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MOLYBARON - The Mutiny (2021)
Par GEGERS le 21 Juin 2021          Consultée 2924 fois

MOLYBARON et moi avions failli nous rencontrer en 2017, à la sortie du premier album sans titre du groupe, dont les racines s’enfoncent entre la France et l’Irlande. Et puis, quelques écoutes distraites avaient transformé cette inaugurale entrevue en rendez-vous manqué. Le contenu ne m’avait pas paru être à la hauteur de ce superbe visuel illustratif. C’était avant l’insurrection. Car voici que débarque enfin (le terme n’est pas usurpé, puisque l’album est en boîte depuis 2019) la deuxième réalisation du groupe, "The Mutiny" au visuel intrigant et à la conception graphique sombre, et même sanguinolente dans ses volets intérieurs. Une mutinerie s’effectue rarement sans violence.

Il faut paraît-il parler de Metal alternatif. Les savants citent TOOL, METALLICA, GOJIRA ou MUSE en influences. Nous pourrions ajouter un petit côté AVATAR dans la répétition de certains motifs et dans l’évocation d’ambiances pas forcément malsaines, mais qui mettent en exergue l’âme humaine dans ses nombreuses contradictions. La soumission aux géants d’Internet, le sentiment de supériorité de la race, la défiance à l’encontre du raisonnement scientifique, les déviances politiques ou encore les douces addictions sont autant de sujets que le groupe aborde frontalement, avec une plume acérée. Il s’agit d’une mutinerie des consciences. Pas question, comme les révoltés du Bounty, d’aller se faire oublier sur Pitcairn ou dans quelque crique secrète. Au contraire, l’idée est ici de faire éclater une saine colère à la vue et au su du plus grand nombre, de pousser l’humain dans ses derniers retranchements, d’allumer la prise et provoquer l’électrochoc.

J’ai réécouté le premier album pour être sûr. Mais oui, il y a bien un monde entre "The Mutiny" et la première réalisation des Franco-Irlandais. Ce deuxième album est une éblouissante collection d’ambiances enivrantes, dont la saveur naît majoritairement d’une alchimie déroutante autant que délectable entre structures musculeuses et mélodies d’une richesse désarmante. Le chant de Gary Kelly, à la fois puissant et fragile, donne à MOLYBARON une ampleur et une richesse que complémente une basse vrombissante, très entêtante. Il y a des refrains, des mélodies partout, des riffs tranchants, qui donnent à "The Mutiny" l’allure d’un bateau filant droit vers un cap bien défini, tout en s’autorisant quelques petits détours revigorants. Les morceaux qui constituent l’album sont globalement ramassés, et malgré de nombreux breaks et cassures de rythme, ils ne se dispersent pas. À l’image de "Something For The Pain", qui accélère et décélère, et propose un solo dantesque sur des riffs quasiment Thrash, la plupart des morceaux mêlent avec réussite audace et efficacité.

Il y a de grands morceaux, vraiment. "Animals", l’acte de naissance, transcende les styles pour se faire gargantuesque, irrésistible autant qu’alambiqué. Un tour de force que le groupe renouvelle sur "Lucifer" dans l’urgence laisse pourtant une grande place à la subtilité. La tension, qui va croissant, est délivrée par le climax que constituent les refrains successifs. Plus calme, proposant des mélodies à la fois intimistes et solennelles, "The Lighthouse" est accueilli comme une déclaration. Entre accords mineurs et majeurs, le groupe dresse un préambule à une basse très imposante, qui ne vole malgré tout pas la vedette aux autres intervenants. Tout cela est Metal, mais empreint d’une dimension supplémentaire. MOLYBARON voit loin au-dessus de l’horizon. Autre moment fort, "Twenty-Four Hours" et ses ambiances surprenantes. Le riff, quasiment Rock’N’Roll, témoigne ce que pourrait être ce style entre les mains du groupe (VOLBEAT n’est pas si loin). Un refrain particulièrement puissant rend presque anecdotique la participation de Whitfield Crane (UGLY KID JOE).

"The Mutiny" est poreux comme la coque d’un navire. On prend plaisir à s’accrocher aux aspérités, à entrer dans l’album tout d’abord au travers de ses fissures (pour moi, les passages les plus mélodiques) avant de se laisser porter par l’ensemble. Œuvre complexe dans sa mise en œuvre, mais qui se révélera finalement au prix d’efforts modérés, ce deuxième album de MOLYBARON se fait porteur d’une richesse dont le groupe peut s’enorgueillir. Pour celui qui prend le temps de se faufiler dans les zones d’ombre et de lire les textes, cette réalisation s’impose d’elle-même comme un album unique et foisonnant, dont les écoutes successives ne cessent de dévoiler de nouvelles qualités. Une mutinerie dont on est heureux de faire partie.

4,5/5.

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   GEGERS

 
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- Gary Kelly (chant, guitare)
- Steven Andre (guitare)
- Sébastien De Saint-angel (basse)
- Camille Greneron (batterie)


1. Animals
2. Lucifer
3. Amongst The Boys And The Dead Flowers
4. Prosperity Gospel
5. The Lighthouse
6. Slave To The Algorithm
7. Something For The Pain
8. The Hand That Feeds You
9. Twenty Four Hours
10. Ordinary Madness



             



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