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- Style : Molly Hatchet, Survivor, Dewolff
- Style + Membre : Lynyrd Skynyrd

.38 SPECIAL - Rockin' Into The Night (1979)
Par DARK BEAGLE le 8 Août 2021          Consultée 465 fois

Un disque charnière, ce n’est pas forcément un chef d’œuvre. C’est, en revanche, un album qui va définir un style pour lequel un groupe sera connu et surtout, reconnu (notez la subtilité, elle est bien là). Dans le cas de .38 SPECIAL, c’est "Rockin’ Into The Night" qui va endosser ce rôle. Si "Special Delivery" contenait les premiers germes de cette mutation, elle est ici bien plus franche et elle allait établir ce que serait la formation sudiste sur les opus à venir, qui sont peu ou prou intouchables. Et tout cela va commencer avec une chanson. Là, le scénario est classique, il est interchangeable avec bon nombre de formations à travers le temps. Mais c’est bel est bien le point de départ pour cet album.

Mais histoire de faire durer le suspense qui n’en est pas vraiment un (après plus de quarante ans, le pitch est bien connu de beaucoup de personnes. La tradition orale de la chanson de geste, etc...), parlons un peu de la pochette qui baigne bien dans son jus. Une cartouche de revolver est recyclée en tube de rouge à lèvres, mais y a-t-il un symbole phallique à voir là-dedans ? Chacun se fera son interprétation, ou la trouvera de plus ou moins bon goût. En tout cas, elle ne ressemble pas à l’idée que l’on se fait d’une jaquette pour un groupe de Rock Sudiste, du moins si l’on se réfère à LYNYRD SKYNYRD, BLACKFOOT ou MOLLY HATCHET (et en même temps, allez chercher une logique entre ces trois-là d’un point de vue visuel !).

Tout commence par une chanson destinée à figurer sur le premier album de SURVIVOR. "Rockin’ Into The Night" n’était, à la base, pas un morceau destiné à finir chez un groupe comme .38 SPECIAL. Cependant, Ron Nevison, producteur de SURVIVOR à ce moment là, trouvait le morceau bien trop sudiste dans l’esprit pour terminer sur le premier opus de la bande à Jim Peterik. Aussi, le title track est dopé par un refrain entêtant et une mélodie accrocheuse sans pour autant être facile et cela va bien entendu influencer l’écriture du gang de Jacksonville.

La musique de .38 SPECIAL va devenir plus léchée, moins rugueuse, sans pour autant renier ses racines. Ici, l’aspect Southern Rock reste présent, il ressort à plusieurs occasions, quand il ne s’approprie pas des morceaux dans sa totalité ("Money Honey", reprise bien pensée), mais la révolution est belle et bien en marche. En reprenant la recette délivrée par SURVIVOR à sa sauce, le combo mené par Donnie Van Zant va devenir hybride, capable de séduire son public mais surtout les ondes radios, ce qui n’était pas forcément le cas avant.

Les guitares sont toujours très justes dans l’émotion qu’elles cherchent à véhiculer et cela transpire notamment au sein des ballades très différentes dans leur approche. Si "You’re The Captain" a un aspect Power Ballad franchement pas dégueulasse, "Take Me Through The Night" se veut plus sensuelle, plus moite, le feeling y est à fleur de peau. La formation est inspirée et cela se ressent tout du long du disque, elle monte en puissance à défaut d’être tout le temps brillante.

En effet, si le tout s’écoute sans déplaisir, certains morceaux n’ont pas la prestance de l’opener qui dans le genre « arbre qui cache la forêt » se pose là. Le disque demande quelques écoutes pour se livrer totalement, on découvre alors des riffs prometteurs qui conduisent vers des couplets étrangement Arena Rock ("The Love That I’ve Lost"), pas déplaisants pour autant. On devine surtout que .38 SPECIAL se cherche encore un peu et qu’il essaye d’affiner son propos pour trouver sa propre originalité, sa patte, une marque de fabrique qui leur serait propre.

Et sur "Rockin’ Into The Night", on peut affirmer que le groupe tient là les grandes lignes de ce que sera son style par la suite. Porté par le chant puissant de Van Zant (ce nom est quasiment un gage de qualité dans les années 70 ainsi que dans la première moitié des ’80). Ici, .38 SPECIAL se construit, il essaye des choses, quitte à sortir de sa zone de confort le temps d’un instrumental qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe mais qui s’intègre au final assez bien dans l’ensemble. "Robin Hood" n’est certes pas démonstratif, le contraire serait d’ailleurs gênant au sein d’un disque qui joue autant sur la simplicité du propos et les mélodies accrocheuses.

Avec "Rockin’ Into The Night", .38 SPECIAL lance réellement sa carrière. Pour être plus précis, c’est avec cet album qu’elle va décoller. Quand on sait que la suite sera, sur au moins quatre opus, encore meilleure, cela a de quoi donner le vertige. Si le mélange entre de l’AOR et le Southern Rock peut sembler incongru, la bande à Van Zant prouve que ce n’est pas qu’un mariage de raison et que le style est parfaitement viable et agréable à l’oreille, ce qui est l’essentiel. Si vous ne connaissez pas .38 SPECIAL, ce disque est la porte d’entrée idéale : mieux calibré que les deux précédents, moins complet que les suivants, il donne une très bonne indication de ce dont est capable le groupe. Après, le reste, ce ne sera que du plaisir pour une partie non négligeable.

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- Donnie Van Zant (chant)
- Don Barnes (guitare, chant)
- Jeff Carlisi (guitare)
- Larry Junstorm (basse)
- Steve Brookins (batterie)
- Jack Grondin (batterie)
- Terry Emery (piano - invité)
- Billy Powell (piano - invité)


1. Rockin' Into The Night
2. Stone Cold Believer
3. Take Me Through The Night
4. Money Honey
5. The Love That I've Lost
6. You're The Captain
7. Robin Hood
8. You've Got The Deal
9. Turn It On



             



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