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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Emerson, Lake & Palmer, Genesis, Kansas, Pink Floyd, Rush, Jethro Tull
- Membre : Asia
- Style + Membre : King Crimson

YES - Yes (1969)
Par DARK BEAGLE le 27 Avril 2022          Consultée 450 fois

YES, c’est l’une des belles carrosseries du Rock Progressif. Seulement, sous la tôle soigneusement polie peut parfois se cacher un moteur indigne de son enrobage. Le lustre n’est alors qu’un artifice luxueux pour cacher des défaillances ou des performances indignes et dans ce cas, des révisions doivent être faites au pire, quand il ne s’agit pas de revoir toute la mécanique. Sans parler de tuning, vous n’allez pas déambuler en ville avec une Jaguar doté d’un moteur du 4L (ou équivalent). Le problème de YES est que souvent tout n’a été que façade et que le fond manquait cruellement de puissance. Cela pouvait être brillant, mais en grattant, cela tombait parfois à plat. Et ce problème assez récurrent, le groupe a commencé à le développer comme un art dès ses débuts. Cela pourrait ressembler à de l’autodestruction, mais étrangement, cela contribue également au charme désuet de cette vieille cylindrée britannique.

Le premier album, simplement intitulé "Yes", présente un combo qui ne sent pas tout à fait quelle direction prendre. Les forces en présences se télescopent bien souvent et s’éparpillent au moindre remous et l’ensemble paraît bien décousu. Ce disque, c’est de la frustration en barre parce qu’il dévoile un potentiel presque sur chaque titre, mais que c’est tortueux ! On ne peut même pas dire que YES fasse déjà du Rock Progressif, en tout cas, pas tel que nous l’associons à la formation. Les compositions sont certes parfois alambiquées, mais elles sont avant tout un héritage du Rock Psychédélique qui laisse par moments place à quelques explosions telluriques qui laissent présager de bonnes choses pour le futur.

Les groupes de Rock Progressif à avoir assommé tout le monde avec leur premier effort studio ne sont pas les plus nombreux. On peut citer EMERSON, LAKE & PALMER, bien que cela soit sujet à caution, et surtout KING CRIMSON qui lui a balancé son chef d’œuvre d’entrée de jeu, histoire de calmer tout le monde et de créer des vocations. YES, c’est une autre histoire. Ce premier opus a ses adeptes, mais il montre surtout une formation qui se cherche encore, qui assimile encore ses influences et qui essaye de se trouver un style, en puisant dans un psychédélisme qui correspond bien à l’époque. En 1969, LED ZEPPELIN allait changer la face du Rock, Le Roi Cramoisi également dans son genre. YES, lui, ne fera que balbutier.

Pourtant, le groupe a quelques atouts dans sa manche, à commencer par Jon Anderson, un chanteur à la voix aiguë, mais qui ne cherche pas l’agressivité. Dans un contexte Rock qui se durcit de plus en plus, il fait presque figure d’exception, avec ses envolées lyriques qui lui appartiennent, conférant à YES une patte tout de suite assimilable. Il est secondé dans les chœurs par Chris Squire, qui était l’âme du groupe. Archi-présent à la composition, il possédait également un jeu de basse imposant. Elle vrombissait comme un gros bourdon et sans aller jusqu’à dire qu’il était le Lemmy Kilmister du Prog, il a su imprimer son style parfois rugueux dans l’univers d’un groupe qui tendait plus vers la rêverie. En dernier lieu, il convient de citer Bill Bruford, batteur au jeu à la fois délicat et dynamique qui fera également le bonheur de KING CRIMSON quelques années plus tard.

En revanche, la guitare n’est alors pas tenue par Steve Howe, mais par Peter Banks, un mec qui ne verra hélas jamais sa carrière décoller vraiment après son départ, un peu irrégulier dans la qualité, mais capable de se montrer incisif quand il le faut. Le clavier, lui, est tenu par Tony Kaye, qui connaîtra deux carrières au sein de YES (à part Squire, il y aura un sacré jeu de chaises musicales avec ce groupe, les membres s’en allant, revenant, ramenant parfois des potes avec eux pour les inclure à une formation qui se perdait de temps en temps). Ces deux-là vont étoffer les mélodies, se livrant parfois à quelques dialogues un peu timides, qui demanderaient pourtant à prendre plus de voix.

Pour prendre la température de ce premier album, il conviendrait de s’arrêter sur les deux reprises qui y figurent. La première est "I See You", des BYRDS, qui est rallongée jusqu’à plus soif, mais dotée d’une rythmique jazzy qui lui va comme un gant. Bruford guide les musiciens avec grâce et sait se mettre en retrait pour un solo plutôt rude de Banks. Les chœurs sont travaillés, mais ils manquent peut-être d’ampleur pour en imposer vraiment. L’autre cover concerne les BEATLES, avec un titre moins connu que les grands classiques du groupe avec "Every Little Thing", ici complètement transcendé. Là encore YES la développe, l’étend, la dope littéralement pour une appropriation totale. Ces deux reprises permettent de discerner deux influences majeures du groupe.

Il y en a d’autres, mais à ce moment, YES avance en funambule, entre Psychédélisme et Proto Rock Progressif, sans trop savoir ce qu’il veut vraiment. Si "Beyond And Before" ouvre correctement l’album, si les reprises sont plutôt réussies, parfois cela ne va pas chercher très loin et cela manque de fond. Les ballades manquent cruellement de jus pour être mémorables, elles se reposent sur les qualités vocales d’Anderson, sans lui donner une base savoureuse sur laquelle il pourrait se reposer. "Survival" part quant à elle dans tous les sens sans jamais réussir à capter pleinement l’attention de l’auditeur. Des ratés qui deviennent pesants sur la balance finale. YES tâtonne sans trouver la branche à laquelle se raccrocher et ne parvient pas à esquisser un style définitif, à la fois trop éparpillé et pas assez conquérant.

Ce premier essai n’est pas forcément désagréable, mais il s’avère être assez anecdotique dans la discographie de YES. À sa sortie, il était cependant plutôt prometteur quant à la suite de la carrière du groupe, qui montrait tout de même un savoir-faire certain, une capacité à développer sa musique et à la rendre plus complexe qu’il n’y paraît. Il est certain, à la vue de la suite des événements, que les observateurs de l’époque n’avaient pas tort, même si le chemin allait encore être long jusqu’à la consécration et semé d’embûches. Une véritable quête du Graal, qui allait redistribuer les cartes dans le domaine du Rock Progressif, alors en plein essor.

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   DARK BEAGLE

 
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- Jon Anderson (chant)
- Peter Banks (guitare, chant)
- Chris Squire (basse, chant)
- Bill Bruford (batterie)
- Tony Kaye (claviers)


1. Beyond And Before
2. I See You
3. Yesterday And Today
4. Looking Around
5. Harold Land
6. Every Little Thing
7. Sweetness
8. Survival



             



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