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TERAMAZE - I Wonder (2020)
Par HAPLO le 10 Avril 2021          Consultée 851 fois

Pour leurs fans les plus fidèles comme pour leurs détracteurs les plus acharnés, TERAMAZE c’est à la fois une affaire de recette pleine de feu et de calories mais aussi la patte d’un grand Chef cuistot au caractère bien trempé.

Côté ingrédients, je me contenterai de retranscrire cet excellent et simplissime commentaire gracieusement déposé dans notre ch’tite rubrique ad hoc sur NIME à l’occasion de la sortie de l’album "Are We Soldiers" courant 2019 :

"… l’impression générale, c’est un peu celle que laisserait une trop grosse part de gâteau au chocolat, nappé de chocolat, avec beaucoup de chantilly, et des pépites de chocolat, avec deux boules de glace au chocolat avec leur coulis de chocolat et une petite crème anglaise au chocolat pour garnir le tout."

Saluons ici cette évocation pleine de justesse musico-gastronomique d’un Sympathique Ami Musicien et ô combien pertinente, visant au plus juste le Metal Progressif ultra riche, chargé en notes comme en cadences ainsi qu’en rythmiques compacto-ciselées, caractérisant la musique de cet énergique combo australien œuvrant maintenant depuis le milieu des années 90 et qui fête aujourd’hui avec "I Wonder" son septième opus studio.

Côté fourneaux ; il est incontestablement admis que le Maestro Dean Wells, compositeur-guitariste-claviériste, mais surtout unique rescapé de l’équipe des origines ("Doxology" – 1995) préside seul et de manière passablement autoritaire aux destinées d’un groupe au line-up changeant qui n’est finalement ni plus ni moins que l’extension de sa propre personnalité artistique. Dénominateur commun exclusif sur l’ensemble des productions de TERAMAZE, et n’hésitant pas à jongler tant avec les instrumentistes qu’avec les chanteurs, Dean Wells a forgé le "son" TERAMAZE au gré de ses inspirations, de ses envies ou lubies, et il faut bien le lui reconnaître, parfois avec un talent et une grâce avérés ("Her Halo" – 2015). Or, avec ce "I Wonder" tout chaud sorti du four, notre Grand rocker Timonier décide de passer un cap supplémentaire dans l’autogestion musicale pour cet opus autoproduit sur lequel, en plus d’assurer les volets guitaristiques et claviériques tout en œuvrant derrière la console de mixage, il s’inscrit également comme chanteur !

Et là, force est de reconnaître que même si il n’égale pas les prestations d’un Brett Rerekura ou d’un Nathan Peachey qui ont durablement marqué TERAMAZE de leurs empreintes respectives, l’organe vocal de Sir Wells fait néanmoins très dignement le job sous de faux semblant Pop rectilignes et lissés mais capable de belles envolées. Côté mix, on est sur une pure production au petits oignons comme sait si bien nous la concocter le cuistot en chef de TERAMAZE : son puissant et dynamique répartissant intelligemment la charge entre les différents instruments mais privilégiant la frappe et l’énergie. Rien à dire pour cet aspect-là. Le "dressage" comme on dit de nos jours dans les milieux autorisés de la télé réalité culinaro-spectaculaire, est donc correctement assuré pour ce dernier-né de TERAMAZE pour lequel Wells s’entoure d’ailleurs de valeurs sûres en les personnes du très adroit Chris Zupa comme seconde guitare ainsi que de la base rythmique mise en place depuis "Are We Soldiers" et les singles ayant suivis (Andrew Cameron – Nick Ross) garantissant à elle seule une ligne de feu à la fois solide et diablement dynamique… Bref, les ingrédients sont nobles : mais quid du goût et de la consistance ?

Alors autant le lâcher maintenant : avec "I Wonder" nous sommes sur une livraison très personnelle plutôt orientée popisante et construite en mode allégé par rapport aux précédentes réalisations de TERAMAZE… Même si la patte dont les fans raffolent est néanmoins toujours présente. Dean Wells serait il enfin parvenu à la recette idéale, autrement dit d’intégrer un brin de crème chantilly aérienne à ce maxi chocolat ?

