalement une des bonnes surprises de cette scène, il convient de s'intéresser à lui. Je vous l'ai dit, cela ne révolutionnera pas l'univers du Black Metal, mais c'est fait avec tellement de sincérité que "Kremess" se doit de faire un tour sur les platines de tous les fans du genre cette année.

Note réelle : 4,5/5.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ DARK BEAGLE


LINE-UP
- Grànt (chant)
- Gnást (guitare, basse, claviers)
- Morean (chant - invité)
- Thomas Helm (chant - invité)
- V. Santura (guitare - invit?)
- Markus Stock (dulcimer, claviers - invit?)
- Komalé Akakpo (dulcimer - invit?)
- Peter Honsalek (viole - invit?)
- Johanna Rehm (flûte - invit?e)
- Sebastian Schneider (batterie - invit?)

TRACKLIST
1. Waidler
2. Kremess
3. Kerkermoasta
4. Im Hexnhoiz (A Weihraz-gschicht, Kapitel Oans)
5. Vom Gråb Im Moos (a Weihraz-gschicht, Kapitel Zwoa
6. Deifeszeig
7. Waldeinsamkeit
8. Dà Letzte Winter


             



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