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BLACK SABBATH - Heaven And Hell (1980)
Par JEFF KANJI le 17 Juin 2015          Consultée 5587 fois

"Never Say Die!" martelaient les Anglais, tentant vainement de retarder une mort clinique quasi inévitable où se mêlaient addictions diverses et variées, comportements insupportables (Ozzy le reconnaîtra lui-même des années plus tard) et divergences artistiques de plus en plus marquées. Ozzy Osbourne, pilier de la formation considérée comme la mère du Heavy Metal, est finalement renvoyé au bout de onze mois de sessions infructueuses aux Criteria Studios de Miami. Ozzy voulait retrouver le son Heavy et direct des premiers albums, alors que Tony cherchait depuis deux albums à expérimenter un peu plus. Et si Tony a toujours la foi et croit en l'avenir de son groupe, il doit faire face quasi seul à l'hécatombe ; Geezer Butler quitte à son tour le groupe pour régler ses affaires personnelles et notamment son divorce. BLACK SABBATH se retrouve amputé de la moitié de son effectif et Bill Ward est un alcoolique notoire sur lequel M. Iommi ne peut guère compter (trente ans plus tard, le batteur n'a aucun souvenir des sessions de "Heaven And Hell").

La providence sourit pourtant à Tony Iommi, car le talentueux Ronnie James Dio cherche un groupe après s'être séparé d'un Ritchie Blackmore qui voulait emmener son RAINBOW sur des rivages plus commerciaux. De projet annexe à BLACK SABBATH, la rencontre entre Ronnie et Tony se passera dans un bar de Sunset Strip, rencontre à l'issue de laquelle le groupe (alors constitué du trio Iommi-Ward-Nichols) jammera pendant une bonne partie de la nuit, achevant l'introduction et les couplets de ce qui deviendrait "Children Of The Sea", titre que Tony Iommi avait initialement abandonné devant l'incapacité d'arriver à un résultat lors des sessions aux Criteria. "Heaven And Hell" qui culmine alors à près de 25 minutes est rapidement structurée. En l'absence de Geezer, ce sont le claviériste Geoff Nichols (QUARTZ) et Ronnie (comme au bon vieux temps de ELF), qui tiennent la basse à tour de rôle. À la recherche du bassiste permanent, Tony devra refuser l'offre de Frank Zappa d'embaucher son propre quatre-cordistes.

Ronnie James Dio, en véritable soleil pour la formation, non content de suggérer un producteur extérieur en la personne de Martin Birch (une première depuis "Master Of Reality"), ramène au bercail son collègue de ELF Craig Gruber (récemment décédé - RIP) qui enregistrera toutes les parties de basse de l'album, ce qui donnera lieu à bien des réclamations judiciaires au vu du grand succès que va remporter "Heaven And Hell" à sa sortie le 20 avril 1980. Un miracle comme celui qui se produit durant les sessions vient toucher BLACK SABBATH. Frappé de plein fouet par les démos de "Die Young", morceau tout frais qui n'existait pas lors des sessions précédant son départ, un Geezer Butler qui n'ose pas réclamer sa place, tout en ayant jamais rompu les liens qui l'unissent à Bill Ward et Tony Iommi, est invité à revenir dans le groupe après avoir signifié que ses problèmes personnels étaient réglés. Il réenregistre la totalité des parties basse sans tenir compte du travail de son intérimaire ; c'est donc bien le légendaire bassiste qui est présent sur ce disque culte. En revanche, on se rendra vite compte que son absence l'a tenu éloigné du processus d'écriture, lui qui jusque-là s'occupait de la majorité des textes au sein du SABB'. Les thématiques heroic fantasy chères à Ronnie James Dio font une apparition remarquée ("Neon Knights", "Heaven And Hell").

En outre le groupe a l'occasion de tester ses nouveaux titres prometteurs au club de striptease du coin où les démos de "Heaven And Hell" et "Lady Evil" font déjà un carton. BLACK SABBATH a de nouveau le feu sacré et il faut cinq minutes au duo Iommi/Dio pour écrire les paroles et le légendaire riff de "Lonely Is The Word". Ironiquement c'est le dernier titre composé pour l'album qui l'ouvrira, et "Neon Knights" fait pleinement entrer BLACK SABBATH dans les années 80, en faisant le seul des trois géants du Hard à passer la décennie et à se frotter à la NWOBHM sans sourciller. Car cet alliage de puissance, de riffs Heavy top qualité (merci Tony), de parties de basse vivaces et de batterie toujours aussi portée sur l'improvisation, et de vocaux étincelants délivrés par un Dio absolument éblouissant, font de ce BLACK SABBATH mark II un géant sauvé du déluge qui goûte à nouveau à un succès qu'il n'a plus connu depuis "Sabbath Bloody Sabbath" (1973).

Si "Heaven And Hell" constitue en lui-même un miracle au vu du contexte dans lequel il a été écrit, les ennuis personnels ne sont pas terminés pour BLACK SABBATH, qui perd définitivement un Bill Ward erratique en pleine tournée, alcoolique au dernier degré et qui doit affronter coup sur coup le décès de ses deux parents. Après un coup de fil à Ronnie James Dio annonçant qu'il est à l'aéroport et qu'il quitte le groupe, Vinny Appice entre en scène pour pérenniser la gloire retrouvée du SABB'. Ironie du sort, Ronnie James Dio aura été introduit à Tony Iommi par Sharon Arden, fille du manager du groupe, et future épouse… d'Ozzy Osbourne.

Souvent les grands albums naissent de ces concours de circonstance et d'enchaînements aussi inattendus qu'uniques. "Led Zeppelin IV" ne serait pas ce qu'il est sans Headley Grange par exemple. J'espère vous avoir assez détaillé les évènements qui font de "Heaven And Hell" un incontournable du Heavy et du Metal plus généralement, dont je n'ai je pense pas besoin de vous vanter les mérites titre par titre.

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   (4 chroniques)



- Ronnie James Dio (chant)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- Bill Ward (batterie)


1. Neon Knights
2. Children Of The Sea
3. Lady Evil
4. Heaven & Hell
5. Wishing Well
6. Die Young
7. Walk Away
8. Lonely Is The Word



             



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