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FUSION  |  LIVE

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MOTHER'S FINEST - Live (1979)
Par MYLES le 26 Juin 2022          Consultée 357 fois

Le Rock est un musique qui, de par son énergie et historiquement sa position dans la société (rébellion contre l’ordre établi et les institutions) prend toute son ampleur sur scène. On le voit lors des grands shows où on assiste à une communion avec le public et l’impression d’un bloc qui se dégage. Le Rock et le Funk sont à la base associés à la danse, au mouvement, et quand dans les années 70 la rencontre des deux styles va se faire, faisant apparaître un nouveau genre : le Funk Rock. En plus de l’énergie sauvage du Rock le côté groovy du Funk va également se rajouter.

On a ici, entre les oreilles un des premiers si ce n’est le premier Live de Rock Funk, plus tard dénommé Fusion. Quand on parle de Funk on pense, époque oblige à FUNKADELIC, PARLIAMENT, George CLINTON et James BROWN etc. Pour être parfaitement honnête il existe deux Lives dantesques qu’on peut qualifier de Fusion dans les 70s : le PAT TRAVERS, "Go Fo What You Know" et ce Live des MOTHER’S FINEST. Le hasard voulut qu’ils sortent d’ailleurs la même année. PAT TRAVERS qui soit dit en passant est remercié dans le livret de "Pornograffiti" d’EXTREME pour avoir "Keep the Funk alive". Les MOTHER’S eux ne le sont pas… quand bien même Nuno, FISHBONE, Frusciante etc. ont pris leurs rythmiques Funk chez eux (pillage ?).
Sur le titre "Can’t Fight The Feeling" on entend le lien avec Travers, mais le chant gorgé de Soul et de Blues de Joyce Kennedy fait toute la différence. Il faut aussi écouter le groove du guitariste et ses petites tourneries funky ! Savoureux !

MOTHER’S FINEST, groupe multi racial (ça a malheureusement une grande importance aux USA à cette époque… C’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui !) est un précurseur et… une machine de guerre sur scène ! Le groupe réunissait en effet musiciens blanc (guitare, batterie) et noir (basse, claviers chants), comme SLY AND The FAMILY STONE.
Ici on a le line up mythique du groupe et chacun est mis en avant. Années 70 oblige le groupe vit en communauté (salut les hippies) et développe donc une cohésion rythmique infaillible. La légende raconte qu’Angus Young, lors de dates communes, en fut grandement impressionné. Il le dit à Wyzard le bassiste qui lui répondit qu’effectivement le fait d’être ensemble 24/24 même hors tournée ne pouvait qu’aider à créer ce mur de groove inattaquable. Juste pour faire baver les amoureux du Classic Rock, il faut savoir que MOTHER’S FINEST partageait la scène à l’époque avec AEROSMITH, TED NUGENT, Frank MARINO, AC/DC, The WHO etc…

Le son est puissant mais pas Hard (on n’est pas dans l’époque "Black Radio..." qui va lorgner aux frontières du Thrash). Ce son est suffisamment clair pour entendre toutes les nuances des grooves des différents musiciens ; à commencer par la guitare. D’ailleurs je profite de cette chronique pour mettre en avant ce guitariste bien trop sous-estimé qu’est Gary "Mosses Mo" Moore : "Don’t Want Come Back" et ses plans funky à souhait, ses fondations groovy implacables sur "Watch My Stylin", Give You All The Love" ou ses solos goûtus comme sur "Love Changes", "Somebody To Love" voire "Fire". Il s’agit bien d’un grand musicien doté d’un "grooveur" de chaque instant.

Que les amateurs de basse jettent une oreille sur le jeu de Wyzard. Non seulement son groove est impeccable mais il sait faire preuve de finesse. Pas de slap à tous les étages (même s'il maitrise à la perfection ce style), ici on laisse respirer la musique. Une influence Motown, Soul qui même si elle est mâtinée de Rock (forcément) n’oublie jamais ses fondamentaux. Sur "Don’t Wanna Come Back" il fait aussi montre d’un jeu raffiné tirant sur le Jazz Rock ! Le disque, d’origine, étant très bien mixé on l’entend très distinctement.
Duo sur scène et couple à la ville Joyce Kennedy et Glenn Murdock se complètent et les influences Gospel et Blues des deux font merveille. Magnifique duo vocal sur la fin de "Watch My Stylin".
70s oblige on a droit à un slow langoureux "Love Changes". Ok, là les claviers font un peu variété US de l’époque mais… la voix proche du meilleur de Tina Turner/Chaka Khan par Joyce donne une dimension magique au titre. Les chœurs évidement aussi sont impeccables. D’ailleurs à la différence de nombreux groupes, US ou pas, qui sur scène sont incapables de faire de bons chœurs ou ont carrément recours à des bandes cache-misère, là les chœurs sont présents, justes et superbement à propos ! Ce propos sur les chœurs vaut… pour l’ensemble de l’album !

Deux reprises figurent aussi au menu ("Somebody To Love" du JEFFERSON AIRPLANE et "Magic Carpet Ride" de STEPPENWOLF). Duo de chants magiques : Joyce prend le lead sur le premier, l'éclabousse de sa classe et en fait une entame de choix pour l’album. Le groupe est en feu et l’énergie est communicative. Glenn lui se réserve le chant principal sur le second tandis que Joyce fait les chœurs. Une parfaite symbiose pour un titre survitaminé par rapport à l’original. Ici le clavier fait même penser à du RAINBOW (la classe !). Sur "Fire" on a, encore mieux, l’alternance des deux en lead !

On a également une reprise double : le titre "Mickey’s Monkey" était à la base chanté par SMOKEY ROBINSON & THE MIRACLES (là on a le lien avec la Motown) ; mais le riff de guitare et le groove de batterie qui vont charpenter le morceau et que les MOTHER’S rajoutent n’est autre que celui de… "Custard Pie" de LED ZEPPELIN ! Une reprise dans le reprise donc. Curieusement le groupe anglais ne fera pas de procès et ne réclamera jamais de droits. Le public est bien présent dans l’album et interagit même avec Joyce sur "Give You All The Love" ! Bref un Live, un vrai !

L’album sera disque d’or et en Europe après un passage devenu culte au "Rockpalast" en 78 (soit l’année avant ce Live) les MOTHER’S sont entrés dans le cœur de plein de futurs fans. Aujourd’hui c’est d’ailleurs en Europe que le groupe tourne le plus. Leur logo fait très Superman et effectivement ce sont des supers héros du Funk Rock !

Note : la version cd n’a malheureusement pas été remasterisée ce qui fait qu’on note une vraie différence avec le vinyle doté lui, d’un rendu bien plus dynamique !

Morceaux préférés : La question sur un vrai Live ne se pose pas ! On met le son fort, on s’immerge dans la musique et on se délecte de ce que l’on entend. Le saucissonner en morceaux serait indigne !

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   MYLES

 
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- Joyce 'baby Jean' Kennedy (chant et chœurs)
- Glenn 'doc' Murdock (chant et chœurs)
- Jerry 'wyzard' Seay ( basse et chœurs)
- Gary 'moses Mo' Moore ( guitare et chœurs)
- Mike Keck ( claviers et percussions)
- Barry 'b.b. Queen' Borden ( batterie)


1. Somebody To Love
2. Fire
3. Mickey’s Monkey
4. Give You All The Love
5. Baby Love
6. Magic Carpet Ride
7. Love Changes
8. Watch My Stylin’
9. Don’t Wanna Come Back
10. Can’t Fight The Feeling



             



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