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2002 Strange Frequencies
 

- Style : Journey, Status Quo

DEAD AIR RADIO - Strange Frequencies (2002)
Par HAPLO le 11 Septembre 2023          Consultée 656 fois

Aaaah folle jeunesse !

Bébé kroniqueur à peine adoubé et venant d’être catapulté aux côtés des Authentiques Légendes vivantes de la connaissance métallique et surtout de l’avis tant pertinent que tranchant que sont les Nobles Fondateurs Primordiaux sur NIME, je cherchais alors fébrilement des combos à l’écoute desquels je pourrais tenter de proposer mes insignifiants gribouillis pour ce qui pourrait passer comme un début de commencement de chronique… Je ratissais ainsi très large, la peur au ventre de tomber sur une résa déjà posée par l’un des Grands Aînés, qui se rappellerait ainsi de mon existence et songerait peut-être à m’écraser d’un mouvement négligeant du talon alors qu’il pouvait être en pleine conversation stellaire avec un Bruce Dickinson, un Russell Allen ou encore un Rob Halford !

Ciblant ainsi de petites formations peu connues, mais pas toujours dénuées de talents, je m’aventurai loin des terres très balisées que je fréquentais jusqu’alors : adieu les poids lourds du Prog’ Power mélodique et technique qui rassemblent des milliers d’auditeurs sanglotants à la première flatulence un temps soit peu accordée… Bonjour les inconnus d’ODD LOGIC, de KING MISFIT ou de SPEAKING TO STONES ! Et je dois dire qu’avec le recul, je bénis une fois de plus les bienheureux Dieux du Metal de m’avoir affamé pour que je cherche avec frénésie cette nourriture et finisse par trouver des perles pareilles ! C’est à cette époque de disette comme de souci absolu de discrétion que je suis tombé sur DEAD AIR RADIO.

De fait, tu pourrais poser ta question fatidique ô lecteur sourcilleux, mais comment ai-je attrapé ce lièvre malingre du Tennessee alors qu’aucun chasseur digne de ce nom ne daignait le tirer ? Ben… pour être honnête, je ne m’en souviens même plus ! Hasard d’une playlist dédiée aux titulaires de la voiture balai ? Résultat mitigé d’une navigation nocturne en songeant au décolleté vertigineux d’une Floor Jansen ? Bref, me voilà à inscrire victorieusement une réservation pour cette formation oubliée des dieux et des hommes, et cumulant péniblement dix écoutes mensuelles sur une célèbre plateforme de streaming, comme si je venais de découvrir un nouvel IRON MAIDEN (qui dépasse quant à lui les huit millions d’écoutes sur la même durée !). Mais au moins, je ne dérangeais aucune sommité NIMIENNE et me réjouissais d’éviter ainsi les coups de talons intempestifs !

C’est donc près de quatre ans après cette sombre découverte que je déterre fièrement ce machin en ajoutant à ma légèreté d’antan mon ignorance crasse d’aujourd’hui car encore persuadé que la ville native de nos trois loustics de DEAD AIR RADIO, à savoir Nashville, est peu ou prou liée au Blues… Haplo l’inculte apprend donc pour l’occasion que cette jolie cité, perle des États du Sud, est avant tout le berceau de la musique Country ! Voilà pour le contexte… C’est dire qu’on ne part pas forcément d’un très bon pied avec ce combo inconnu dont je ne me souvenais plus de la musique et que je situais par erreur comme héritier d’une longue histoire Blues-Pop-Rock ! Mais comme le répète à l’envie un savoureux militaire de ma connaissance : "hauts les cœurs !".

Il n’en demeure pas moins que, leurs bottes de cowboys fermement plantées dans ce terreau folklorique qui sent un peu la sueur sans omettre le mythique Stetson bien vissé sur leur caboche de progueux, les trois membres fondateurs de ce drôle de combo vont, sans aucun complexe apparent, proposer un Rock Prog musclé et très honorablement riffé à la musicalité tant travaillée que soignée… s’inscrivant ainsi dans la plus belle tradition US d’un JOURNEY, d’un REO SPEEDWAGON ou bien d’un FOREIGNER dans ses phases les plus rugueuses…
Mini album (ou EP chargé) armé de six titres pour un total de près de quarante minutes, "Strange Frequencies" paraît à la date improbable du 1er janvier 2002 sous la forme d’un cri initial poussé par le trio : il ambitionne naturellement la reconnaissance, ce qui se mesure à l’aune du travail indiscutablement fourni, mais reste une œuvre de jeunesse qui n’est pas exempte de quelques améliorations… L’espoir est dans l’évolution !