Car tout en restant sur un terrain connu balisé par des lignes rythmiques travaillées, puissantes quand elles ne sont pas délicieusement compressées elles-mêmes enjolivées par un socle basse-batterie nerveux et fichtrement réactif, il faut bien reconnaître que l’ami Dean Wells injecte quand même ici un souffle plus Pop Rock et globalement plus lissé à sa musique, ce qui a pour conséquence immédiate d’alléger considérablement un style parfois décrié pour son aspect chargé… et qui en devient de ce fait plus accessible. Des titres comme l’introductif et rythmé "Ocean Floor", le plus musclé "Only Daylight" ou le plus contrasté "Here To Watch You" avec ses alternances de passages très Pop-groovy tempérés par des gros riffs à l’appui mitraillant de la double grosse caisse, illustrent ce savant mélange instillé par notre compositeur en chef qui y pose une voix lissée mais restant très mélodique ainsi que des soli aériens et pas forcément acrobatico-techniques.
Cet infléchissement de cap pourra ne pas forcément plaire à tous ceux qui aimaient TERAMAZE pour son côté marteau-pilon compressé bien survitaminé et qui risquent de se retrouver un tantinet perdus face à des synthés bien présents, des passages plus doux incluant des lignes piano, voire des refrains qui tendent à une (trop ?) grande simplicité tant dans l’exécution qu’au niveau de la mélodie.

À la faveur de ce parti-pris, on peut effectivement s’interroger sur la pertinence de titres pour le moins emblématiques mais pourtant bien présents sur cet opus et qui dénotent avec ce que l’on est en droit d’attendre d’un groupe comme TERAMAZE mais aussi surtout d’un compositeur comme sait l’être Dean Wells : Qu’il s’agisse de la gentille baladounette "Lake 401" aux relents mille fois entendus, du très formaté "Sleeping Man" dont le refrain archi bateau donne l’impression d’avoir été conçu dans l’espoir de passages radios ou encore du minimaliste "Run" pour lequel la belle performance vocale ne parvient cependant pas à faire décoller l’ensemble ; on touche ici l’aspect introspectif et très personnel d’un compositeur qui s’est sûrement fait du bien en donnant vie à cette musique mais qui n’a pas forcément pensé à son public et à ses attentes…

Très heureusement TERAMAZE propose par ailleurs des titres autrement ambitieux, comme ce combo a déjà su si bien les pondre, qui compensent amplement cette petite baisse de régime. Le premier et le plus indiscutable est selon moi constitué par le puissant et émouvant "Idle Hands The Devil’s Workshop" dont l’enchaînement et les variations intelligentes emmènent l’auditeur sur un long et prenant voyage de plus de neuf minutes, parsemée de pas moins de trois soli guitare ! Une richesse graduée et bien faite qui allie au plus juste rythmiques punchy et mélodies accrocheuses. Le surprenant "This Is Not A Drill" ne lasse quant à lui pas de m’étonner tant par sa structure savoureusement biscornue mais surtout par l’émotion qu’il porte ; émotion incarnée par une ligne mélodique imparable en seconde partie de morceau, et surtout la manière dont un Wells transcendé y met son cœur et ses tripes au niveau vocal : bluffant !

Irréprochable sur le niveau de maîtrise instrumentale tant individuelle que collective de ses membres, soigné comme on aime au niveau du son comme de l’ampleur, porteur d’une belle musicalité (qualité qu’on ne pourra, quoi qu’il advienne, retirer à Dean Wells), "I Wonder" demeure du TERAMAZE griffant et massif. De plus en plus seul aux commandes, notre illustrissime Chef cuistot y distille cependant une touche glissant vers le Pop Rock qui, si elle n’efface pas le caractère métallique de son style, le rend quand même plus simple et accessible (commercial ?). Je salue la démarche même si sur l’ensemble de ses pistes, cet opus n’est pas parvenu à complètement me convaincre : Il en reste bon.

Boudiné à souhait dans ma vénérée veste blanche au col bleu blanc rouge de Grand Chef pâtissier ; la poitrine ornée de la décoration suprême de la grande meringue d’or, je me prends en photo du haut de mon incommensurable orgueil toqué, brandissant un sévère mais sucré 3/5 que j’attribue à "I Wonder". Je l’enverrai dédicacée à Sir Dean Wells… que ça ne manquera sûrement pas de faire marrer !

- pour le voyage : "Idle Hands The Devil’s Workshop",
- pour la surprise : "This Is Not a Drill",
- pour le contraste : "Here To Watch You".

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- Dean Wells (guitares, claviers, voix,)
- Chris Zoupa (guitares, claviers,)
- Andrew Cameron (basse,)
- Nick Ross (batterie.)
- Guest :
- Jason Wisdom (voix additionnelle track 4)
- Ned Dixon (piano track 7)


1. Ocean Floor
2. Only Daylight
3. Lake 401
4. A Deep State Of Awake
5. Here To Watch You
6. Sleeping Man
7. Idle Hands / The Devil's Workshop
8. Run
9. This Is Not A Drill
10. I Wonder



             



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