Côté boulot et cohérence musicale, DEAD AIR RADIO livre avec ce premier-né un Prog fluide mais sachant être rugueux dont les lignes rythmiques et l’attaque piquent convenablement les oreilles ; le tout porté par des structures aux apparences simples tout en étant entraînantes : on est ici (très) loin de la grosse artillerie businesso-commerciale condamnée au hit mais plutôt dans la ch’tite manufacture locale qui ne paye pas de mine mais qui peut le cas échéant réserver quelques bonnes surprises !
Et c’est exactement ce que réalise notre trio du Tennessee avec le brut et dense "Reach" qui ouvre très honorablement les hostilités et dont la ligne rythmique bien burnée ainsi que l’accélération finale donnent clairement l’envie de taper du pied ! À mes oreilles, la pépite de "Strange Frequencies" demeurera cependant le particulièrement convaincant et efficace "The Real Me", situé à l’exact opposé de la galette et dans lequel DEAD AIR RADIO injecte tout son talent créatif (en sus d’une belle maîtrise instrumentale !) entre mélodies intelligentes et rythmiques ciselées au travers d’une variété qu’on aurait bien aimé déguster entre les deux extrémités de cette première brochette !

Alors, si l’on ne tient pas compte d’un son qui manque un chouia d’épaisseur (tout le monde ne peut pas s’offrir un Jacob Hansen pour son premier album!), d’un timbre de voix quelque peu haut perché (et qui n’est pas sans me rappeler sur certains passages le succulent Rick Davies du SUPERTRAMP) où l’ami Bill Givens pêche un tantinet côté nuances même si il fait le job côté puissance, ou plus simplement du manque cruel de peps d’un titre comme "Killing Pace"… Qu’est-ce qui peut bien clocher du côté de nos cowboys métalliques de Nashville ?

Ben… un peu tout ça... mêlé dans une musique qui finit par s’enliser dans une certaine monotonie où des plans répétitifs côtoient des passages manquant cruellement de niaque, le tout finissant irrésistiblement par épuiser l’intérêt qu’on pourrait porter au machin. Sans se prendre officiellement les pieds dans le tapis, DEAD AIR RADIO se perd dans ses propres circonvolutions et n’accroche tout simplement pas, malgré des bouts de séquences prometteuses mais vite masquées par la gentille platitude convenue de ce qui suit… Le combo se confond ainsi avec les milliers de formations similaires qui prouvent qu’elles ont de la ressource sur un, voire deux titres, mais qui ne tiennent pas ce niveau sur toute la longueur d’un album (ou d’un maxi EP !).

Premier chapitre lancé à la figure du Monde sous forme d’essai, "Strange Frequencies" donne un bon aperçu des capacités, mais également des limites d’alors des (jeunes) musiciens qui l’ont composé. Étalage quelque peu en désordre ou le bon se juxtapose au moyen, cet album permet néanmoins de deviner les potentialités d’un combo dont on surveillera la suite de l’histoire… sans être révolutionnant ni même original, l’art de DEAD AIR RADIO restera intéressant s'il poursuit les bonnes intentions marquées dans les deux titres ouvrant et concluant cette œuvre primale.

Les quatre fers en l’air au milieu de la piste géante du Wildhorse Saloon, lieu mythique où se tiennent les plus belles "Country lines" de Nashville, cerné par les vestes à franges et les bottes décorées, je me relève maladroitement en tentant de dissimuler mon vieux tee-shirt de SCORPIONS… Me suis emmêlé les pinceaux en réfléchissant au sévère mais juste 2/5 que j’attribue à ce "Strange Frequencies" qui manque un peu trop de saveur comme de bouteille mais dont les bourgeons donneront peut être un jour de jolies fleurs métalliques !

- bonne première bouchée : "Reach",
- clôture parfaite : "The Real Me",
- mon dieu que c’est mou ! "Killing Pace".

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- Bill Givens (voix, guitare, basse, claviers)
- Dennis Thompson (guitares)
- David Charlesworth (batterie)


1. Reach
2. Gathering The Flies
3. Killing Pace
4. I.m.t.
5. Trying To Remember
6. The Real Me



             



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